Tondre ou ne pas tondre sa pelouse ? Une professeure de l’UQAM et son équipe s’intéressent à la question

Le 16 juin 2026 — Le retour de l’été rime avec tonte de pelouses, que ce soit pour les villes ou les citoyennes et citoyens. Les recherches de l’équipe dirigée par Tanya Handa, professeure du Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), contribuent à la découverte des impacts de la tonte du gazon sur la biodiversité et les écosystèmes urbains.

L’équipe a récemment dévoilé le site web « Laisse pousser un brin », une trousse de mobilisation des connaissances sur la gestion différenciée des pelouses qui contient une série de courtes vidéos présentant les avantages de cette pratique.

Aussi appelée tonte partielle, elle consiste à tondre fréquemment certaines zones afin de permettre la poursuite des usages récréatifs, tout en réduisant la tonte dans d’autres zones pour favoriser la biodiversité et ses bienfaits. « C’est une façon simple de diversifier les plantes dans nos pelouses, car de nouvelles espèces viendront s’y établir avec le temps », souligne Tanya Handa.

En plus des usages récréatifs, les pelouses peuvent contribuer au rafraîchissement des îlots de chaleur, à la régulation des flux d’eau et à la création d’habitats pour la biodiversité, précise la professeure. « Toutefois, notre gestion intensive et l’utilisation de pesticides et de fertilisants, la surutilisation de l’eau et la tonte fréquente peuvent contrebalancer négativement les effets positifs. Une gestion intensive peut même rendre les pelouses non résilientes aux conditions météorologiques extrêmes, comme la sécheresse, et amplifier des “problèmes” qu’on tente d’éliminer avec la tonte, comme l’herbe à poux ou les vers blancs. »

La gestion différenciée des pelouses se pratique sur de grandes comme de petites surfaces. « Nous suggérons qu’à l’échelle du paysage, 30 % de la pelouse devrait être non tondue, faisant écho aux cibles mondiales de conservation du territoire pour favoriser la biodiversité », indique Tanya Handa.

Certains partenaires du projet, dont la Ville de Montréal et le Parc Jean-Drapeau, sont des gestionnaires d’espaces verts en milieu urbain ayant une volonté de soutenir la transition écologique. « Ils ont formulé le souhait d’être mieux outillés, à l’avenir, pour justifier un changement de pratique en lien avec la tonte des pelouses, souligne la professeure. Le nouveau site web répond à certaines de leurs inquiétudes, notamment sur l’éventuelle propagation d’espèces végétales indésirables. »

Les autres partenaires impliqués dans ce projet sont le Pôle sur la ville résiliente de l’UQAM, le Regroupement des éco-quartiers, le Centre d’étude de la forêt et le Centre de la science de la biodiversité du Québec.

Plusieurs projets réalisés ou en chantier

Le projet « Laisse pousser un brin » vulgarise les résultats de plusieurs recherches menées par l’équipe de Tanya Handa au fil des ans. « Nous tentons de comprendre les effets de la fréquence de tonte en menant des projets sur plusieurs années consécutives et en analysant des pelouses où la gestion différenciée a été implantée depuis de courtes, de moyennes ou de longues périodes, explique la chercheuse. Jusqu’à maintenant, nos résultats démontrent que réduire la tonte a des bienfaits allant bien au-delà des pollinisateurs. »

Laura-Jeanne Raymond Léonard, doctorante en sciences biologiques, a étudié plusieurs indicateurs de la diversité de la faune du sol et de la multifonctionnalité des pelouses en gestion différenciée dans sept parcs et au Jardin botanique dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. « Après avoir dénombré et identifié sous microscope des milliers de bestioles, ses travaux démontrent que la réduction de la tonte peut augmenter la diversité de 70 à 90 % dans les parcs », illustre Tanya Handa.

« Environ le tiers des espèces de la faune du sol observées était exclusives aux pelouses non tondues. Nous avons même découvert une araignée très rarement observée au Québec ainsi que 19 espèces de collemboles – de petits arthropodes – qui n’avaient encore jamais été répertoriées dans la province », souligne Laura-Jeanne Raymond Léonard.

D’autres projets, complétés, ont porté sur le suivi temporel de la gestion différenciée des pelouses à partir de divers indicateurs de la biodiversité au Parc-Jean Drapeau, tandis que certains projets en cours s’intéressent, entre autres, à l’effet de la gestion différenciée des pelouses sur la présence des tiques dans différents contextes, ou à la réponse des communautés microbiennes du sol à la réduction de la fréquence de tonte des pelouses dans Rosemont–La Petite-Patrie.

Cet article a d’abord été publié dans Actualités UQAM le 8 juin 2026.

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La professeure Tanya Handa est disponible pour accorder des entrevues. Veuillez communiquer avec le soussigné.

Source :

Orian Labrèche
Conseiller en communication
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications, UQAM
514 987-3000, poste 20053
labreche.orian@uqam.ca

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