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Les aînés à l'épicerie: les services en ligne modifient leurs habitudes selon une étude de l'UQAM

Le 20 février 2020  ̶  La popularité croissante des services d'épicerie en ligne modifie peu à peu les habitudes d'achat alimentaire des consommateurs. Les publicités pour ces services s'adressent surtout aux professionnels qui souhaitent gagner du temps ou aux jeunes familles débordées. Mais qu'en est-il des personnes âgées? « La question mérite que l'on s'y attarde, car les personnes âgées, plus que tout autre groupe dans la population, sont plus à risque de vivre de l'insécurité alimentaire, en partie à cause du manque de modes de transport leur permettant d'accéder à des produits frais et bons pour la santé », observe la doctorante en études urbaines de l'UQAM, Ana Bezirgani.

Les habitudes d'achat alimentaire des personnes âgées ont déjà fait l'objet de plusieurs études, précise la chercheuse, tout comme les modes de transport qu'elles utilisent pour leurs activités quotidiennes, mais aucune n'a combiné les deux aspects. « L'objectif d'une partie de ma thèse est d'analyser si les personnes âgées perçoivent l'épicerie en ligne comme une option intéressante comparativement à l'achat en personne, en tenant compte des modes de transport à leur disposition. »

La doctorante réalise sa thèse sous la direction du professeur du Département d'études urbaines et touristiques de l'ESG UQAM Ugo Lachapelle, qui dirige le projet « Nouvelle organisation de la mobilité par l'accès à l'alimentation dématérialisé (NOMAAD) », financé par le CRSH. « Le sujet d'Ana est particulièrement intéressant considérant que le gouvernement du Québec offre un crédit d'impôt pour la livraison de l'épicerie aux personnes de 70 ans et plus », nous apprend le professeur.

Dans le cadre de son étude, Ana Bezirgani a mené 61 entrevues semi-structurées avec des personnes âgées de la grande région de Montréal habitant en maison de retraite ou dans un centre communautaire. L'âge moyen des participants était de 74 ans. Un peu plus de 47 % vivaient à plus de 20 minutes de marche d'une épicerie et devaient utiliser un moyen de transport pour s'y rendre. « Nous les avons questionnés sur leurs habitudes d'achat alimentaire ainsi qu'à propos des facteurs facilitant ou limitant l'utilisation d'un moyen de transport pour aller à l'épicerie », précise-t-elle.

Des résultats étonnantsDe manière surprenante et contre-intuitive, les résultats révèlent des similitudes entre les personnes âgées conductrices de voiture... et celles adeptes de l'épicerie en ligne! « Les personnes dans ces deux groupes sont très organisées, achètent souvent des aliments en grande quantité et visitent régulièrement les magasins ou les sites web, souligne Ana Bezirgani. Pour elles, acheter des aliments constitue une corvée ménagère comme une autre. Elles épluchent les circulaires à la recherche de rabais et de promotions et dressent des listes d'achats. Elles sont généralement fidèles à quelques commerces où elles ont leurs habitudes. »

Les utilisateurs des transports en commun et des déplacements actifs présentent également des similitudes. « Ils sont plus spontanés et décident leur repas à la dernière minute, note la doctorante. Ils effectuent des achats plus fréquents et en plus petite quantité, ne sont pas fidèles à des magasins en particulier et ne cherchent pas nécessairement les rabais. Pour eux, sortir acheter des aliments représente une activité physique autant que sociale, car ils rencontrent parfois des amis, vont prendre un café, etc. »

Ces résultats démontrent que le mode de transport qu'on utilise pour faire l'épicerie semble être fortement associé à des comportements d'achats, constate Ugo Lachapelle. À cet égard, l'épicerie en ligne a le potentiel de satisfaire ceux qui utilisent une automobile pour effectuer leurs achats alimentaires. « Ça tombe bien, dit le professeur, car, d'une part, nous sommes dans un contexte de prise de conscience environnementale où l'on veut réduire la dépendance à l'automobile et d'autre part, la perte de réflexes et d'habiletés forcera éventuellement ces personnes à cesser la conduite automobile. L'achat en ligne leur permettrait alors de conserver une autonomie appréciable. »

Les utilisateurs des transports en commun et des déplacements actifs qui préfèrent se rendre dans les commerces et retourner à leur domicile avec un ou deux sacs de provisions opteront sans doute, dans quelques années, pour d'autres services, estime Ugo Lachapelle. « Ces personnes aiment sortir et voir des gens. Il serait surprenant qu'elles adoptent l'épicerie en ligne, mais elles pourraient très bien faire livrer leurs achats après avoir conclu les transactions en personne. »

Ana Bezirgani a présenté les résultats de son étude lors de la 99e rencontre annuelle du Transportation Research Board, en janvier dernier, à Washington. Cosigné par Ugo Lachapelle, l'article soumis est présentement en évaluation par une revue scientifique.

Redéfinir les déserts alimentairesLa question de l'accès des personnes âgées aux produits alimentaires recoupe inévitablement celle des déserts alimentaires, ces secteurs géographiques dépourvus de commerces offrant des produits alimentaires sains et variés, à des prix abordables. « L'épicerie en ligne apparaît comme une solution viable pour les personnes résidant dans un désert alimentaire », souligne Ana Bezirgani.

