L’UQAM accueille une nouvelle Chaire UNESCO sur le sport comme catalyseur de développement

Le 13 août 2025 – L’UQAM héberge désormais une 7e Chaire UNESCO parmi les 40 se trouvant au Canada, soit la Chaire Sport pour le développement, la paix et l’environnement, dont le lancement a eu lieu le 12 août. L’événement s’est déroulé en présence, notamment, des deux cotitulaires de la Chaire, le professeur du Département des sciences de l’activité physique de l’UQAM Tegwen Gadais et la professeure de la German Sport University Karen Petry, du recteur Stéphane Pallage, et de la vice-doyenne à la recherche de la Faculté des sciences, Isabelle Marcotte. D’autres personnalités ont aussi participé au lancement, comme la cheffe de l’équipe UNESCO à Québec, Isabelle Fortier, et la vice-présidente recherche au Fonds de recherche du Québec, Louise Poissant.

«La création de la Chaire UNESCO Sport pour le développement, la paix et l’environnement incarne la volonté de l’UQAM de transformer les pratiques en santé par une approche globale, décloisonnée et préventive qui intègre l’activité physique, l’environnement et le développement humain», a déclaré Stéphane Pallage lors du lancement.

La nouvelle Chaire s’inscrit dans un mouvement international apparu dans les années 2000. Ce mouvement vise à mettre le sport au service du développement et de la paix, en contribuant à l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies sous l’impulsion d’organisations internationales telles que l’UNESCO, l’UNICEF, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés et le Programme des Nations Unies pour le développement.

«Durant cette période, alors que les projets d’activités sportives – soccer, rugby, cricket, basketball – se sont multipliés un peu partout sur la planète, notamment dans les pays en développement et dans les zones de conflit et de post-conflit, les Nations Unies ont adopté des mesures reconnaissant le sport comme un catalyseur pour le développement et la paix, voire un levier d’intégration ou de réintégration sociale», rappelle Tegwen Gadais. Aujourd’hui, on compte une dizaine de Chaires UNESCO autour de la thématique du sport dans différents pays du Nord et du Sud.

Originaire de France, Tegwen Gadais a été éducateur physique durant sept ans avant de faire des études doctorales à l’Université Laval, en 2007, et d’être embauché à l’UQAM en 2015. Détenteur d’une riche expertise en coopération internationale, il a participé ces dernières années, avec différentes ONG, à plusieurs projets de recherche visant à améliorer, à travers le sport, les conditions de vie des jeunes dans diverses régions: Afrique du Sud, Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya, Madagascar), Amérique latine (Salvador, Colombie, Argentine) et Moyen-Orient (Palestine et Jordanie).

«Au Salvador, notamment, j’ai travaillé avec une ONG qui organisait des tournois sportifs – soccer de plage, natation, judo, basket et volleyball – à l’intention des jeunes des quartiers dans la capitale du pays, illustre le professeur. La condition pour participer aux tournois était d’être assidu à l’école, ce qui permettait de détourner les jeunes des gangs de rue qui sévissaient à San Salvador.»

Lauréat des prix d’excellence en enseignement (2021) et en recherche (2022) de la Faculté des sciences dans la catégorie Relève, Tegwen Gadais a aussi remporté, en 2018, le Prix de recherche de la Fondation Croix-Rouge française, décerné à des chercheurs francophones qui réalisent des travaux dans le domaine de l’action humanitaire, des politiques de développement ou de l’aide caritative internationale.

De multiples avantages

On sait que les activités sportives, physiques et d’éducation physique génèrent des impacts positifs sur la santé en général. Elles présentent aussi plusieurs autres avantages pour la société, en particulier pour l’éducation des jeunes.

«Ces activités favorisent, entre autres, le bien-être psycho-social, la prévention de la violence, l’employabilité et l’autonomie des jeunes filles, observe le chercheur. Elles sont aussi un moyen d’inculquer aux jeunes le respect des adversaires et des règles dans un contexte de compétition sportive, la faculté à travailler en équipe, la détermination et la discipline.»

La Chaire tentera d’illustrer ces multiples bienfaits, qui demeurent souvent méconnus, à travers ses projets de recherche. «C‘est ce qui fait, entre autres, son originalité», note Tegwen Gadais.

Une approche collaborative

L’approche de la Chaire se caractérise, notamment, par la volonté de mener des projets de recherche collaborative, fondés sur une vision globale, systémique et intégrative du sport, dans une perspective interdisciplinaire. Les projets réuniront des actrices et acteurs locaux, régionaux, nationaux et internationaux du Nord et du Sud – chercheuses et chercheurs universitaires, membres d’organisations de la société civile (ONG), décideurs politiques – afin d’identifier les meilleures pratiques.

«Pour surmonter les silos disciplinaires, la Chaire intégrera des chercheuses et chercheurs issus de divers horizons, tels que l’éducation physique, la sociologie, la science politique, la gestion et les sciences de la santé», indique le professeur.

Bien que les collaborations Nord-Sud dans les domaines du sport et des activités physiques aient connu un essor ces dernières années, la Chaire portera une attention particulière aux défis liés aux inégalités de développement entre les pays, poursuit Tegwen Gadais. «Dans les pays pauvres du Sud, par exemple, les infrastructures et équipements sportifs sont en nombre insuffisant et les populations y ont généralement peu accès. Par ailleurs, les possibilités de financement des activités et initiatives en matière de sport y sont moins grandes que dans les pays du Nord.»

