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« Les femmes qui font bouger les choses » : nouvelle série de classes virtuelles du mouvement des Originaux de l’UQAM

Le 28 octobre 2020 – Après une pause de quelques mois, le mouvement des Originaux de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) se poursuit avec la nouvelle série de classes virtuelles « Les femmes qui font bouger les choses ». Créatives, audacieuses, avant-gardistes et originales; voilà les meilleures qualités qui décrivent les femmes au cœur de cette série. Les discussions seront animées par la talentueuse, et l’Originale, Sophie-Andrée Blondin (B.A. Communication 1985).

Pour chacune des classes virtuelles, la journaliste de renom s’entretiendra avec une diplômée influente qui, à sa façon, fait bouger les choses. Pénélope McQuade (B.A. Communication 1993), Marie-Joëlle Parent (B.A. Communication (journalisme) 2007) et Louise Richer (B.Sp. Psychologie 1976) partageront leurs réflexions sur l’originalité et comment celle-ci a marqué leur parcours étonnant et inspirant.

Qu’est-ce que les Originaux? L’UQAM se caractérise par son originalité, son authenticité et son non-conformisme. Le mouvement des Originaux, initié par le diplômé Philippe Meunier (B.A. Design graphique 2000), chef de la création et cofondateur de Sid Lee, cofondateur de la Factry, et coprésident de la campagne majeure de financement de l’UQAM 100 millions d’idées, vise à rassembler des personnes diplômées aux parcours remarquables dans le but de faire rayonner l’unicité de leur université.

« Ce que je cherchais dans les Originaux, ce sont des gens qui ont développé leur industrie de façon originale et audacieuse », affirme Philippe Meunier. « Les Originaux sont des personnes diplômées qui ont fait avancer leur profession et ont influencé plusieurs individus au cours de leur carrière par leur personnalité unique. C’est exactement dans cette optique que la nouvelle série a été pensée: mettre de l’avant des femmes qui font bouger les choses ! »

Programmation de la série « Les femmes qui font bouger les choses »

Classe de Pénélope McQuade – 11 novembre 2020 à partir de 18 h Depuis plus de 25 ans, Pénélope McQuade navigue de façon remarquable dans le domaine des communications. Audacieuse et touchante, elle inspire les jeunes femmes à prendre leur place dans la société, prendre position sur des points de vue et favoriser des échanges.

Pour elle, l’originalité est avant tout une quête de sens. Dans son travail, pour faire sa place, elle ressent un impératif besoin de garder l’esprit ouvert, d’offrir quelque chose de différent, de se réinventer à chaque fois et de s’adapter aux nouveaux canaux médiatiques. Sa carrière lui ayant offert un espace toujours plus grand de liberté, elle s’applique à l’occuper pour transmettre un contenu actuel, pertinent, renouvelé.

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Classe de Marie-Joëlle Parent - 2 décembre 2020 à partir de 18 h Marie-Joëlle Parent a compris qu’une image vaut 1 000 mots. Qu’elle soit à San Francisco, New York ou Montréal, cette voyageuse professionnelle, auteure, journaliste, chroniqueuse et éditrice au contenu chez Pinterest sait comment faire rêver ses abonnés.

Sans chercher à être originale, elle n’avait pas une idée précise de ce qu’elle voulait faire à part cette forte volonté d’élargir ses horizons, de vivre ailleurs. Être québécoise et travailler dans une compagnie 100% américaine à San Francisco, c’est ambitieux et original !

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Classe de Louise Richer - 27 janvier 2021 à partir de 18 h

Quand elle parle d’humour, Louise Richer le fait avec...sérieux ! Fondatrice et directrice générale de l’École nationale de l’humour, la première école de formation professionnelle en humour au monde, elle a permis l’éclosion et le déploiement de plus de 600 créateurs.

Pour inventer une école malgré des vents contraires, il faut une bonne dose d’originalité et d’audace. Comment transformer cette impulsion initiale en entreprise durable? Comment faire valoir les atouts de la créativité dans le monde plus austère des affaires? Comment transformer la soif d’apprendre en quête de partage? Au-delà de l’originalité, l’ouverture. Au-delà de l’humour, l’humanité.

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Source: Joanie Doucet, conseillère en relations de presse Division des relations avec la presse et événements spéciaux Service des communications Tél. : 514 987-3000, poste 3268 Cell. : 514 297-2771 doucet.joanie@uqam.ca

mercredi 28 octobre 2020
Victimes de violence conjugale et Projet de loi modernisant le régime de santé et sécurité au travail : une équipe de recherche partenariale de l’UQAM mobilisée pour la protection en milieu de travail

Le 27 octobre 2020 - Le comité d’encadrement du projet « Vers une politique de travail en violence conjugale », mené dans le cadre du Service aux collectivités de l’UQAM, salue  l’intention exprimée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Jean Boulet, de reconnaître une obligation de protéger la travailleuse victime de violence conjugale sur les lieux du travail au sein du projet de loi pour moderniser le régime de la Santé et sécurité au travail (LSST), projet qui a été déposé aujourd’hui. C’est là un premier pas important dans l’édification d’une stratégie de lutte contre la violence conjugale impliquant une mobilisation des milieux de travail afin de combattre ce fléau.

Une problématique bien présente

Depuis plus d’une dizaine d’années, le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Côte-Nord, le Centre femmes aux 4 vents et la Maison des femmes de Baie-Comeau documentent la problématique de la violence conjugale sur le territoire de la Côte-Nord. En plus de soutenir les victimes, ces organismes produisent également des outils et formations destinés notamment aux employeurs et milieux de travail. Le 3 décembre 2020 sera lancée une trousse destinée à accompagner les milieux de travail (employeurs, syndicats et membres du personnel) produite par ces groupes. Elle contient différents outils utiles pour mieux comprendre la violence conjugale et ses effets, ainsi que des suggestions de pratiques à mettre en place dans les milieux de travail.