À l'instar de plusieurs autres chercheurs, Ugo Lachapelle et Ana Bezirgani estiment toutefois qu'il importe de repenser la définition de désert alimentaire. « Il ne s'agit pas uniquement de calculer la distance entre une épicerie ou un commerce alimentaire et le lieu où résident les gens, explique Ugo Lachapelle. Il faut également considérer d'autres variables, telles que la capacité de déplacement des gens, les heures d'ouverture des commerces ou la disponibilité des produits désirés dans les magasins. Tout cela influence la manière dont les gens effectuent leurs choix alimentaires. »

Cet article a d'abord été publié par Actualités UQAM le 17 février 2020. Pour toute demande d'entrevue auprès de la doctorante en études urbaines de l'UQAM, Ana Bezirgani ou du professeur au Département d'études urbaines et touristiques de l'ESG UQAM, Ugo Lachapelle, veuillez contacter la soussignée.

 

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SourceJulie Meunierconseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et événements spéciauxService des communications, UQAMTél. : 514 987-3000, poste 1707meunier.julie@uqam.ca

 

 

 

jeudi 20 février 2020
Une doctorante de l'UQAM et enseignante en musique forme de futurs citoyens à l’écoute des autres et de leur environnement

Le 19 février 2020  ̶  Combien de décibels peuvent produire un groupe d’enfants surexcités dans les corridors d’une école primaire? Beaucoup trop! Pour sensibiliser les élèves au bruit, la doctorante en études et pratiques des arts de l'UQAM, Pascale Goday, qui est aussi enseignante en éducation musicale et en chant choral au Collège international Marie de France, a lancé un projet d’éducation sonore. Celui-ci comprend une série d’activités interdisciplinaires à réaliser en classe, des outils pédagogiques, des règles de vivre-ensemble à appliquer à l’école ainsi que des actions citoyennes.

Les environnements sonores dans lesquels vivent les enfants sont saturés, à commencer par celui de l’école, observe Pascale Goday. « Il est vu comme de plus en plus normal de parler haut et fort, ce qui peut amener les enfants à perdre leur capacité d’écouter l’autre et le monde qui les entoure. »

Intitulé « Une approche de l’écologie sonore adaptée à l’école », le projet de l’enseignante, mis en place depuis l’automne 2017, s’inspire du concept d’écologie sonore inventé par le compositeur canadien Raymond Murray Schafer. « Il s’agit d’amener les élèves à acquérir au quotidien une meilleure connaissance du monde sonore qui les entoure, en le présentant comme un nouveau continent à explorer, avec ses merveilles, comme le chant des oiseaux, et ses dangers, comme la pollution sonore », illustre Pascale Goday. Dans ses cours, la doctorante propose également des mesures préventives pour aider les élèves à protéger leur appareil auditif. « Il est urgent d’agir, soutient-elle, car nous sommes en train de former une génération de malentendants. »

Pour son initiative, Pascale Goday a reçu le prix Essor de Reconnaissance 2019 (catégorie Initiative), attribué par les ministères québécois de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et de la Culture et des Communications à un enseignant ou à un responsable scolaire pour son projet artistique innovateur. L’enseignante a aussi reçu le prix de l’Innovation pédagogique 2019 (catégorie Primaire) décerné par la Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec (FEEP).

Pascale Goday a entamé en 2018 un doctorat en études et pratiques des arts qui porte sur son projet d’écologie sonore. Elle effectue sa recherche sous la supervision du professeur du Département de musique Vincent Bouchard-Valentine, dont les travaux portent aussi sur l’écologie sonore. Quelque 800 élèves du primaire ont participé à ce jour au projet de l’enseignante, qui a publié de nombreux articles sur le sujet, notamment dans la revue FAMEQ de la Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec et dans le numéro de janvier 2020 de NectArt, une revue s’intéressant aux nouveaux enjeux de la culture, des transformations artistiques et de la révolution technologique.

Améliorer les capacités d’écouteLe projet vise également à améliorer les capacités d’écoute des élèves, en vue de former de futurs citoyens écoutants plus responsables et conscientisés quant aux effets néfastes du bruit. « Je leur explique comment fonctionnent l’oreille, l’ouïe et le son afin qu’ils saisissent la différence entre entendre, un phénomène biologique, et écouter, qui demande de prendre une décision », précise Pascale Goday.

Pour les aider à développer leur sens critique, l’enseignante fait écouter à ses élèves une pièce musicale, qui peut sembler sonner faux, pour leur faire connaître des sons différents ou encore leur fait entendre des sons acoustiques, éloignés de ceux plus amplifiés auxquels ils sont habitués. Dans le cadre des exercices de chant, elle essaie d’amener ses élèves à chanter en fonction de leur voix et non selon un type de voix associé aux chanteurs et chanteuses populaires du moment.

