Spéculer, louvoyer, bifurquer : la Galerie de l’UQAM dévoile sa programmation pour la saison 2026-2027
Le 1er juin 2026 — Pour sa saison 2026–2027, la Galerie de l’UQAM convoque des artistes et commissaires qui fouillent les profondeurs du monde pour en réinventer les récits.
Certains projets sondent les dimensions extractivistes de l’exploration — des imaginaires spatiaux jusqu’aux strates profondes des sols — tandis que d’autres rejouent le passé pour éclairer le présent : ils interrogent les récits de conquête, les mécanismes d’exploitation et les formes de résistance qui traversent nos rapports à la technologie, au territoire et à la mémoire. La programmation présente aussi l’échec et la chute non comme des verdicts définitifs, mais comme des espaces de bifurcation, de refus et de réinvention des futurs possibles.
Cette année, la Galerie propose également des expositions hors les murs, prolongeant ainsi ses trajectoires au Québec, dans les Maritimes et à l’international.
Expositions en salle
4 septembre — 17 octobre 2026
Vernissage : le jeudi 3 septembre, 17 h 30

Une assemblée pour le cosmos
Une exposition coproduite par la Galerie de l’UQAM et SBC galerie d’art contemporain, en partenariat avec Espacio México et le Planétarium de Montréal – Espace pour la vie
Commissaire : Antoine Bertron
Artistes : Marcela Armas & Gilberto Esparza, Tabita Rezaire, Skawennati, Suzanne Treister & Patricia Domínguez, Jesse Tungilik
Avec l’influence puissante du secteur privé et le retour des grandes ambitions nationales, la perspective d’une colonisation spatiale, telle que décrite dans les discours des magnats du secteur, semble de plus en plus prégnante et inéluctable. Il devient alors impératif de comprendre les origines de ces imaginaires structurants et de saisir la vaste étendue des rapports autres au cosmos qu’ils occultent. Ainsi, l’enrichissement des cosmovisions et l’amplification de perspectives anticoloniales et non extractivistes, pour l’édification de futurs en commun, sensibles et pluriels, se font de plus en plus pressants. Une assemblée pour le cosmos souhaite poser les questions suivantes : de quelle manière est-il possible de mettre de l’avant les imaginaires, les singularités socioculturelles et les connaissances ancestrales, autochtones, communautaires et plus qu’humaines dans nos relations au cosmos ? En remettant au centre ces ontologies et ces sensibilités planétaires au travers de l’art contemporain, est-il possible d’établir une assemblée pour le cosmos fondée sur des solidarités intra- et interplanétaires ?
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Gabrielle Turbide. Dystrophe
Finissante de la maîtrise en arts visuels et médiatiques, UQAM
Dystrophe est une installation art-science où microorganismes photosynthétiques et composantes électroniques s’articulent au sein d’un marais salé construit. Conçue à partir de dispositifs d’impression à la chlorophylle — un procédé photographique exploitant la sensibilité du pigment vert à la lumière ultraviolette — l’œuvre rend compte des interactions entre le végétal et son milieu, ainsi que des processus de transformation, d’adaptation et de résistance propres au vivant. Le projet s’inspire de l’eutrophisation, un processus d’enrichissement des milieux aquatiques en nutriments entraînant une prolifération d’algues. Accéléré par les activités humaines, ce phénomène provoque un déséquilibre : l’eau s’appauvrit en oxygène, la biodiversité décline et le milieu s’asphyxie. Cette dégradation, appelée dystrophisation, marque la transition vers d’autres formes écologiques où la disparition devient condition de renouvellement. À l’image de ces transformations, les impressions agissent comme des bioarchives sensibles, réagissant à leur environnement. Dystrophe met ainsi en scène un écosystème précaire, en transformation constante, révélant des dynamiques de coévolution entre vivant et technique.
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6 novembre 2026 – 16 janvier 2027
Vernissage : le jeudi 5 novembre, 17 h 30

Anahita Norouzi. Rift
Une coproduction de la Galerie de l’UQAM et du Musée d’art de Joliette présentée en deux volets à l’automne 2026, et mise en circulation à la Galerie UQO (Gatineau, 2027) et à VOART (Val-d’Or, 2028).