En 2019, ces quatre groupes se sont associés avec Me Rachel Cox, professeure au Département de sciences juridiques de l’UQAM, dans le cadre d’une recherche* menée au Service aux collectivités de l’Université avec le soutien financier du Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels et du Réseau québécois en études féministes. Un comité d’encadrement visant à explorer différents modèles législatifs au Canada et sur la scène internationale a été constitué pour permettre de mobiliser efficacement le milieu de travail pour mettre fin à la violence conjugale. Constat : la majorité des provinces ont déjà des dispositions reconnaissant une obligation de prévention pour l’employeur en matière de violence conjugale. Ces dispositions ont parfois été adoptées après qu’une enquête du coroner ait conclu à la mort prévisible et évitable d’une femme assassinée par son ex-conjoint sur les lieux de travail.

Ainsi, en Ontario (2009) et en Alberta (2017), le meurtre de deux femmes sur les lieux de travail par leurs ex-conjoints a été le catalyseur de l’adoption de dispositions reconnaissant explicitement une obligation de prévention de l’employeur en matière de violence conjugale. Récemment, le Nouveau-Brunswick (2018) et Terre-Neuve-et-Labrador (2019) ont adopté une réglementation reconnaissant que la violence conjugale est visée par la définition de la « violence » au sein de leur régime de santé et de sécurité au travail. Et depuis plusieurs années déjà, au Manitoba (2011) et en Colombie-Britannique (2012), l’obligation générale de l’employeur en matière de santé et de sécurité du travail sert de fondement à des initiatives gouvernementales en ce sens.

Le confinement dû à la COVID-19 a ajouté, pour les travailleuses victimes de violence, des contraintes supplémentaires dans une situation de violence quotidienne déjà difficile et périlleuse. L’équipe partenariale a d’ailleurs produit une série de capsules sur la question en mai 2020, disponibles pour visionnement en cliquant ici.

Ce que les expertes disent

Pour la professeure Rachel Cox, de l’UQAM, alors qu’« une travailleuse canadienne sur trois a déjà subi de la violence conjugale, et pour la moitié d’entre elles, la violence s’est poursuivie au travail, il est donc grand temps que le Québec se mette au diapason des autres provinces canadiennes. » « Lorsque le conjoint ou l’ex-conjoint violent poursuit sa victime jusqu’à son travail, poursuit-elle, il s’agit d’un signe de danger imminent. Il faut que tout le monde sache comment réagir. L’obligation proposée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale est une mesure qui peut contribuer à sauver des vies. »

Ève-Marie Lampron, agente de développement au Service aux collectivités de l’UQAM (service dont la mission est de conjuguer savoirs universitaires et savoirs citoyens) souligne que : « Les groupes ont produit du matériel, des outils, et disposent d’une connaissance unique des situations vécues sur le terrain : l’intégration de leur revendication dans la LSST fait valoir tant le travail réalisé par les chercheures de l’UQAM – auxquelles le ministre a d’ailleurs fait référence pendant sa conférence de presse – que les outils produits par les groupes, expertises qui devront également être reconnues lorsque viendra le temps de mettre en œuvre la législation. »

Sur la Côte-Nord, à Sept-Îles, Nadia Morissette, agente en condition féminine du Centre femmes aux 4 vents, constate pour sa part que : « Depuis la parution du rapport de recherche en septembre 2019, les appuis affluent de la part des groupes de femmes, des groupes d’aide aux victimes, des milieux syndicaux et d’entreprises. Nous croyons que l’inclusion d’une telle disposition dans la LSST constitue un moyen éprouvé de prévenir la violence conjugale et de soutenir les travailleuses victimes. On envoie un message fort que la violence conjugale est l’affaire de tous et toutes ! Tout le monde qui peut intervenir pour y mettre fin doit le faire. » 

Hélène Millier, coordonnatrice de la ressource d’hébergement La Maison des femmes de Baie-Comeau, souligne aussi que : « Le ministre a non seulement étendu la protection aux travailleuses et travailleurs victimes de violence familiale, mais a aussi choisi de nommer spécifiquement la violence conjugale, ce que je ne peux que saluer. Ce choix est d’ailleurs cohérent avec les analyses féministes de la violence conjugale, comme phénomène spécifique s’inscrivant dans un historique de rapports inégaux entre les hommes et les femmes »

Enfin, pour Isabelle Fortin, directrice générale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Côte-Nord : « Une fois le projet de loi adopté, la mise en œuvre de cette mesure sera la prochaine étape. Nous assurons le Ministère de notre soutien et tenons à lui spécifier notre reconnaissance de ce pas important vers des milieux de travail plus sensibles et sécuritaires pour les victimes de violence conjugale. Nous espérons que la trousse que nous avons produite sera utile afin d’accompagner les milieux de travail vers cette importante transition »

* COX, Rachel, avec la collaboration de Marie-Eve Desmarais et de Shanie Roy. (2019). La reconnaissance d’une obligation explicite de l’employeur en matière de violence conjugale au Québec : rapport de recherche. Montréal : Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal.