Promenade sonoreParmi les activités proposées, Pascale Goday a créé une promenade sonore, au cours de laquelle les élèves déambulent dans l’école en notant les bruits de couloir ou de la cafétéria, au moyen de mots, de dessins ou de signes. « Les élèves goûtent aux sons quotidiens et apprennent à se servir de leurs oreilles », dit-elle. La consigne est de le faire en silence et d’annoter leurs observations. Les élèves dressent ensuite un inventaire des sons de leur environnement, une sorte de musiographie de l’école. « À partir d’un plan, comme celui du premier étage, ils imaginent les sons qui s’y trouvent et apprennent à les géolocaliser. » Puis, à partir de ces relevés, les élèves réalisent des créations sonores en transposant les sons qu’ils ont entendus lors de la promenade en partitions musicales ou en partitions de bruits. « Quelles sont les caractéristiques des sons de la cafétéria? Quel est le volume sonore du lieu? Quel est le meilleur instrument pouvant transcrire les sons entendus? Les enfants doivent se poser ces questions pour créer leurs œuvres. »

Une dictée de sons permet aux enfants de reconnaître et de décrire les sons ambiants de la classe. « Avec les yeux bandés, leur perception auditive est exacerbée et ils peuvent ainsi se concentrer davantage sur ce qu’ils entendent, note la doctorante. Il existe un vocabulaire propre à l’ouïe et l’élève doit l’utiliser pour décrire les sons. »

Pascale Goday a enfin développé des outils de vivre-ensemble, comme un « permis sonore à points », à l’image d’un permis de conduire. L’objectif est de mieux respecter le volume sonore des espaces communs, tels que les corridors, les vestiaires et la cafétéria. Chaque élève doit suivre une série de règles: «Je suis silencieux dans les couloirs» ou « Je suis discret dans les vestiaires ». S’il n’observe pas les consignes, il perd des points. Un guide permet aux élèves de s’autoévaluer au moyen de figures géométriques et de codes de couleurs, classés selon un ordre précis. Plus la figure géométrique a de côtés, un hexagone, par exemple, plus le niveau de décibels augmente et représente un comportement répréhensible. « Un hexagone rouge, c’est une catastrophe, tandis qu’un cercle vert, c’est très bien! », décrit l’enseignante, qui a aussi introduit des éléments du langage des signes afin de faire respecter le silence dans les couloirs ou dans la classe au moment opportun.

Grâce à ces activités de sensibilisation, les élèves ont réussi à faire baisser le volume sonore dans les espaces communs. Ils sont aussi plus calmes et parviennent à mieux se discipliner. « C’est un projet de vivre-ensemble multidisciplinaire et transversal qui s’adresse à tous les membres de l’école, souligne Pascale Goday. Plusieurs professeurs participent désormais au projet et proposent des activités à leurs élèves. Dès le départ, la direction du collège s’est montrée très enthousiaste. »

Le prochain défi de la doctorante? Mettre l’écologie sonore au programme de toutes les écoles!

Semaine du sonEn tant que présidente du volet canadien de la Semaine du son de l’UNESCO, qui aura lieu du 23 au 29 mars prochains à Montréal, Pascale Goday organise une journée d’études à l’UQAM le 26 mars. L’événement présentera des conférences scientifiques portant sur les cinq thèmes proposés dans la charte de la Semaine du son, soit la santé, l'environnement sonore, les techniques d'enregistrement et de diffusion sonore, la relation entre image et son ainsi que l'expression musicale et sonore. Le professeur Vincent Bouchard-Valentine compte parmi les invités. L’association, dont le siège social est en France, a pour but d’amener chaque être humain à prendre conscience que l’environnement sonore est un élément d’équilibre personnel fondamental dans sa relation aux autres et au monde.

Cet artcile a d'abord été publié dans Actualités UQAM le 17 février 2020.

La doctorante Pascale Goday est disponible pour accorder des entrevues dès le vendredi 21 février. Pour toute demande, veuillez contacter la soussignée.

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SourceJulie Meunierconseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et événements spéciauxService des communications, UQAMTél. : 514 987-3000, poste 1707meunier.julie@uqam.ca

 

mercredi 19 février 2020
Débat au Cœur des sciences de l’UQAM – La science désenchante-t-elle le monde?

INVITATION AUX MÉDIAS

Montréal, le 18 février 2020 – La science désenchante-t-elle le monde? se demanderont Yves Gingras, Angela Konrad, Robert Lamontagne, Christophe Maleterre et Alain Vadeboncoeur, lors d’un débat organisé par le Cœur des sciences de l'UQAM le jeudi 20 février à 18 h.

Le progrès scientifique est-il acquis au prix d’un assèchement grandissant de nos représentations du monde? Est-ce le prix à payer pour se libérer des esprits, des dieux et des croyances? À l’inverse, la recherche scientifique n’alimente-t-elle pas notre émerveillement en ouvrant sans cesse de nouvelles portes vers des mondes inconnus?

Avec la participation de :

Yves Gingras, professeur au Département d’histoire de l’UQAM, directeur scientifique de l’Observatoire des sciences et des technologies (OST) et membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) Angela Konrad, dramaturge, metteure en scène et professeure à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. Fondatrice et directrice artistique de la compagnie LA FABRIK, elle organise Les RDV_Art, Sciences et Politique à L'Usine C Robert Lamontagne, astrophysicien, coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec et vulgarisateur scientifique bien connu. Il a reçu le grade de Chevalier de l’Ordre de la Pléiade pour sa contribution à la diffusion de la science auprès du public Christophe Malaterre, professeur au Département de philosophie de l’UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie. Membre fondateur du Réseau montréalais de philosophie des sciences, il est également membre du CIRST Alain Vadeboncoeur, urgentologue, chef du département de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal et vulgarisateur scientifique accompli. Auteur de plusieurs essais, il tient une chronique dans le magazine L’Actualité.