Commissaires : Ariane De Blois et Louise Déry
Artiste : Anahita Norouzi
Anahita Norouzi. Rift interroge la notion de « progrès » comme instrument de domination coloniale à travers l’histoire de l’exploitation pétrolière en Iran. Si le projet de l’artiste émane de l’examen d’un cadre historique et géopolitique particulier, il contribue à ouvrir plus largement la réflexion sur le contexte actuel, alors que les problématiques croisées de la montée des impérialismes et de l’extraction abusive des ressources de la planète entraînent un déséquilibre planétaire qui menace des populations et fragilise l’avenir de l’humanité. Dans ses nouvelles œuvres filmiques et installatives, l’artiste adopte une démarche de contre-prospection pour examiner comment les infrastructures pétrolières et culturelles ont été déployées conjointement pour contrôler corps et esprits. Tissées à partir de captations inédites sur le terrain et d’archives cinématographiques, les œuvres entrelacent bouleversements historiques, tragédies culturelles, et tensions entre visées expansionnistes et basculements révolutionnaires. Plus encore, les pièces explorent comment la modernisation coloniale a transformé la région en un espace spectral marqué par des ruines écologiques et la dépossession, révélant ainsi ce qui persiste aujourd’hui des dynamiques du passé. L’exposition Rift interroge en outre les notions de circulation et de déversement à travers les « débris impériaux », envisagés comme des dispositifs actifs qui perpétuent des modes de contrôle plutôt que d’ouvrir sur une configuration post-impériale.
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Lucia Choulakian. Le ciel était d’un bleu éclatant
Finissante de la maîtrise en arts visuels et médiatiques, UQAM
Le ciel était d’un bleu éclatant est une exposition photographique qui explore, dans une perspective genrée, le trauma transgénérationnel au sein des familles ayant vécu le génocide arménien de 1915, perpétré par l’Empire ottoman. Elle met en lumière cette transmission qui passe par l’expérience du corps et par les documents d’archives. S’appuyant sur le récit de Pailadzo Captanian (1919), premier témoignage publié d’une survivante arménienne, l’exposition rappelle les violences extrêmes infligées aux femmes durant la déportation. Issue de la quatrième génération, l’artiste retourne sur les lieux des crimes en Turquie et réalise des reenactments photographiques à partir d’images d’archives, matérialisant ainsi la persistance du trauma. L’installation reconstitue la scénographie d’une salle du musée du Génocide arménien d’Erevan, où les images projetées en grand format confrontent le public à leur charge mémorielle. Dans un contexte de négationnisme, ces images immatérielles défilant en boucles infinies interrogent la complexité de la mémoire et des archives.
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5 février — 3 avril 2027
Vernissage : le jeudi 4 février, 17 h 30

Refuser le verdict
Commissaires : Martine Delvaux, Michèle Magema et Thérèse St-Gelais
Artistes : Maria Friberg, Sophie Jodoin, Michèle Magema, Myriam Mihindou, Monique Régimbald-Zeiber, Carolyne Scenna, SMITH
Refuser le verdict, c’est résister à la notion même d’échec pour se réapproprier l’imperfection, l’expérimentation, l’errance. Une œuvre qui échoue — parce qu’inachevée, fragile, altérée ou accidentelle — est une œuvre en devenir, un processus ouvert qui refuse la clôture du sens. L’incertitude qui en découle devient alors une manière d’accueillir l’inattendu, d’admettre l’incontrôlable, d’embrasser l’imperfection. Dans ce contexte, échouer consiste à refuser les injonctions à la stabilité et à la maîtrise qui structurent les récits dominants de l’art, de l’identité, de l’histoire. L’échec révèle ce qui est marginalisé, ce qui vacille, mais qui persiste. Là où les récits hégémoniques imposent des modèles de réussite, l’échec ouvre des fissures, où l’indéfini et le transitoire deviennent des territoires d’affirmation, de subversion, de résistance. Cette exposition refuse de considérer l’échec comme un verdict, et choisit de le voir, plutôt, comme une force : un espace d’ouverture où se rejouent sans cesse les possibles, et où l’art, en échouant, se réinvente.
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Anne Isabelle Leonard. École de glisse
Finissante de la maîtrise en arts visuels et médiatiques, UQAM
École de glisse est une installation performative multidisciplinaire réunissant art action, dessin, vidéo et son. Elle s’inscrit dans une étude écosomatique prenant l’avalanche comme point de départ pour interroger les phénomènes de la chute et de la rupture en tant que dynamiques relationnelles productrices de savoirs. Ancrée dans une expérience directe des territoires alpins, cette recherche-création aborde l’avalanche non comme une catastrophe, mais plutôt comme mentore et partenaire de pensée. Elle cherche à habiter autrement les milieux alpins dominés par des logiques de conquête et de performance en incarnant une autre posture : celle d’un corps qui fait écho aux savoirs expérientiels et tisse une solidarité dans l’instabilité même. L’installation présente un laboratoire vivant où coexistent témoignages, traces performatives, dessins, annotations somatiques et relevés géomorphologiques. École de glisse tente ainsi d’ouvrir des espaces de tendresse et de réciprocité où se définit la possibilité d’un « nous » à la fois fragile et tenace. En émerge un collectif qui apprend à coexister dans la rupture, à faire communauté au cœur même de l’effondrement.