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Renseignements :Ève-Marie Lampron Agente de développement au Service aux collectivités, Protocole UQAM/Relais-femmes lampron.eve-marie@uqam.ca

SourceJoanie DoucetConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et événements spéciauxService des communications, UQAMTél. : 514 987-3000, poste 3268Cell.: 514 297-2771doucet.joanie@uqam.ca  

mardi 27 octobre 2020
Une presse indépendante à Cuba: une recherche doctorale de l'UQAM auprès de blogueurs et de journalistes actifs sur le web

Le 26 octobre 2020  ̶  Le diplômé de l'UQAM Guy Bois a mené sa recherche doctorale auprès de blogueurs et de journalistes actifs sur le web. Titre de sa thèse: « Revolucion, lutte de représentations, émergence de la presse indépendante et quête de liberté dans la sphère numérique cubaine »

Enjeu social: liberté de la presse à CubaJournaliste depuis 35 ans, notamment aux sports (il a couvert cinq Jeux olympiques), chef de pupitre d’Espaces autochtones à Radio-Canada, Guy Bois est aussi un chercheur passionné par l’Amérique latine. En 2010, il terminait un mémoire de maîtrise sur un réseau de radios communautaires en Bolivie, où il a séjourné plusieurs années. Pour sa thèse de doctorat, il s’est rendu sur le terrain interviewer une quinzaine de blogueurs et journalistes, actifs sur le web, qui participent à l’émergence d’une véritable presse indépendante à Cuba.

Depuis la prise de pouvoir par les révolutionnaires, en 1959, l’État cubain s’est approprié le contrôle des médias et, à travers ceux-ci, le contrôle des symboles et des représentations, rappelle Guy Bois. « Fidel Castro s’est imposé comme l’incarnation de la révolution, dit-il. Il était vu comme Dieu le père, avec Che Guevara à ses côtés dans le rôle de la figure christique, celui qui donne sa vie pour que naisse l’homme nouveau. Le Saint-Esprit, c’était la presse, qui éclaire les citoyens. »

Aujourd’hui, c’est ce monopole de la représentation qui est contesté, affirme le journaliste. Depuis quelques années, en effet, on a vu apparaître sur internet de plus en plus de blogueurs qui tiennent un discours soit réformiste, soit carrément dissident par rapport à la révolution. « La révolution a toujours été contestée de l’extérieur, notamment sur les réseaux de dissidents cubains aux États-Unis, observe le journaliste, mais c’est la première fois que le monopole de la production symbolique est contesté de l’intérieur. »

Parmi les blogueurs qu’il a rencontrés, il y en a pour qui Fidel Castro est toujours considéré comme un sauveur, d’autres pour qui il est le diable, et d’autres encore qui se situent entre ces deux positions. Au fil du temps, plusieurs sont passés à la création de journaux numériques. « La qualité des journaux indépendants a permis de faire apparaître dans la sphère publique des problématiques qui, autrement, ne seraient pas discutées, dit Guy Bois : les logements vétustes qui s’effondrent, la pollution, les problèmes de santé. »

Selon lui, deux facteurs principaux expliquent l’émergence de cette presse indépendante. D’abord, le remplacement de Fidel Castro par son frère Raoul, en 2008, qui a permis une certaine ouverture. Ensuite, l’apparition des nouvelles technologies, qui ont facilité l’expression de nouvelles voix. Contrairement aux médias traditionnels, qui requièrent une importante infrastructure – imprimerie, système de distribution, etc. –, il suffit d’un ordinateur et d’un serveur pour s’exprimer sur le web.

« Les technologies numériques présentent toutefois un grand paradoxe, remarque Guy Bois. D’un côté, elles favorisent la circulation des idées, mais, de l’autre, elles facilitent la surveillance des journalistes. »

Dans un contexte de pressions internationales et de morosité économique intérieure, la répression contre les médias à Cuba est fluctuante. « Il y a des journaux indépendants dont on permet la publication, puis qui sont fermés du jour au lendemain, dit le journaliste. Cela dépend aussi de qui s’exprime. Il est plus difficile pour l’État d’arrêter un blogueur qui est correspondant pour le grand quotidien espagnol El Mundo qu’un petit journaliste anonyme. »

L’appareil d’État n’est plus un bloc monolithique, souligne Guy Bois. À l’ambassade cubaine à Ottawa, où il avait sollicité un visa de chercheur – sans cacher son sujet sur l’apparition d’une nouvelle presse –, il avait reçu un accueil favorable. Pour des raisons qu’il soupçonne être liées au refus de l’Université de La Havane, plus « fidéliste », d’approuver son projet (il devait être invité par une université locale), il n’a jamais obtenu ce visa. Entré sur le territoire cubain avec un visa de touriste, on l’a pourtant laissé mener ses entrevues sans jamais lui mettre de bâtons dans les roues.

S’il a constaté l’émergence, sur les réseaux numériques, d’une véritable presse indépendante, le journaliste admet que son influence demeure difficile à mesurer. « Si vous êtes cubain et que vous disposez de temps sur internet, vous avez peut-être plus envie de l’utiliser pour communiquer avec votre famille ou vos amis que pour consulter des médias indépendants », note Guy Bois.

Cet article a d'abord été publié par Actualités UQAM le 16 octobre 2020.

Pour toute demande d'entrevue avec le doctorant et journaliste Guy Bois, vous pouvez joindre la soussignée.

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Source Julie MeunierConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et évènements spéciauxService des communications, UQAMCell. : 514 895-0134meunier.julie@uqam.ca

 

lundi 26 octobre 2020
Le camp des PROS : un projet pour mieux intégrer les élèves allophones

La professeure Gina Lafortune a participé à la mise sur pied d’un camp éducatif pour favoriser le maintien des acquis scolaires en français.

