L’expérience des soins obstétricaux et gynécologiques reçus au Québec sous la loupe d’une équipe de recherche de l’UQAM
Le 18 mars 2026 – Les résultats d’une étude menée au Québec sur l’expérience des soins obstétricaux et gynécologiques montrent un portrait globalement positif, mais révèlent aussi des manquements préoccupants en matière de consentement, d’autonomie et de respect des droits. Entre juillet 2023 et janvier 2024, l’équipe de la professeure Sylvie Lévesque du Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a recueilli et analysé 1 258 expériences récentes rapportées par 1 158 personnes ayant reçu des soins au Québec au cours des sept dernières années.
Échantillon
La majorité des répondantes au questionnaire en ligne ont entre 26 et 35 ans, sont nées au Canada et s’identifient comme femmes hétérosexuelles. Les expériences concernent autant des suivis de grossesse et d’accouchement (526 expériences) que des consultations gynécologiques (732 expériences).
L’échantillon offre un portrait important, mais non représentatif de l’ensemble des expériences de soins gynécologiques et obstétricales de la population.
Constats
La majorité des femmes décrivent des interactions respectueuses et transparentes avec le personnel soignant qui valorisent leur implication.
- Dans la grande majorité des cas, le plan de traitement et les procédures sont expliqués de façon ouverte et transparente (80 % et 77 % respectivement).
- 75 % des expériences rapportées font état de professionnels qui ont pris le temps de s’assurer que la patientèle comprenait ce qui lui arrivait.
- Environ 3 expériences sur 4 sont jugées satisfaisantes quant à la qualité des soins et aux compétences interpersonnelles des prestataires.
L’étude met toutefois en lumière des pratiques préoccupantes qui minent l’autonomie des patientes et contribuent à une perte de confiance envers le personnel du réseau de la santé.
- Dans la moitié des cas, les personnes ne se sentent pas réellement en position de questionner ou de contester les recommandations du personnel soignant.
- Près de 30 % des personnes n’ont pas reçu de demande explicite de consentement avant un examen vaginal.
- Environ une personne sur dix rapporte avoir été forcée d’accepter un traitement ou une procédure non souhaitée.
- La présence d’observateurs (ex.: des personnes étudiantes en médecine) ne fait pas toujours l’objet d’un consentement clair.
Malgré une satisfaction globale relativement élevée, les atteintes aux droits ont un impact tangible sur la confiance envers les institutions.Seuls 62 % des personnes disent faire confiance au système de santé québécois après leur consultation en obstétrique ou en gynécologie.
« Notre étude montre clairement que ce n’est pas seulement ce qui est fait qui compte, mais comment c’est fait. Lorsqu’une procédure est réalisée sans consentement explicite ou que le droit de refus n’est pas respecté, la relation de confiance en ressort profondément fragilisée », explique Sylvie Lévesque, professeure à l’UQAM et chercheuse principale du projet PAROLES.
Lancement de la deuxième phase
La professeure Lévesque et son équipe lancent la deuxième phase de l’étude, qui porte cette fois sur les expériences et perceptions du personnel soignant.
« Pour améliorer durablement la qualité des soins et humaniser davantage ceux-ci, il est essentiel de comprendre les deux côtés de la relation de soins. Le personnel soignant fait face à des pressions réelles et à des obstacles organisationnels. Si on identifie mieux leur réalité et qu’on tente de l’arrimer aux besoins des patientes, les pratiques évolueront positivement », souligne la chercheuse.
Le projet PAROLES constitue à ce jour l’une des plus importantes études à devis mixte réalisées au Québec sur les soins obstétricaux et gynécologiques. Il mobilise des partenaires du milieu communautaire et professionnel, permettant une analyse riche, ancrée dans la réalité et orientée vers l’action.
Tous les membres du personnel soignant qui désirent participer à la deuxième phase de l’étude sont invités à remplir ce formulaire.
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La professeure Sylvie Lévesque est disponible pour des entrevues.
Source :
Joanie Doucet
Conseillère en communication
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