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23 avril — 1 mai 2027
Vernissage : le jeudi 22 avril, 17 h 30
Passage à découvert 2027
Finissantes et finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques, UQAM
Passage à découvert est l’occasion de découvrir les travaux des artistes contemporains et des pédagogues de demain qui occuperont les musées, galeries et écoles. L’exposition illustre la vivacité créatrice, la curiosité et la liberté des étudiantes et étudiants et témoigne du professionnalisme des personnes diplômées, ainsi que de l’engouement que génèrent leurs projets. Présentée chaque année, cette exposition souligne la richesse et la diversité des programmes offerts par l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, laquelle privilégie une formation pluridisciplinaire.
Septembre 2026 — mai 2027
Rejouer la Petite collection
La Petite collection prendra place dès septembre prochain dans l’espace d’accueil de la Galerie. Sous la direction de la conservatrice adjointe de la Galerie de l’UQAM, Anne Philippon, une constellation de petits objets aux formes et aux fonctions variées sera présentée en écho aux expositions de la programmation.
Cette nouvelle initiative rend visible un pan plus discret des activités de la Galerie en offrant à voir plusieurs curiosités de la Collection d’œuvres d’art de l’UQAM. Elle ouvre un espace de réflexion sur des pratiques artistiques contemporaines reconnues qui se prolongent occasionnellement dans la production de multiples, le plus souvent des petits formats en éditions limitées, signées et numérotées.
Développée depuis 2009 et comptant près de 300 pièces, la Petite collection constitue un corpus d’étude évolutif qui invite à considérer le statut des objets et la manière de les catégoriser, tout en explorant, de manière expérimentale, de nouvelles modalités de collectionnement et de présentation. Par des agencements constamment reconfigurés, cette initiative proposera ainsi un espace où se déploieront des rapports d’échelle, de proximité et de coprésence entre les œuvres.
Exposition en circulation
Du 19 septembre 2026 au 10 janvier 2027 au Centre des arts de la Confédération, Île-du-Prince-Édouard

Emmanuelle Léonard. Le déploiement
Commissaire : Louise Déry
Artiste : Emmanuelle Léonard
Emmanuelle Léonard. Le déploiement présente un corpus de l’artiste montréalaise Emmanuelle Léonard, amorcé dans le cadre d’une résidence de recherche dans le Grand Nord canadien au sein du programme d’art des Forces armées canadiennes. Dans la poursuite du travail photographique et vidéographique qu’elle opère depuis 15 ans à partir d’une exploration d’archives visuelles et de données diverses qui concernent des systèmes variés — judiciaire, administratif, militaire ou
religieux —, l’artiste continue de s’intéresser aux fonctions d’autorité et aux mécanismes de détournements qu’elles engendrent.
Exposition virtuelle
Jusqu’en mai 2028
Françoise Sullivan. Une ligne imaginaire
Commissaire : Louise Déry
sullivan-uneligneimaginaire.ca
Prenant le relais de l’exposition Françoise Sullivan. Les années 1970, présentée en juin 2021 à la Galerie de l’UQAM, l’exposition virtuelle Françoise Sullivan. Une ligne imaginaire résulte de la découverte de nouveaux éléments de connaissance et de plusieurs œuvres inédites réalisées pendant les années 1970. Au cours de cette période, Françoise Sullivan découvre en Italie plusieurs artistes de l’art conceptuel et de l’arte povera qui l’incitent à explorer des correspondances novatrices entre le travail de la pensée, l’image et le geste. Son travail s’ancre alors dans la photographie, le film, le texte et les actions performatives ouvrant sur des réalités qui témoignent d’un regard prolongeant l’impulsion du Refus global de 1948 : les luttes étudiantes, féministes, syndicales, sociales et politiques se déroulent sous ses yeux et infusent sa démarche. Sous le commissariat de Louise Déry, une « ligne imaginaire » est tracée sur un horizon qui fusionne à chaque moment l’art, la vie, le temps et le monde.