Le 23 octobre 2020 - Au cours des 15 dernières années, le nombre d’élèves allophones n’a cessé d’augmenter sur le territoire montréalais, au point où des écoles primaires accueillent aujourd‘hui plus de 9 enfants sur 10 dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais. Afin de maintenir les acquis scolaires en français de ces jeunes élèves et de favoriser leur intégration socioculturelle, le Centre lasallien, un organisme communautaire du quartier Saint-Michel, à Montréal, a mis sur pied l’été dernier le camp des PROS (P pour plaisir, R pour réussite, O pour opportunités et S pour Services) accompagné de la professeure du Département d'éducation et formation spécialisée de l'UQAM Gina Lafortune. Malgré la pandémie, ce camp éducatif a réuni, durant cinq semaines, quelque 39 jeunes allophones nouvellement arrivés au Québec, issus de classes d’accueil du primaire et du secondaire. 

«Le camp visait à répondre à des préoccupations exprimées par des directions d’écoles du quartier Saint-Michel concernant la difficulté pour bon nombre d’élèves allophones de maintenir leurs acquis en français durant le congé estival, entraînant ainsi un cumul de retards dans les apprentissages scolaires», explique Gina Lafortune. «Au cours de l’été, poursuit-elle, les parents, dont plusieurs ne parlent pas français, peuvent difficilement soutenir leurs enfants et n’ont pas toujours les moyens de payer un tuteur pour les aider à combler leurs retards.»

Abritant plusieurs familles défavorisées, Saint-Michel est l’un des huit arrondissements du Grand Montréal ayant la plus forte proportion (73,7 %) d’élèves issus de l’immigration. «Leurs besoins en francisation sont criants, observe Gina Lafortune. Regroupés dans des classes d’accueil, leur niveau de maîtrise de la langue varie selon leur parcours migratoire et leur cheminement scolaire antérieur. Certains jeunes, par exemple, ont vécu dans des camps de réfugiés où la scolarisation était sommaire, alors que d’autres sont arrivés au Québec avec des troubles d’apprentissage souvent non diagnostiqués, complexifiant ainsi leur transition vers une classe régulière.»

La professeure connaît bien les réalités des élèves issus de l’immigration ainsi que le quartier Saint-Michel, où elle entretient, depuis plus de 10 ans, des liens avec plusieurs écoles et organismes communautaires. Elle mène actuellement une recherche, en collaboration avec le Centre lasallien, qui permettra de documenter l’expérience du camp. «Je participe depuis deux ans aux rencontres de la table de concertation de l’école Louis-Joseph-Papineau, qui réunit des organismes communautaires du quartier. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré le responsable du Centre lasallien, qui m’a parlé du projet de camp. Puis, j’ai pris contact avec le Service aux collectivités de l’UQAM pour obtenir son soutien à un projet de recherche visant à évaluer les effets du camp sur les jeunes.»

Éducatif et ludique

Le camp des PROS proposait des activités pédagogiques à caractère ludique, axées sur les arts (théâtre, peinture, musique, cirque), le patrimoine (visite au musée, exploration des ressources communautaires du quartier) ainsi que le sport et les technologies. Le défi consistait à intégrer une dimension éducative dans ce type d’activités, qui permette d’enrichir le vocabulaire des jeunes et de développer leurs habiletés en lecture et en écriture du français.

«Nous avons travaillé à la fois la langue orale et écrite, souligne Gina Lafortune. À travers la réalisation et le montage d’une vidéo, les jeunes pouvaient se filmer en racontant une histoire. D’autres devaient préparer des plats à partir de recettes de cuisine, ou rédiger les consignes d’un jeu d’équipe. Dans le cadre d’une autre activité portant sur les contes du Québec et d’ailleurs, les enfants se sont amusés à mimer et à mettre en scène certaines expressions.»

L’autre volet du camp visait à prévenir l’isolement des jeunes et à développer leur sentiment d’appartenance à la communauté. Certains ont découvert les ressources offertes par la bibliothèque de leur quartier, alors que d’autres ont visité le marché public Jean-Talon en compagnie d’un guide touristique qui leur a raconté son histoire. «Pour la plupart des jeunes, le camp représentait une occasion unique de socialiser, surtout que, pandémie oblige, plusieurs d’entre eux n’avaient pratiquement pas quitté leur foyer depuis trois mois, indique la professeure. Les liens qui se sont tissés devraient perdurer puisque des élèves ayant terminé leur primaire se retrouvent ensemble au secondaire cet automne.»

Les défis de l’intégration

À la rentrée scolaire 2018-2019, la proportion d’élèves allophones du primaire et du secondaire à Montréal était de 43 %, surpassant celle d’élèves dont la langue maternelle est le français et l’anglais. L’apprentissage de la langue d’enseignement, l’isolement social et les difficultés de leurs parents à se trouver un emploi représentent les trois principaux problèmes auxquels ces jeunes sont confrontés. Bien que certains élèves allophones maîtrisent le français et peuvent poursuivre leur scolarité en classe régulière, d’autres en ont une connaissance insuffisante. Le temps et les efforts consacrés à l’apprentissage de la langue d’enseignement entraînent des retards scolaires et de faibles performances dans les autres matières.

Présente sur le terrain

Présente sur le terrain, Gina Lafortune a observé le déroulement du camp, tout en échangeant avec les intervenants et les jeunes. Des groupes de discussion réunissant des élèves ont été créés pour connaître leur appréciation du camp. «De cette façon, nous serons mieux armés pour faire une évaluation plus formelle des activités en prévision de la deuxième édition du camp l’été prochain, remarque la chercheuse. Nous devrions également avoir les profils des besoins des jeunes qui y participeront, ce qui a été impossible cette année.»