Date et heureJeudi 20 février 2020Ouverture de la billetterie et des portes à 17 h 30Conférence à 18 h

LieuAmphithéâtre (SH-2800) du pavillon Sherbrooke (SH) de l'UQAM200, rue Sherbrooke OuestMétro Place-des-Arts

Gratuit – inscription obligatoire

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Les représentants des médias sont invités à assister à la conférence.

Renseignements, réservations médias et organisation des entrevues Sophie MalavoyDirectrice du Cœur des sciences de l’UQAMTél. : 514 987-3000, poste 4318Courriel : malavoy.sophie@uqam.ca

Source : Rose-Aline LeBlanc, conseillère en relations de presse Division des relations avec la presse et événements spéciaux Service des communications Tél. : 514 987-3000, poste 2248 leblanc.rose-aline@uqam.ca twitter.com/RoseAlineLeBlan

mardi 18 février 2020
Concrete in All its Forms – The fabric-formed constructions of artist and architect Mark West at the UQAM Centre de Design

FRENCH VERSION

Dates: February 20 to April 11, 2020Opening: February 19 at 6 pmCurators: Mark West, in collaboration with Louise Pelletier

February 13, 2020  ̶  The UQAM Centre de Design is presenting Concrete in All its Forms, an exhibition of drawings and enigmatic constructions of artist and architect Mark West. This collection of works inspired by the surrealist world brings together pieces ranging from dreamlike drawings to design of structural, architectural and built elements. All in an installation which makes explicit a remarkable unity of the artist's practice spanning nearly four decades. His work demonstrates the symbiosis of rational and non-rational thought using methods that explore and uncover the poetic and physical potentials hidden in everyday materials.

The exhibitionMark West proposes methods for casting a new language of architectural and structural form, including flexible moulds for columns, walls, beams, slabs, and compression shells, for both pre-cast and in-situ constructions. These are biomimetic constructions that use the mould's flexibility to produce castings that follow more efficient, naturally curved, structural force-paths, producing highly efficient structural shapes, as well as complex curvatures of stunning natural beauty.

This exhibition tells a story about the intelligence of matter and its own spontaneous eruption into form that produces a complex beauty through simple and primitive means. It suggests techniques for finding the unexpected in the ordinary. The scope of the work also demonstrates how creations in disparate scales, modes and materials can inform each other. This intertwined series of subtle and unforeseen prototypes will be of particular interest to passionate makers, struggling with the confines of habit.Concrete in All its Forms retraces the evolution of Mark West’s work from its earliest steps in surrealist paper collages, through his invention of "automatic" drawing techniques. These drawing and collage practices are fundamental to the discovery of ideas relevant to construction, architecture, and structural design.Concrete according to Mark WestFor the past thirty years, Mark West has been pouring concrete in flexible moulds made with simple, flat, un-tailored, sheets of fabric. Replacing conventional rigid mould materials with light flexible fabrics utterly transforms concrete from the brutal and rigid material we know into a sensual and sensitive material, alive to its original wetness and plasticity.

This work has influenced a generation of practitioners across the world who are inspired by the vast potential his methods have unleashed. Architects, engineers, builders, artists, and academics admire his work for its originality, rigour, efficiency and beauty. Central to Mark West's technical work is a practice of speculative and inquisitive drawing.The common thread that binds these disparate techniques together is a search for ways in which matter can be teased into acts of self-formation — guided by human artifice, but actualized by natural forces, events, and material properties. This body of work presents a manner of seeing and understanding the material world that rejects the idea of "dead matter". Instead, matter and form are understood as being always prodigiously active, energized, and alive.

West's insistence on the simplicity of means makes his technical inventions accessible to both low-tech and high-tech building economies and cultures. But this technical simplicity is not merely about being pragmatic. His choice of extreme technical constraints induces a kind of constructive metabolism capable of producing complexity from simple and uncomplicated origins — a hallmark of natural systems. What emerges is a composite form of ‘design’ where willful control and a surrender to natural events occur in the same space at the same time.Biography of artist and curator Mark West

Builder, artist, architectural researcher, and pioneer in concrete exploration, Mark West began his working life as a carpenter, eventually studying architecture at the Cooper Union in New York City, before establishing his thirty year career as a professor of architecture, with appointments in departments of both architecture and civil engineering at universities in North America and Europe. His work in the realms of both art and technical research has received international recognition through numerous publications, lectures and awards. He was the founder of the Centre for Architectural Structures and Technology (CAST) at the University of Manitoba, the first academic research laboratory dedicated to fabric formworks. He is the author of The Fabric Formwork Book (Routledge, 2016). In 2017, he moved to Montreal to established his studio Surviving Logic where he continues his architectural and visual explorations as an independent artist and builder.Surviving LogicPartners

Address and opening hours

 

UQAM Centre de design 1440, rue SanguinetMontréalBerri-UQAM metro

Free admissionWednesday to Sunday, noon to 6 pmInformation514-987-3395centre.design@uqam.cacentrededesign.comFacebook

 

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SourceJulie MeunierPress Relations Officer Press Relations and Special Events Division514 987-3000, extension 1707meunier.julie@uqam.ca

 

jeudi 13 février 2020
Les chemins amoureux des jeunes adultes scrutés dans la thèse de Stéphanie Boisvert diplômée en psychologie de l’UQAM

Montréal, le 13 février 2020 – Le cheminement amoureux n'est pas le même pour tous les adolescents. «Certains vivent leur première relation très tôt, d'autres plus tardivement. Il y en a qui s'investissent déjà dans une relation à long terme, tandis que d'autres préfèrent changer souvent de partenaire amoureux», illustre Stéphanie Boisvert (Ph.D. psychologie, 2018), dont la thèse portait sur les cheminements amoureux entre l'âge de 16 et 24 ans.