Perspective de justice sociale

La Chaire se distingue également par l’attention qu’elle accordera aux réalités et besoins des populations marginalisées du Sud comme du Nord, telles que les communautés provenant de milieux défavorisés, les personnes réfugiées et immigrantes, les peuples autochtones et les jeunes femmes.

«Nous faisons ce choix parce que la Chaire veut inscrire ses activités dans une perspective d’équité et de justice sociale, souligne le professeur. Nous souhaitons proposer des pistes de solution permettant, au moyen du sport et de l’activité physique, d’améliorer les conditions de vie des populations marginalisées.»

Quatre axes de travail

En lien avec les plans stratégiques de l’UNESCO (2021-2029) et de la Commission canadienne de l’UNESCO (2021-2026), la Chaire développera quatre axes de travail. Le premier sera articulé autour du genre et de l’équité en vue de renforcer l’accès au sport pour les jeunes filles et les jeunes de milieux défavorisés. Le deuxième concernera la santé, l’éducation et le développement social, afin de promouvoir de saines habitudes de vie, notamment au sein des communautés autochtones, d’améliorer la santé physique et mentale des jeunes vivant dans des conditions précaires et de créer des projets reliés à la qualité de l’éducation physique en milieu scolaire ou communautaire.

Les troisième axe portera sur les thèmes de l’environnement, de la nature, des changements climatiques et du plein air. Selon Tegwen Gadais, on constate, depuis quelques années, une préoccupation grandissante quant à l’empreinte environnementale du sport, les émissions de GES, par exemple, y compris dans l’organisation d’événements sportifs d’envergure comme les courses de Formule 1 et les tournois internationaux de soccer. «La Chaire s’intéressera aux usages du sport et de l’activité physique pour, par exemple, favoriser le recours au vélo comme mode de transport actif, pour sensibiliser les jeunes à l’importance de protéger la nature, pour faciliter l’intégration des réfugiés climatiques via le sport ou pour orienter les cours d’éducation physique vers des pratiques respectueuses de l’environnement.»

Enfin, le quatrième axe consistera à documenter les initiatives visant à construire ou à maintenir la paix et la cohésion sociale par le sport. «Le sport est rassembleur et son langage est universel, relève le professeur. Il aide aussi à gérer les émotions et les conflits. En Colombie, quand les Forces armées révolutionnaires (FARC) ont déposé les armes grâce à la conclusion d’accords de paix, le sport a été l’un des moyens utilisés pour réintégrer socialement les jeunes qui s’étaient enrôlés.»

Sur la table à dessin

Plusieurs projets de recherche menés par des membres de l’équipe de la Chaire sont en cours. À titre d’exemples, une revue de littérature couvre le continent nord-américain pour mieux cerner ce que signifie le sport pour le développement, alors qu’une une autre explore les initiatives de sport impliquant, depuis 2000, les peuples autochtones. Au moment où les communautés autochtones s’engagent de plus en plus dans des programmes sportifs pour favoriser la santé, l’éducation, la préservation culturelle et la cohésion sociale, l’objectif est de fournir une analyse complète du paysage de la recherche d’un point de vue international.

Par ailleurs, une étude vise à explorer dans divers pays les meilleures pratiques en matière de programmes sportifs permettant de prévenir l’extrémisme violent et la radicalisation des jeunes, conformément aux objectifs de développement durable des Nations Unies.

Des projets sont aussi en développement afin d’évaluer les impacts psychosociologiques d’activités parascolaires sportives ainsi que de nature artistique sur des jeunes de communautés défavorisées à Madagascar, l’un des pays les plus pauvres de la planète. Ces projets sont menés en collaboration avec l’ONG locale Bel Avenir.

Retombées escomptées

Pour faire connaître les résultats de ses recherches, la Chaire produira des publications (ouvrages ou chapitres de livres, articles, rapports), participera à des conférences et à des symposiums, organisera des événements scientifiques à l’échelle nationale et internationale, et mettra en place des activités de formation (séminaires) en ligne et en présentiel. Jusqu’à maintenant, les membres de la Chaire ont publié 14 articles grand public sur le site La Conversation/The Conversation.

«En utilisant le site web de la Chaire et d’autres plateformes numériques ainsi que des baladodiffusions et des capsules vidéo, nous visons à diffuser largement des connaissances et des informations dans plusieurs langues, non seulement en anglais et en français, mais aussi en espagnol, en portugais et en allemand», indique Tegwen Gadais.

L’équipe de la Chaire comprend un comité scientifique composé de sept membres, dirigé par le professeur Billy Graef, de l’Université fédérale de Rio Grande, au Brésil, et la professeure Simona Safarikova, de l’Université Palacky, en République tchèque. L’équipe pourra aussi compter sur la collaboration d’une vingtaine de chercheuses et chercheurs universitaires provenant de tous les continents, de huit partenaires, pour la plupart membres d’ONG, et d’étudiantes et étudiants des cycles supérieurs. Plusieurs d’entre eux forment le comité consultatif de la Chaire.

La Chaire vient de créer sa première école d’été, dont les activités débutent le 13 août 2025. En plus des personnes étudiantes, elle réunit des chercheuses et chercheurs universitaires ainsi que des praticiennes et praticiens afin d’explorer des travaux de pointe concernant les impacts des pratiques sportives sur le développement, la paix et l’environnement.

Le professeur du Département des sciences de l’activité physique et cotitulaire de la Chaire, Tegwen Gadais, est disponible pour des entrevues.

Cet article a d’abord été diffusé dans Actualités UQAM le 12 août 2025.

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Source :
Évelyne Dubourg
Conseillère en communication
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Tél.: 514 987-3000, poste 20157
dubourg.evelyne@uqam.ca

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