Gina Lafortune s’intéressera plus spécifiquement à 24 jeunes, filles et garçons, provenant de deux écoles primaires et d’une école secondaire. «À l’aide d’une grille d’observation, je veux dégager les principales caractéristiques des activités et identifier lesquelles ont eu le plus d’impact sur le maintien et la progression des acquis en français oral et écrit ainsi que sur l’intégration socioculturelle: prises de parole et aisance, fréquence d’interactions avec les pairs et les intervenants, initiative et autonomie, etc.»

Ce qui a le plus frappé la professeure, c’est à quel point le camp a permis de briser l’isolement des jeunes. «Étant au Québec depuis peu de temps, six mois pour certains, deux ou trois ans pour d’autres, ces jeunes n’ont pas beaucoup d’amis. Le camp leur a permis de nouer des liens entre eux et de garder un contact avec le Centre lasallien. Des responsables du Centre m’ont d’ailleurs raconté que, depuis la rentrée scolaire, des élèves ayant participé au camp étaient venus les voir après l’école.»

Potentiel de rayonnement

La professeure et les responsables du Centre lasallien ont aussi pour objectif que l’expérience du camp serve à des écoles et organismes communautaires et scolaires dans d’autres quartiers de Montréal. Une vidéo a déjà été réalisée pour faire connaître le projet et une boîte à outils sera bientôt conçue. 

En plus de l’école secondaire Louis-Joseph Papineau et des écoles primaires du quartier Saint-Michel, le projet a suscité l’intérêt d’autres organismes scolaires, comme le Réseau Réussite Montréal, Une école montréalaise pour tous et le Centre de services scolaires de Montréal (CSDM). Dans le quartier Saint-Michel, le projet a reçu l’appui de la table Vivre Saint-Michel en santé avec son volet de réussite éducative, de la Direction régionale de santé publique (Montréal), de Centraide et de la Tohu, qui a offert des ateliers d’art du cirque au camp.

«L’un des aspects les plus intéressants du camp des PROS est la consolidation du lien écoles-familles-communauté, souligne Gina Lafortune. Des écoles du quartier ont d’ailleurs demandé au Centre lassalien comment elles pouvaient donner un coup de main pour la poursuite du camp l’été prochain.»

Cet article a d'abord été publié dans le portail de nouvelles Actualités UQAM le 13 octobre 2020.

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La professeure Gina Lafortune est disponible pour des entrevues. Vous pouvez la joindre par courriel lafortune.gina@uqam.ca.

SourceJoanie DoucetConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et événements spéciauxService des communications, UQAMTél. : 514 987-3000, poste 3268Cell.: 514 297-2771doucet.joanie@uqam.ca  

vendredi 23 octobre 2020
Somewhere, Otherwise: Galerie de l’UQAM’s second act of the QUADrature project

FRENCH VERSION

Artistic director: Louise Déry, in collaboration with Anne Philippon and Philippe DumaineGuest curator: Ariane De BloisArtists: Anna Binta Diallo, faye mullen, Mona Sharma, Leila ZelliDates: October 23 – November 21, 2020Online inauguration: Thursday, October 22, 5 p.m.

October 21, 2020 – Galerie de l’UQAM presents Somewhere, Otherwise, second act of the QUADrature project conceived for the virtual arena. Curated by Ariane De Blois, the exhibition delves into connectivity at present and invites the public to discover new perspectives and ways of understanding the world through the works of Anna Binta Diallo, faye mullen, Mona Sharma and Leila Zelli. The gallery will be maintaining its fruitful collaboration with Montréal design studio LOKI, tasked with giving the look-and-feel of the QUADrature initiative as a whole.

The exhibitionAt a time when we are feeling the pain of the ban on gatherings and information and communication technologies are among our only means of maintaining ties with others, questioning our ways of being in the world has become a pressing issue, particularly in light of the serious and systemic violence that many communities and populations suffer, both here and elsewhere.

In his essay Habiter le monde, the economist and writer Felwine Sarr argues that the many crises we are experiencing (climate, migration, rising extremism) are intertwined and stem from a single crisis of relationality. Despite greater global connectivity, relationships between individuals, groups and societies and with the natural world that is our home continue to be deeply marked by patterns of domination. These can, however, be replaced by a reconfiguration of narrative and visual regimes.

Like many “countervisualities,” the works in Somewhere, Otherwise poetically attempt to depict the world differently. Through personal proposals and openly situated points of view, the artists faye mullen, Mona Sharma, Anna Binta Diallo and Leila Zelli cross-explore the entanglement of temporalities and histories, and the unequal sharing of space, territory and the imaginary.

While the Internet continues to perpetuate power biases and serves as a breeding ground for extremist ideas, voices, views and stories that are too often eclipsed still manage to make their way onto the screen. By using images circulating on the Web as raw material, remixing them and staging them respectively in their works, the four artists bring out unique perspectives, countering the usual visual regime. So that from the surface of the screen to real life, there is a transfer of new affects.

About the curatorAriane De Blois holds a PhD in Art History from McGill University and has been working as an author, researcher and curator in the contemporary art scene for the past fifteen years. Presently the artistic director at Plein sud, centre d’exposition en art actuel (Longueuil), she was on esse arts + opinions magazine’s editorial board from 2014 to 2018. Her various curatorial projects were shown at the Musée des beaux-arts du Québec, the Havana Biennial, Stadtgalerie in Bern and the Centro Nacional de las Artes in Mexico City.