L'émergence de l'âge adulte intéresse de plus en plus de chercheurs à travers le monde. «Il s'agit d'une période formatrice où l'on explore les possibilités académiques, professionnelles... et amoureuses», affirme la chercheuse, qui a effectué sa thèse sous la direction du professeur François Poulin, lequel suit depuis plusieurs années une importante cohorte d'adolescents et de jeunes adultes.

Chaque année, de 16 ans jusqu'à 24 ans, les 281 jeunes de son échantillon ont identifié leur(s) partenaire(s) amoureux des 12 derniers mois (ils devaient être en couple depuis au moins un mois). « On leur a demandé le nombre de partenaires ainsi que le nombre d'années en couple pour chacun », précise la chercheuse.

Après analyse, Stéphanie Boisvert a dégagé une typologie des cheminements amoureux: tardif (11,7 %), sporadique (21 %), long terme (48,4 %), fréquent (14,6 %) et intense (4,3 %). «C'est la première fois que le cheminement "intense" est défini dans la littérature, note-t-elle. Contrairement aux études antérieures, nous demandions le nom de chaque partenaire. Nous avons donc pu observer que les personnes de ce groupe ont beaucoup plus de partenaires que les autres, soit environ 11 à 12 pour la période étudiée.»

Fait intrigant, il y avait plus de filles dans ce nouveau groupe. Pourquoi ? «La question a été soulevée lors de ma soutenance de thèse, raconte Stéphanie Boisvert. Il semble que les filles qui veulent multiplier les partenaires sexuels le font sous couvert d'une relation amoureuse. Cela nous indique qu'encore aujourd'hui, il serait plus acceptable socialement pour les garçons que pour les filles de multiplier les aventures sans engagement amoureux.»

Une autre différence de genre a été observée dans le groupe tardif, où l'on retrouve plus de garçons. «En moyenne, ceux-ci vivent leur première relation amoureuse à 20 ans, alors que pour tous les autres cheminements, la première relation amoureuse survient à 16 ans, souligne la chercheuse. Ces amoureux tardifs ne connaissent qu'un seul partenaire et la relation dure environ deux ans.»

Les individus du groupe sporadique, tout comme ceux du profil long terme, ont en moyenne trois partenaires amoureux entre 16 et 24 ans. «La différence est que les premiers sont en couple pendant 5 des 9 années en moyenne, tandis que les seconds, plus impliqués, sont en relation pendant 8 ans, précise Stéphanie Boisvert. Les individus du profil fréquent sont aussi très impliqués amoureusement: ils ont en moyenne 7 partenaires différents pendant 8 ans.»

Habiletés sociales à 12 ansAu début de l'enquête menée par le professeur Poulin, on a questionné les jeunes, à l'époque âgés de 12 ans, à propos de leurs relations familiales et amicales – conflit avec les parents, appréciation par les pairs, retrait social, capacité à nouer des amitiés et relations avec des jeunes de l'autre sexe. «Plus les jeunes se démarquaient à 12 ans par des facteurs positifs sur le plan social, plus ils sont impliqués dans la sphère amoureuse quelques années plus tard, révèle Stéphanie Boisvert. Ainsi, les sujets "intenses", par exemple, avaient plus de conflits avec leurs parents à 12 ans, mais ils étaient appréciés par leurs pairs et avaient de la facilité à nouer des relations avec des jeunes de l'autre sexe.» À l'inverse, les individus arrivés tardivement dans la sphère amoureuse étaient plus retirés socialement à 12 ans, ils étaient moins appréciés par leurs pairs et ils affirmaient avoir plus de difficultés à nouer des amitiés avec le sexe opposé.

Des impacts à 25 ans?Pour le deuxième article constituant sa thèse, la chercheuse a observé ce qui se passait dans la vie de ses sujets à 25 ans, en lien avec leur cheminement amoureux antérieur. «Les résultats révèlent que les cheminements amoureux entre 16 et 24 ans sont associés au rythme avec lequel les jeunes traversent les étapes liées à l'émergence de l'âge adulte, notamment devenir indépendant et être parent, dit Stéphanie Boisvert. Ainsi, les tardifs sont plus nombreux à demeurer chez leurs parents à 25 ans et à être encore aux études.»

Les individus du profil long terme sont plus nombreux à avoir quitté le domicile familial. Le groupe qui travaille le plus d'heures par semaine est celui des intenses... qui sont également plus nombreux à être parents à 25 ans. «Quand on sait que l'âge moyen de la maternité pour un premier bébé au Québec est de 29 ans, c'est surprenant, relève la chercheuse. Donc, plus on change de partenaire amoureux à l'adolescence et au début de l'âge adulte, plus on s'expose à avoir des enfants jeunes!»

Les chercheurs ont été étonnés de constater qu'il n'y avait aucune association significative entre les différents cheminements amoureux entre 16 et 24 ans et la qualité de la relation amoureuse et de l'engagement ressenti en couple à 25 ans. « Cela coupe l'herbe sous le pied à ceux et celles qui aiment se plaindre de leur malchance dans leur cheminement amoureux pour expliquer la piètre qualité de leur relation », note en riant Stéphanie Boisvert.

