Un chercheur de l’UQAM étudie comment un contexte de violence politique affecte l’apprentissage des élèves palestiniens
Montréal, le 27 octobre 2025 – On connaît déjà les effets nocifs générés par certains types de violences (familiale, notamment) sur le développement des enfants, mais beaucoup moins ceux associés spécifiquement à la violence politique et aux conflits armés. Grâce à une subvention du CRSH (programme Savoir), le professeur du Département de didactique de l’UQAM Olivier Arvisais (M.A. science politique, 2013; Ph.D. éducation, 2020) cherchera à comprendre les effets de ces environnements hyper stressants sur les capacités d’apprentissage des enfants palestiniens en Cisjordanie. Son équipe de recherche analysera les interactions entre les facteurs de vulnérabilité au stress, les niveaux de bien-être psychologique, les habiletés cognitives et l’apprentissage, et identifiera les meilleures interventions psychosociales pouvant aider les élèves palestiniens du primaire à faire face aux répercussions de la violence armée.
La recherche se déroulera sur le terrain, en Cisjordanie, où vivent 3 millions de Palestiniennes et Palestiniens, dont la moitié a moins de 21 ans, ainsi que 700 000 colons israéliens, installés dans 141 colonies considérées illégales au regard du droit international. Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, en octobre 2023, la Cisjordanie est le théâtre de nouvelles vagues de violence et d’opérations militaires, dont les impacts sur les enfants sont considérables. En 2019, on estimait déjà que 51 % des enfants souffraient du trouble de stress post-traumatique, d’anxiété, de troubles du sommeil et de dépression. Pour aider les enfants, leurs parents et le personnel enseignant ne cessent de réclamer une amélioration du soutien psychosocial et davantage de ressources, tant à l’école qu’à l’extérieur du milieu scolaire.
En Cisjordanie, les enfants palestiniens sont quotidiennement exposés à différentes formes de violence, souligne Olivier Arvisais, qui est aussi coprésident du comité scientifique de la Chaire UNESCO de développement curriculaire et membre de l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaire. «Depuis plusieurs années, les altercations violentes entre l’armée israélienne et des groupes palestiniens sont très bien documentées par les Nations Unies. De plus, les enfants sont confrontés aux comportements agressifs de colons israéliens armés qui, pour la plupart, sont des extrémistes religieux. Nous allons évaluer dans quelle mesure ces phénomènes se sont accrus depuis la guerre à Gaza.»
Selon le professeur, le projet de recherche marque une «étape clé dans le développement des connaissances sur le rôle de l’éducation comme facteur de protection et de résilience pour les enfants vivant dans un contexte de violence politique ou d’affrontement armé». Le projet s’inscrit dans le prolongement d’une étude exploratoire, menée en Cisjordanie et à Gaza, pour laquelle Olivier Arvisais avait aussi obtenu un financement du CRSH en 2022. «La nouvelle recherche permettra de valider des hypothèses, de confirmer ou infirmer des phénomènes que nous avions entrevus lors de la première étude, précise-t-il. Elle sera plus robuste, plus étendue dans le temps, soit sur une période de quatre ans, et comportera un échantillon beaucoup plus large.»
Recruter plus de 400 élèves
Dans le cadre de la recherche, le professeur vise à former un échantillon comptant au total 220 garçons et 220 filles âgés de 8 à 10 ans. Dans un premier temps, une trentaine de filles et autant de garçons seront recrutés, en provenance de huit communautés vivant pour la plupart dans des camps de réfugiés administrés par l’Autorité palestinienne.
«Le recrutement se fera avec l’autorisation des parents, souligne Olivier Arvisais. Il est important d’établir des relations de confiance avec les communautés locales et de respecter leurs dynamiques sociales et culturelles. À la fin de notre première étude, les parents nous avaient fait comprendre qu’ils étaient aussi intéressés à ce que leurs fillettes participent à la recherche. Ce sera le cas cette fois-ci et cela représente un progrès important, car nous pourrons avoir des données sur les impacts de la violence, différenciés selon le genre.»
Lire l’article complet publié le 2 octobre 2025 est disponible sur Actualités UQAM.
Le professeur du Département de didactique, Olivier Arvisais, est disponible pour des entrevues. Veuillez communiquer avec la soussignée.
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Source :
Évelyne Dubourg
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