About the artistsAnna Binta Diallo was born in Dakar (Senegal) and raised in Saint-Boniface (Winnipeg) on the traditional territory of the Anishinaabeg, Cree, Oji-Cree, Dakota and Dene peoples, and the homeland of the Métis Nation. She is currently based in Montréal, or Tio’tia:ke, on the traditional territory of the Kanien’kehá:ka. She is a Canadian multidisciplinary visual artist who investigates memory and nostalgia to create unexpected narratives surrounding identity. She completed a BFA from the University of Manitoba (2006) and obtained an MFA in Creative Practice from the Transart Institute, Berlin (2013). Her work has been exhibited nationally and internationally in exhibitions in Winnipeg, Montréal, Toronto, Vancouver, Keuruu (Finland) and Berlin (Germany). Diallo has been the recipient of multiple grants and honours. In 2019, her work was selected as a shortlisted finalist for the Salt Spring National Art Prize.annabintadiallo.com

Through a 2Spirit mixed indigenous (Anishinaabe / Algonquin / Irish / Italian) perspective, faye mullen’s practice reaches toward horizontality worlding queer imaginings and decolonial ways of being. Pursuing a doctorate (Études et pratiques des arts, UQAM), she holds a BFA from the Ontario College of Art and Design (Toronto) and the École supérieure des beaux-arts de Paris, and is a recipient of an MFA from the University of Toronto and a diploma from Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains (Tourcoing, France). Her work has been shown in group and solo exhibitions in Asia, Australia, Europe and across Turtle Island. Currently she situates her practice in and alongside community of Tiohtiá:ke / Mooniyang / Montréal.

Mona Sharma is a first-generation Canadian artist of South Asian descent who lives and works in Montréal. She obtained her MFA (2012) and BFA (2007) in Painting and Drawing from Concordia University. Directly inspired by tensions induced by the diverse nature of her background, her goal through art has been to foster a more critical understanding of how we form as individuals and function as a society. She has exhibited her art in galleries across Canada (Montréal, Saskatoon, Calgary and Edmonton among others) as well as the United States, and has received numerous awards and grants such as those presented by the Conseil des arts et des lettres du Québec, the Canada Council for the Arts and MAI (Montréal arts interculturels).monasharma.byethost24.com

Born in Tehran (Iran), Leila Zelli lives and works in Montréal. She holds an MFA (2019) and a BFA (2016) in Visual and Media Arts from Université du Québec à Montréal (UQAM). Zelli is interested in the relationship that we have with the ideas of "others” and “elsewhere” and more specifically within this geopolitical space often referred to by the questionable term “Middle East.” Her work has been shown, among others, at the Bradley Ertaskiran Gallery (2020), at the Conseil des arts de Montréal (2019-2020) and at the Foire en art actuel in Québec (2019). Her works are part of the Montreal Museum of Fine Arts collection, the Musée national des beaux-arts du Québec’s Prêt d’oeuvres d’art collection and the Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul collection.leilazelli.com

About QUADratureQUADrature is inspired by Samuel Beckett’s Quad (1980), a work created for television in which four actors move laterally or diagonally in quadrangular set, according to a set of strictly determined instructions. In the 1981 premiere, directed by the author, a beam of differently coloured light matched each performer, who in turn employed a specific set of sounds throughout the piece. The four performers were of similar height and indeterminate gender, and each wore a long, hooded tunic that shrouded their face. The first iteration of Quad originally broadcast on German television was then reproduced with slight variations, at the author’s instigation. Quad is characterised by scenic restraint, minimalism, and abstraction; actors traverse the stage in every possible permutation of their permitted movements, the four analogous figures moving from solitude to unity without ever touching each other, leaving centre stage empty at all times.

Beckett’s work resonates strikingly with the global pandemic reality facing us today. Quad is confined to the television screen, its actors to a confined area; the anonymity, concealed faces, and repetitive movements will seem familiar to many of us. Likewise, QUADrature has emerged in a context of digital screens, masked individuals moving routinely in predetermined areas, social and physical distancing. Between two people, there is always already an empty space that Beckett referred to as the “danger zone.”

With the support of Galerie de l’UQAM colleagues Anne Philippon and Philippe Dumaine, director Louise Déry has conceived QUADrature as a locus in which four guest curators develop an iteration of the project, each involving four artists. The virtual exhibits in this series will be released over the course of several months, in keeping with the Beckettian dramaturgy of Quad, culminating in a final presentation of works by all four curators and sixteen artists.

While QUADrature is conceived for the digital arena, the notion of shortcoming is germane to its form: it is intended as a forum for curatorial experimentation, interrogation, trial-and-error, and new beginnings. We hold out hope that under ideal circumstances, the works in this series will be shown in the physical space of Galerie de l’UQAM so that they might be enjoyed in their full, experiential materiality.

Public activityVirtual opening of the exhibitionThursday, October 22, 2020, 5 – 6 p.m.Via Zoom: https://uqam.zoom.us/j/83945168707

In FrenchFree admission

The public is invited to join Ariane De Blois, the artists and the Galerie de l'UQAM team to celebrate our online exhibition Somewhere, Otherwise, and to know more about the QUADrature initiative.

More on QUADratureThe first iteration of Quad:Samuel Beckett, Quad I+II, 1981, Betacam SP, PAL, colour, sound, Centre Georges Pompidou Collection, France

Directed by Samuel Beckett and broadcast on Germany’s Süddeutscher Rundfunk on October 8, 1981, as Quadrat I+II (in two distinct stagings). In rehearsal, Beckett intimated that "between the two parts there is an intermission of 100,000 years."