La cohorte étudiée a atteint 30 ans l'été dernier et une nouvelle collecte de données a eu lieu. «Je compte m'impliquer dans la suite de l'étude car le sujet me passionne», conclut Stéphanie Boisvert, qui est aujourd'hui psychologue en pratique privée et maman d'une petite fille de 8 mois.

Cet article a été publié dans le portail de nouvelles Actualités UQAM, sous le titre Amoureux tardif, Tanguy en puissance! – Les adolescents n'entrent pas tous dans la sphère amoureuse au même moment ni au même rythme

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Stéphanie Boisvert est disponible pour entrevues.

Source : Rose-Aline LeBlanc, conseillère en relations de presse Division des relations avec la presse et événements spéciaux Service des communications Tél. : 514 987-3000, poste 2248 leblanc.rose-aline@uqam.ca twitter.com/RoseAlineLeBlan

jeudi 13 février 2020
La Nuit blanche à l’UQAM le 29 février 2020, un rendez-vous culturel à ne pas manquer

Le 13 février 2020 ─ L’UQAM propose des activités culturelles innovantes et audacieuses pour les noctambules lors de la prochaine Nuit blanche dans le cadre du festival MONTRÉAL EN LUMIÈRE.

Au programme : des expositions à la Galerie et au Centre de design de l’UQAM, des activités artistiques interactives, une installation en lumière, un jeu de mots à grand déploiement et des œuvres inspirées de l’ère des « fake news »

Programmation

Pavillon Judith-Jasmin (J)

La Galerie de l’UQAM sera ouverte de 20 h à minuit pour présenter les expositions d’art contemporain These Rooms of Earth and Stones et Heidi Barkun. LET’S GET YOU PREGNANT ! Des médiateurs seront sur place pour répondre aux questions des visiteurs sur les œuvres exposées et les accompagner dans leur réflexion. Agora du pavillon Judith-JasminDe 20 h à minuit, il sera possible de voir l’œuvre vidéo d’Andrée-Anne Mercier, diplômée en arts visuels médiatiques, qui sera exposée dans le cadre du Festival Art souterrain 2020.

Également dans l’Agora, le duo Inflatable Deities présentera l’installation Mourning of The Living Pass à deux reprises. Cette œuvre d’environ 25 minutes allie projection vidéo, musique et performance.

Centre d’expérimentation et de diffusion des étudiants à la maîtrise en arts visuels et médiatiques (CDEx)Les étudiants de la maîtrise en arts visuels et médiatiques présenteront une série d’activités participatives dans un espace d’expérimentation artistique ouvert au grand public de 20 h à minuit.

Pavillon de Design (DE) et Jardin Sanguinet

Le Centre de design de l’UQAM invitera les visiteurs à participer à une œuvre collective dans le cadre de l’exposition Le béton sous toutes ses coutures présentant les expérimentations architecturales de l’artiste Mark West L’exposition est présentée de 20h à 2 h.

Pavillon de design (2e étage)Les finissants des programmes d’études en design dévoileront l’identité visuelle de l’Annuel de design, une exposition regroupant les travaux des étudiants de premier et de deuxième cycle présentée en mai chaque année. Un bazar regroupant une dizaine d’étudiants et d’artistes sera également organisé pour l’occasion, entre 20 h et 2 h. Des boissons chaudes seront servies gratuitement.

Ruelle du pavillon de designDe 20 h à 2 h, le public est invité à vivre une expérience unique avec Traces presque imperceptibles, une installation permettant d’appréhender de façon métaphorique le lien entre la ville et l’Université. Les visiteurs traverseront différents pavillons, créant un jeu d’ombres et de lumière dans un environnement sonore planant rappelant les décors de films expressionnistes allemands. Une réalisation des étudiants au DESS en design d’événements de l’UQAM.Jardin SanguinetCeci n’est pas une thèse est une activité à grand déploiement à laquelle le public est invité à participer entre 20 h et 2 h. Les visiteurs exerceront leur imagination dans un jeu contre-la-montre en complétant les modèles de titres de fausses thèses. Ils pourront créer des propositions loufoques en empruntant des mots provenant des sujets de recherche existants. Le résultat risque de surprendre. Une réalisation des étudiants au DESS en design d’événements de l’UQAM.

Pavillon Président-Kennedy (PK)

Promenade des ArtistesÀ l’ère des « fake news », discerner le vrai du faux s’avère souvent complexe. Le Projet Faux-semblant, réalisé par les finissants du baccalauréat en communication (création médias - médias interactifs) de l’UQAM, rassemble trois œuvres mettant en scène ce phénomène contemporain. Les œuvres Booth, Di(rec)t et Noticia seront présentées sur la Promenade des Artistes du Quartier des spectacles face au pavillon Président-Kennedy de l’UQAM. Une œuvre sera également projetée sur la façade du même pavillon. Le Projet Faux-semblant est le fruit d’un partenariat de coproduction entre l’UQAM, le Partenariat du Quartier des spectacles et le Festival MONTRÉAL EN LUMIÈRE.

