Une première : un programme universitaire sur la découvrabilité offert à l’UQAM

Le 10 mars 2026 – Un nouveau microprogramme de 2e cycle portant sur la découvrabilité dans les secteurs de la culture et de la production médiatique sera offert par la Faculté de communication à compter de l’automne prochain, une première dans le monde. La formation vise à outiller les secteurs culturel et médiatique pour favoriser la visibilité des contenus à l’ère numérique.

On estime que 500 heures de vidéos sont téléchargées sur YouTube chaque minute, que 700 titres originaux sont proposés par Netflix chaque année et que 100 000 nouvelles chansons sont mises en ligne sur Spotify chaque jour.

«L’environnement numérique et informationnel est dominé par les grandes plateformes mondiales. Dans ce contexte, des enjeux cruciaux ont émergé au cours de la dernière décennie. Comment trouver facilement les contenus francophones sur ces plateformes? Et comment s’assurer que la musique, les films ou les livres créés au Québec puissent trouver leur public sans être noyés dans une surabondance de contenus essentiellement gérés par des algorithmes?» Catalina Briceño, directrice de l’École des médias et initiatrice du projet

Ces questions posent un problème réel. Selon un rapport de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec publié en 2023, seulement 8 % des chansons les plus écoutées au Québec étaient francophones. Plus de 90 % des jeunes estimaient pour leur part avoir de la difficulté à repérer les biens culturels francophones sur les plateformes numériques.

Afin de répondre à ces enjeux de découvrabilité, la Faculté de communication offrira, à compter de l’automne 2026, un nouveau microprogramme de deuxième cycle en découvrabilité dans les secteurs de la culture et de la production médiatique. «À notre connaissance, il s’agit du premier programme universitaire au monde, et offert entièrement à distance, dans le domaine», affirme Catalina Briceño, également professeure à l’École des médias.

Le programme s’adresse principalement aux personnes professionnelles des secteurs culturel et médiatique (cinéma, télévision, musique, édition, arts vivants, expérience muséale), mais aussi à toute personne intéressée par ces questions. Il vise à décrypter les enjeux systémiques, à se familiariser avec les pratiques reconnues, à développer des stratégies d’intervention concrètes et à anticiper les prochaines évolutions. «Les cours conjugueront à la fois la maîtrise des pratiques professionnelles de structuration de l’information et la réflexion critique autour de ces enjeux», précise la professeure.

Soutien du ministère de la Culture et des Communications du Québec

Le microprogramme a obtenu une subvention du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Il s’inscrit dans la continuité des actions menées par le gouvernement en matière de découvrabilité, notamment dans le cadre de l’adoption, en décembre dernier, du projet de loi 109 qui énonce la souveraineté culturelle du Québec et prévoit la mise en place d’un Bureau de la découvrabilité au sein du Ministère.

Dans ce contexte, Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications du Québec, a donné une classe de maître sur le sujet dans le cadre du cours Organisation économique des médias et des industries créatives de Catalina Briceño.

Près d’une centaine d’étudiantes et étudiants ont assisté à la conférence du ministre Mathieu Lacombe. Photo: Clémence Lesné

«Depuis bientôt quatre ans, j’ai fait de la découvrabilité l’un de mes dossiers prioritaires. Vous me voyez donc très heureux que l’UQAM vienne offrir ce microprogramme. C’est avec des initiatives comme celle-ci, combinées aux actions du gouvernement, comme l’adoption de la loi 109 et la mobilisation du Québec à l’UNESCO, que nous permettrons à la culture québécoise de profiter de la révolution numérique plutôt que de la subir. Par cette nouvelle formation, l’UQAM nous aidera collectivement à avoir une meilleure connaissance théorique des enjeux entourant la découvrabilité et aussi à outiller le milieu culturel avec des praticiens capables d’accompagner le secteur dans les années à venir.» Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications du Québec

Trois cours

Le microprogramme de neuf crédits compte trois cours totalisant 135 heures d’enseignement. Le premier permet de se familiariser avec les enjeux contemporains de la découvrabilité en explorant les dimensions sociotechniques, politiques et stratégiques, afin de développer des réflexes professionnels directement applicables dans les divers secteurs de la culture et des médias.

Le deuxième cours présente les fondements, méthodes et outils qui favorisent la visibilité et la repérabilité des contenus culturels et médiatiques,  en explorant les technologies du langage qui façonnent la création de liens, de sens et de visibilité.

Le troisième cours établit les relations entre les publics, les usages numériques et les conditions de découvrabilité. À partir d’approches issues des études médiatiques, de la sociologie des usages et des sciences de l’information, il examine les typologies d’usages, les logiques de circulation algorithmique et les modes d’engagement des auditoires.

Le microprogramme est offert selon une formule flexible entièrement en ligne, qui combine des activités synchrones et asynchrones. «Il s’inscrit dans une perspective francophone et internationale et est ouvert aux personnes de l’extérieur du Québec», précise Catalina Briceño. Sur le plan pédagogique, le microprogramme repose sur une approche de coenseignement, qui favorise la mise en dialogue des expertises et l’articulation entre savoirs théoriques et pratiques professionnelles.

Programme interdisciplinaire

Ce microprogramme est le fruit d’une collaboration interdisciplinaire. L’UQAM possède une expertise reconnue internationalement dans le domaine, portée entre autres par le Laboratoire de recherche sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l’ère du commerce électronique (LATTICE), dirigé par la professeure du Département de science politique Michèle Rioux, et par la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement, dont le titulaire est le professeur du Département de communication sociale et publique Destiny Tchéhouali.

Ces deux instances ont contribué, avec la professeure Briceño, à fonder la vision académique et professionnelle de ce microprogramme. D’autres spécialistes issus de divers départements, notamment l’analytique de données et la science de l’information, se sont joints à l’équipe de création.

Le microprogramme est offert à temps partiel et pourra éventuellement être complété en deux trimestres. Il est possible de faire une demande d’admission pour l’automne 2026 avant le 1er juin.

Cet article a d’abord été publié dans Actualités UQAM le 10 mars 2026.

Consulter le communiqué officiel du ministère de la Culture et des Communications.

La directrice de l’École des médias et professeure Catalina Briceño est disponible pour des entrevues.

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Source :
Cyrille Batalla
Conseiller en communication
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Tél.: 514 987-3000, poste 7975
batalla.cyrille@uqam.ca

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