The text:Samuel Beckett, Quad et autres pièces pour la télévision, followed by L’Épuisé by Gilles Deleuze. Paris: Éditions de Minuit, 106 p., 1992

Support provided by

 

AddressGalerie de l’UQAMJudith-Jasmin Pavilion, Room J-R1201400 Berri, corner of Sainte-Catherine East, MontréalBerri-UQAM Metro

InformationTél. : 514 987-6150galerie.uqam.ca / Facebook / Twitter / Instagram

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Source Julie Meunier Press Relations OfficerPress Relations and Special Events DivisionUQAM Communications ServiceCell.: 514 895-0134meunier.julie@uqam.ca

 

mercredi 21 octobre 2020
Quelque part, autrement : Deuxième volet du projet virtuel QUADrature de la Galerie de l’UQAM

Commissaire générale : Louise Déry, en collaboration avec Anne Philippon et Philippe DumaineCommissaire invitée : Ariane De BloisArtistes : Anna Binta Diallo, faye mullen, Mona Sharma, Leila ZelliDates : 23 octobre – 21 novembre 2020Inauguration en ligne : jeudi 22 octobre, 17 h

Le 21 octobre 2020 – La Galerie de l’UQAM présente Quelque part, autrement, deuxième volet du projet QUADrature conçu pour l’espace virtuel. Commissariée par Ariane De Blois et en collaboration avec le studio de design montréalais LOKI, cette exposition traite de connectivité et propose, à travers les œuvres d’Anna Binta Diallo, de faye mullen, de Mona Sharma et de Leila Zelli, de nouvelles perspectives et façons d’appréhender le monde. La Galerie poursuit sa fructueuse collaboration avec le studio de design montréalais LOKI, chargé du design web pour l’entièreté du projet QUADrature.

L’expositionÀ l’heure où nous éprouvons péniblement l’interdiction de nous rassembler et où les technologies de l’information et de la communication sont parmi les seuls moyens de maintenir le lien avec les autres, nous interroger sur nos modalités d’être au monde est devenue une question pressante, notamment en égard aux violences graves et systémiques que subissent plusieurs communautés et populations, ici même, comme ailleurs.

Dans son essai Habiter le monde, l’économiste et écrivain Felwine Sarr avance que les multiples crises que nous traversons (climatique, migratoire, montée des extrémismes) sont imbriquées les unes aux autres, et découlent d’une seule et même crise de la relationalité. Malgré une plus grande connectivité globale, nos rapports entre individus, groupes et sociétés ainsi qu’avec la nature qui nous accueille demeurent profondément marqués par des schèmes de domination. Ces derniers sont néanmoins remplaçables par une reconfiguration des régimes narratifs et visuels.

Comme autant de « contre-visualités », les œuvres rassemblées au sein de Quelque part, autrement s’emploient, poétiquement, à figurer différemment le monde. À travers des propositions personnelles et des points de vue ouvertement situés, les artistes Anna Binta Diallo, faye mullen, Mona Sharma et Leila Zelli explorent de manière croisée l’enchâssement des temporalités et des histoires, et le partage inégal des espaces, des territoires et des imaginaires.

Tandis qu’Internet reconduit les biais de pouvoir et sert de lieu propice au foisonnement d’idées extrémistes, des voix, des regards et des récits trop souvent occultés réussissent néanmoins à percer l’écran. En se servant d’images qui circulent sur le Web comme matière première, en les remixant et en se mettant respectivement en scène dans leurs œuvres, les quatre artistes font émerger des perspectives singulières, à rebours du régime visuel habituel. Afin que de la surface écranique s’opère vers le réel un transfert de nouveaux affects.

À propos de la commissaireDétentrice d’un doctorat en histoire de l’art de l’Université McGill, Ariane De Blois œuvre dans le milieu de l’art actuel en tant qu’autrice, chercheuse et commissaire depuis une quinzaine d’années. Directrice artistique de Plein sud, centre d’exposition en art actuel à Longueuil, elle a fait partie du comité de rédaction de la revue esse arts + opinions, de 2014 à 2018. Ses projets commissariaux ont entre autres été présentés au Musée des beaux-arts du Québec, à la Biennale de La Havane, à la Stadtgalerie de Berne et au Centro Nacional de las Artes à Mexico.

À propos des artistesAnna Binta Diallo est née à Dakar (Sénégal) et a grandi à Saint-Boniface (Winnipeg) sur le territoire traditionnel des peuples Anishinaabeg, Cree, Oji-Cree, Dakota et Dénés et de la nation métisse. Elle vit et travaille aujourd’hui à Montréal, ou Tiohtià:ke, sur le territoire traditionnel des Kanien’kehá:ka. Artiste visuelle multidisciplinaire canadienne, elle explore les thèmes de la mémoire et de la nostalgie pour créer des œuvres inattendues sur l’identité. Elle a obtenu un baccalauréat à l’Université du Manitoba (2006) et une maîtrise (MFA in Creative Practice, 2013) au Transart Institute, à Berlin. Ses œuvres ont été exposées à l’échelle nationale et internationale, à Winnipeg, à Montréal, à Toronto, à Vancouver, à Keuruu (Finlande) et à Berlin (Allemagne). Diallo a été récipiendaire de plusieurs bourses et distinctions. En 2019, elle a notamment été sélectionnée comme finaliste pour le Salt Spring Island National Art Prize.annabintadiallo.com

Par l’entremise d’une perspective bispirituelle et mixte autochtone (anishinaabe / algonquine / irlandaise / italienne), la démarche de faye mullen tend vers l’horizontalité, mettant en forme des imaginaires queers et des manières décoloniales de faire monde. Poursuivant un doctorat en études et pratiques des arts à l’UQAM, elle est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Ontario College of Art and Design (Toronto) et de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris ainsi que d’une maîtrise de l’University of Toronto et d’un diplôme du Fresnoy – Studio national des arts contemporains (Tourcoing, France). Son travail a fait l’objet d’expositions collectives et individuelles en Asie, en Australie, en Europe et sur l’Île de la Tortue. Actuellement, sa démarche s’adapte à l’intérieur et aux côtés de la communauté de Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal.