Programmation complète et horaire des activités de l’UQAM : nuitblanche.uqam.ca

Adresses

 

 

 

 

La créativité à l’UQAMSeule université canadienne à offrir des cours dans toutes les disciplines artistiques, l’UQAM comprend également le plus grand pôle francophone de formation en communication au pays. Engagée dans le développement socioéconomique et culturel de Montréal, l’UQAM est une actrice particulièrement novatrice et créative de son milieu. Chaque année, ses étudiants participent à l’animation des espaces publics par des installations architecturales éphémères et des projets de création qu’ils exposent dans le cadre de grands festivals montréalais.

arts.uqam.ca communication.uqam.ca

À propos de Montréal en LumièreTenu pour la première fois en 2000, MONTRÉAL EN LUMIÈRE offre chaque année aux Montréalais et aux nombreux visiteurs des centaines d’activités à dévorer. En tout, ce sont 600 invités issus du monde culinaire de plus de 20 pays qui sont venus, au fil des ans, y célébrer en allant à la rencontre de ce que la gastronomie québécoise a de mieux à offrir : ses chefs, ses producteurs, ses artisans et sa culture culinaire. Le site extérieur de MONTRÉAL EN LUMIÈRE offre une multitude d’activités gratuites pour tous.

À propos de la Nuit blanche à MontréalLa Nuit la plus attendue de l’année. Rien de moins que l’événement qui attire le plus de monde en une journée à Montréal, la Nuit blanche, c’est quelque 300 000 noctambules qui bravent l’hiver pour vivre pleinement une folle aventure urbaine. Afin de mieux plonger dans la Nuit, sautez à bord du métro — exceptionnellement ouvert toute la nuit ! – et explorez quelques-unes des 200 activités culturelles, pour la plupart gratuites, réparties dans plus de 150 lieux à travers la ville. La Nuit promet d’être étonnante !

À propos du Quartier et du Partenariat du Quartier des spectaclesCœur culturel de Montréal, le Quartier des spectacles offre la plus grande concentration et diversité de lieux de diffusion culturelle en Amérique du Nord. Il est animé toute l’année par un grand nombre de festivals et d’événements, lesquels comportent une importante programmation extérieure gratuite. Le Quartier accueille des installations urbaines innovantes qui font appel à des disciplines d’avant-garde comme le design d’éclairage, la création d’environnements immersifs et d’espaces numériques interactifs. Le Quartier présente à l’année des projections de vidéos artistiques sur la façade de plusieurs édifices. Vitrine des nouvelles technologies multimédia, le Quartier des spectacles positionne Montréal comme une référence internationale en matière de diffusion de contenus numériques en milieu urbain.Créé en 2003, le Partenariat du Quartier des spectacles est un organisme sans but lucratif qui regroupe plus de 80 membres actifs sur le territoire. Il veille à l’animation du Quartier des spectacles par la programmation d’activités culturelles, la gestion et l’animation des places publiques, la mise en lumière du Quartier et assure sa promotion à titre de destination culturelle incontournable. Le Partenariat bénéficie du soutien de la Ville de Montréal.

Pour davantage de renseignements, consultez le quartierdesspectacles.com

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SourceJulie MeunierConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presseet événements spéciauxService des communications, UQAMTél. : 514 987-3000, poste 1707meunier.julie@uqam.ca

 

 

jeudi 13 février 2020
Intelligence artificielle (IA), droits humains et genre : quand la technologie discrimine

Montréal, le 12 février 2020 - Dans le cadre de sa maîtrise en droit à l'UQAM, Lucia Flores Echaiz s’est rendue à Paris l’hiver dernier pour effectuer un stage au siège de l’UNESCO. Son mandat : collaborer à la recherche et à la rédaction d’un rapport sur l’intelligence artificielle (IA). L’étudiante s’est chargée, plus particulièrement, du chapitre sur l’IA et les droits humains et de celui sur l’IA et le genre. Des sujets sur lesquels elle avait déjà une longueur d’avance puisque son mémoire, dirigé par le doyen de la Faculté de science politique et de droit, Hugo Cyr, porte sur la discrimination liée à l’intelligence artificielle. Intitulé Piloter l’IA et les TIC avancées pour les sociétés du savoir, le rapport est paru en novembre dernier.

Pour Lucia Flores Echaiz, l’expérience au siège de l’UNESCO a été enrichissante à plus d’un point de vue. «C’était intéressant de voir comment se déroule une recherche dans une organisation internationale, remarque-t-elle. Nous avions une très bonne collaboration entre les cinq auteurs du rapport, mais il fallait composer avec la bureaucratie onusienne et avec la sensibilité de certains États sur des enjeux comme le genre et les communautés LGBTQ+.»

En plus de nourrir sa recherche de maîtrise, le stage s’est avéré une excellente initiation au jeu diplomatique. «Malgré les contraintes, nous disposions d’un espace de liberté pour pousser des choses qui nous semblaient importantes, confie l’étudiante. Par exemple, le chapitre sur le genre, c’était mon idée et j’étais contente d’avoir réussi à la faire accepter.»