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Jusqu’en mai 2031
David Altmejd. Agora
Commissaire : Louise Déry
davidaltmejd-agora.ca
David Altmejd. Agora est la première exposition virtuelle réalisée à ce jour sur les œuvres de l’artiste. Conçue dans le but d’assurer une plus large diffusion de sa production de têtes et de bustes créés au cours des trente dernières années, elle prolonge l’exposition du même titre présentée à la Galerie de l’UQAM du 7 novembre 2025 au 24 janvier 2026 et du catalogue publié à la même occasion. Dans l’agora qui tient lieu de concept à l’exposition, l’artiste exhibe des bustes et des têtes autonomes qui semblent connectés par une généalogie improbable, par une filiation incitant à son décryptage. Formant une étonnante assemblée de caractères mythologiques et réels, de figures spirituelles et terrestres et de créatures humaines et non humaines, un tel corpus révèle combien le monde conçu par l’artiste résulte d’une métamorphose du vivant induite par l’énergie créative et les forces de l’inconscient.
Initiatives internationales
Du 20 mai au 23 septembre 2026 à la Galerie Prince Takamado, Ambassade du Canada au Japon, Tokyo, Japon
Vernissage le jeudi 21 mai 2026 à 17 h 30

Kim Waldron. À défaut de héros
Commissaires : Louise Déry, Michèle Magema, Anne-Marie Ninacs
Artiste : Kim Waldron
Avec la collaboration de la Galerie de l’UQAM
Face à la crise climatique, Kim Waldron interroge notre attachement à la figure du héros. Son travail cherche à comprendre comment des initiatives locales, portées par des individus et des communautés, s’inscrivent dans des dynamiques plus larges de transformation environnementale. À défaut de héros rassemble ainsi un ensemble d’actions concrètes et cumulatives, observées dans différents contextes culturels et géographiques : au Japon, en Australie et au Québec. Depuis plus de vingt ans, Kim Waldron se représente elle-même dans ses œuvres, non pas dans une logique d’autoportrait classique, mais grâce à des dispositifs qui la placent au cœur de situations sociales réelles. Les images mettent en lumière l’effort commun que requiert la lutte contre les changements climatiques, tout en questionnant la croyance persistante, le plus souvent inconsciente, en l’avènement d’un héros salvateur.
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AWARE X CANADA
L’initiative AWARE X CANADA, dont le comité scientifique est présidé par Louise Déry, obtient l’appui de la Délégation générale du Québec à Paris dans le cadre d’un soutien financier au partenariat entre l’association française AWARE (Archives of Women Artists, Research & Exhibitions) et la Galerie de l’UQAM. Cela vise à favoriser la découvrabilité des artistes québécoises femmes, trans et non-binaires. De nouvelles biographies d’artistes du Québec viendront bientôt enrichir l’index du site. L’intégration récente d’AWARE au Centre Pompidou contribuera à accroître significativement la portée de cette initiative.
Trousses pédagogiques
L’art cultive
L’art cultive est une série de trousses éducatives développée par l’équipe de la Galerie de l’UQAM. Avec cette initiative, la Galerie souhaite offrir aux corps enseignants du Québec des ressources et outils pour initier leurs élèves à l’art contemporain. Les trousses visent à démontrer l’étendue et la variété des enjeux abordés par les artistes d’aujourd’hui, en plus de souligner la nécessaire place de l’art dans les conversations qui animent nos milieux de vie, d’études et de travail. Construites autour d’expositions présentées récemment à la Galerie, les trousses L’art cultive rassemblent des reproductions d’œuvres, des vues d’exposition, des capsules vidéo, des informations textuelles ainsi que des pistes pour lancer des échanges et des projets créatifs avec les jeunes publics.
La programmation de la saison 2026-2027 à la Galerie de l’UQAM est réalisée avec l’appui de :

Adresse et heures d’ouverture
Galerie de l’UQAM
Pavillon Judith-Jasmin, salle J-R120
1400, rue Berri, angle Sainte-Catherine Est, Montréal
Métro Berri-UQAM
Entrée libre
Dès le 4 septembre : mardi – samedi, 12 h – 18 h
Renseignements
Tél. : 514 987-6150
galerie.uqam.ca / Facebook / Instagram
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Source et demandes d’entrevues :
Olivier Lapierre
Consultant en relations médias
olivier.olpr@gmail.com
514 583-3868