Mona Sharma est une artiste canadienne de première génération d’origine sud-asiatique qui vit et travaille à Montréal. Elle a obtenu une maîtrise (2012) et un baccalauréat (2007) en beaux-arts (Painting and Drawing) de l’Université Concordia. Inspirée par les tensions provoquées par les diverses natures de ses origines, son objectif à travers l’art est d’entretenir une réflexion critique face à la manière dont se forment les individus et dont fonctionne notre société. Elle a exposé son travail dans des galeries à travers le Canada (entre autres Montréal, Saskatoon, Calgary, Edmonton) ainsi qu’aux États-Unis, et a été récipiendaire de plusieurs prix et bourses, notamment du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada et de MAI (Montréal, arts interculturels). monasharma.byethost24.com

Née à Téhéran (Iran), Leila Zelli vit et travaille à Montréal. Détentrice d’une maîtrise (2019) et d’un baccalauréat (2016) en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, elle s’intéresse aux rapports que l’on entretient avec les idées « d’autres » et « d’ailleurs » et plus spécifiquement au sein de cet espace géopolitique souvent désigné par le terme discutable de « Moyen-Orient ». Son travail a, entre autres, été présenté à la Galerie Bradley Ertaskiran (2020), au Conseil des arts de Montréal (2019-2020) et à la Foire en art actuel de Québec (2019). Ses réalisations font désormais partie de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal, de la collection Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec et de la collection du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul.leilazelli.com

Le projet QUADrature QUADrature est inspiré de l’œuvre Quad (1980), de Samuel Beckett, une pièce écrite pour la télévision et mettant en présence quatre interprètes qui parcourent une scène quadrangulaire en effectuant différents trajets latéraux et diagonaux rigoureusement déterminés. Présentée pour la première fois en 1981 sous la direction de l’auteur, la pièce intégrait un faisceau de lumière colorée et une sonorité propres à chaque interprète. De stature semblable et de genre indifférencié, les interprètes étaient vêtues et vêtus de longues tuniques à capuchons couvrant leur visage. Le scénario original déployé lors de la première itération transmise par la télévision allemande a ensuite connu quelques variables, établies par Beckett lui-même. L’œuvre se caractérise par une facture sobre, dépouillée, voire abstraite; toutes les combinaisons possibles de déplacement sont exécutées par les quatre silhouettes anonymes qui évoluent d’abord seules, et qui finissent par se trouver réunies, se croisant sans se toucher, laissant le centre de la scène vide à tout instant.

Il faut noter l’impressionnante résonnance qu’offre cette œuvre de Beckett avec la situation de pandémie mondiale que nous connaissons en ce moment. Du côté de Quad : l’écran télévisuel, le confinement à une surface précise, l’anonymat, les visages dissimulés, la répétition des parcours; du côté du contexte ayant motivé le projet QUADrature : l’écran numérique, le port du couvre-visage, les promenades routinières restreintes à des secteurs précis, la distanciation et l’absence de contacts physiques. Entre deux personnes, le centre est toujours vide. Beckett l’a qualifié de « zone de danger ».

Avec l’aide d’Anne Philippon et de Philippe Dumaine de la Galerie de l’UQAM, la directrice Louise Déry a imaginé QUADrature pour quatre commissaires invitées et invités à développer un volet du projet impliquant chacun quatre artistes. Ces expositions virtuelles seront déployées successivement au fil des mois, suivant les principes de la scénographie de Quad, pour être finalement réunies en une cinquième présentation anticipée comme une conversation globale qui mettra en présence le travail des quatre commissaires et des 16 artistes.

Si QUADrature est conceptualisé pour l’espace virtuel, et si l’idée même de rature est mise de l’avant dans des formules commissariales qui laissent place au doute, à la forme de l’essai, à la possibilité de recommencer, nous nourrissons tout de même le désir d’adapter le projet aux espaces de la Galerie de l’UQAM dans le meilleur avenir possible afin de donner aux œuvres leur pleine existence matérielle et expérientielle.

Activité publiqueInauguration virtuelle de l’expositionJeudi 22 octobre 2020, 17 h – 18 hPar l’entremise de la plateforme Zoom : https://uqam.zoom.us/j/83945168707En françaisEntrée libre

Le public est invité à se joindre à la commissaire Ariane De Blois, aux artistes et à l’équipe de la Galerie de l’UQAM pour souligner la mise en ligne de Quelque part, autrement et pour en apprendre plus sur l’initiative QUADrature.

En savoir plusLa première itération de Quad :Samuel Beckett, Quad I+II, 1981, Betacam SP, PAL, couleur, son, Collection Centre Georges Pompidou, France

Dirigée par Samuel Beckett et transmise par la Süddeutscher Rundfunk d’Allemagne le 8 octobre 1981 sous le titre Quadrat I+II (2 scénographies différentes), avec une intermission devant durer 100 000 ans selon un commentaire de l’auteur pendant les répétitions.

Le texte :Samuel Beckett, Quad et autres pièces pour la télévision, suivi de L’Épuisé par Gilles Deleuze, Paris, Éditions de Minuit, 106 p., 1992

Partenaires

 

AdresseGalerie de l'UQAMPavillon Judith-Jasmin, salle J-R1201400, rue Berri, angle Sainte-Catherine Est, MontréalMétro Berri-UQAM

RenseignementsTél. : 514 987-6150galerie.uqam.ca / Facebook / Twitter / Instagram

VERSION EN ANGLAIS

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Source Julie MeunierConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et évènements spéciauxService des communications, UQAMCell. : 514 895-0134meunier.julie@uqam.ca

 

mercredi 21 octobre 2020
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