Le chapitre sur l’IA et les droits humains porte plus spécifiquement sur les questions qui intéressent l’UNESCO, indique Lucia Flores Echaiz : liberté d’expression, accès à l’information, confidentialité des données et développement des médias, notamment. «Les effets de l’IA sont multiples, observe-t-elle. Ainsi, sur les réseaux sociaux, le microciblage rendu possible par les algorithmes fait en sorte que tout le monde ne reçoit pas la même information. L’exposition des utilisateurs à un pluralisme d’idées s’en trouve affaiblie. Par ailleurs, les systèmes automatisés de modération en ligne utilisés pour bloquer des contenus incitant à la haine et à la violence peuvent aussi engendrer une forme de censure, comme on l’a vu avec des œuvres d’art supprimées de Facebook parce qu’elles contenaient de la nudité.»

Discriminations multiplesDifférentes formes de discrimination peuvent s’exercer à travers les algorithmes, mentionne l’étudiante. Ainsi, le rapport fait état de publicités ciblées qui avaient tendance à proposer des emplois plus prestigieux et mieux payés aux hommes plutôt qu’aux femmes. Dans un autre cas, même si les créateurs de l’algorithme n’y étaient pour rien, on s’est aperçu qu’un logiciel de recrutement accordait moins de valeur aux C.V. provenant de femmes, tout simplement parce qu’il avait été rodé sur la base de C.V. masculins.

«Il peut y avoir des biais introduits par les programmeurs eux-mêmes, mais ce n’est pas si fréquent, dit Lucia Flores Echaiz. Le plus souvent, les biais sont engendrés par les logiciels d’apprentissage automatique (machine learning). Ces logiciels requièrent beaucoup de données pour fonctionner. Or, les données qu’on leur fournit reflètent les nombreux biais discriminatoires que l’on retrouve historiquement dans nos sociétés.»

Les outils utilisant l’IA peuvent être inégalitaires de plusieurs façons. Ainsi, les systèmes de reconnaissance faciale enregistrent leur plus haut taux de succès avec les hommes blancs. Ils fonctionnent beaucoup moins bien avec les visages de femmes noires. Ils peuvent, par ailleurs, s’avérer problématiques pour les personnes transgenres. Pour éviter ce type de discrimination, «il faudrait s’assurer que les systèmes d’IA respectent les critères d’égalité de genre et de diversité dès leurs premières phases de développement», note l’étudiante

Tous les cas de discrimination engendrés par l’IA ne sont pas d’égale gravité. «Les recommandations de films ou de séries biaisées selon le genre (ou d’autres caractéristiques personnelles) d’un outil de divertissement comme Netflix n’ont pas les mêmes conséquences que les résultats d’un logiciel de prédiction de la récidive utilisé pour accorder ou non une libération conditionnelle», observe Lucia Flores Echaiz. Aux États-Unis, ce genre d’algorithme utilisé dans le système carcéral défavorise les personnes noires, auxquelles il accole un plus haut potentiel de récidives.

Survalorisation de l’objectivité de l’IA«On a souvent l’impression que les systèmes d’IA sont plus objectifs que l’humain, remarque l’étudiante. Le rapport met en garde contre la survalorisation de la neutralité et de l’objectivité de ces systèmes, qui peuvent, au contraire, servir à reproduire et à renforcer des inégalités.»

Lucia Flores Echaiz souligne aussi le caractère insidieux des discriminations engendrées par l’IA. «Dans le cas de la publicité, ce n’est pas un logiciel ou un site web en particulier qui est en cause, mais une pratique généralisée consistant à nous exposer à des messages ciblés en fonction de caractéristiques personnelles. Or, on va rarement se plaindre contre des publicités qui nous ciblent!»

Concernant la reproduction des stéréotypes sexuels, le rapport contient également une section sur les assistantes vocales telles que Siri (Apple), Alexa (Amazon), Google Assistant (Google) et Cortana (Microsoft).« Dotées de voix féminines et de personnalités dociles, ces assistantes contribuent à véhiculer des préjugés sexistes», affirme l’étudiante. À titre d’exemple, elle cite une étude qui a porté sur les réponses des assistantes vocales à différents commentaires à connotation sexuelle. À un commentaire carrément insultant (You’re a slut), Siri répondait, jusqu’à ce que ses programmeurs corrigent le tir: I’d blush if I could («Je rougirais si je le pouvais»)!

Dans le même esprit, Lucia Flores Echaiz s’est aussi intéressée aux robots sexuels. Le marché de ces robots (des poupées sexuelles qui parlent à la manière des assistantes vocales) est en pleine expansion, soulevant de nombreuses questions quant à la reproduction des stéréotypes sexuels. Une campagne (Campaign against sex robots) a même été mise sur pied par la professeure d’éthique Kathleen Richardson, de l’Université De Montfort, en Angleterre, pour les interdire, signale l’étudiante. «Nous ne prenons pas cette position, dit-elle. Le rapport propose plutôt une réflexion sur le sujet. Nous croyons qu’il serait possible de développer des robots qui ne reproduiraient pas ces stéréotypes, même si, pour l’instant, ce n’est pas le cas.»

Lucia Flores Echaiz précise que le rapport a été rédigé selon le cadre ROAM (DOAM en français) de l’UNESCO pour l’universalité de l’internet, adopté par les États membres en 2015. Ce cadre prévoit que les questions relatives au développement de l’IA et des TIC avancées sont examinées sous l’angle des droits humains, de la transparence et de l’accès, et que les actions proposées tiennent compte d’une approche multipartite incluant les États membres, le secteur privé, le milieu académique, la société civile et l’UNESCO.

Cet article a d'abord été publié dans Actualités UQAM le 28 janvier 2020.

mercredi 12 février 2020
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