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La vie des choses La Galerie de l’UQAM reçoit l’exposition thématique de l’édition 2019 de MOMENTA | Biennale de l’image

Commissaire : María Wills Londoño, en collaboration avec Audrey Genois et Maude JohnsonDates : 5 septembre – 13 octobre 2019Inauguration : mercredi 4 septembre, 17 h, en présence de la commissaire et de plusieurs artistes

Le 22 août 2019 – Du 5 septembre au 13 octobre 2019, à la Galerie de l’UQAM et à VOX, centre de l’image contemporaine, MOMENTA présente La vie des choses, une exposition thématique prenant la forme d’une double proposition en deux lieux distincts. L’édition 2019 de la biennale propose une percée dans la vie des choses, faisant dialoguer leurs dimensions consuméristes et symboliques. Les œuvres exposées témoignent la pluralité des manières dont les objets sont consommés ou vécus, et ce qu’ils nous disent sur nos façons de vivre et de penser.

Générant une conversation alimentée par les œuvres de vingt-deux artistes, l’exposition thématique conjugue quatre volets : à la Galerie de l’UQAM sont explorés les volets « Objets culturels et culture matérielle » et « Êtres chosifiés ou objets humanisés » ; à VOX sont explorés les volets « L’absurde comme contre-récit de l’objet » et « Nature morte à l’ère de la crise environnementale ».

Les artistesGalerie de l’UQAM : Laura Aguilar (États-Unis), Kader Attia (Algérie/France), Patricia Domínguez (Chili), Chun Hua Catherine Dong (Chine/Canada), Jeneen Frei Njootli (Canada), Gauri Gill (Inde), Jérôme Havre (France/Canada), Keyezua (Angola), Rafael Ortega (Mexique), Victoria Sin (Canada/Royaume-Uni), Cauleen Smith (États-Unis), Camille Turner (Canada)

VOX : Elisabeth Belliveau (Canada), Maeve Brennan (Royaume-Uni), Peter Fischli et David Weiss (Suisse), Felicity Hammond (Royaume-Uni), Anouk Kruithof (Pays-Bas), Taus Makhacheva (Russie), Bridget Moser (Canada), Meagan Musseau (Canada), Juan Ortiz-Apuy (Costa Rica/Canada)

L’expositionAu regard des enjeux de consommation qui caractérisent notre époque, les objets se voient accorder une étourdissante visibilité et deviennent, ironiquement, invisibles en raison de cette accumulation démesurée. Pour son édition 2019, la biennale s’intéresse aux univers qui se construisent entre les individus et leur environnement, elle met en lumière les transferts qui s’opèrent entre sujet et objet.

MOMENTA appelle un dépassement de la polarisation entre symbolique et fonctionnel au sein des économies de l’objet. Pour ce faire, la biennale s’appuie sur quatre volets thématiques, qui permettent d’imaginer différemment les relations entre les êtres humains et les objets. Présentant une déclinaison d’idées liées aux questions de consommation, ces volets entrelacent des pistes variées pour éclairer la lecture des œuvres exposées. Ils permettent d’envisager la complexité des connotations et des résonances que prennent les choses dans les sociétés contemporaines.

Volets présentés à la Galerie de l’UQAMObjets culturels et culture matérielleLa culture matérielle est fondée sur le rapport que les sociétés entretiennent avec les objets qui les entourent, dont l’héritage complexe se révèle dans leurs rôles au sein des systèmes de croyances religieuses et spirituelles, mais aussi, plus largement, au sein de la croyance au produit de consommation.

Êtres chosifiés ou objets humanisésDe nombreux éléments dans le monde des objets servent d’extensions au corps humain. Suivant cette logique, le corps devient objet et l’objet devient corps : on assiste à une marchandisation des propriétés anatomiques – et des personnes – ainsi qu’à une vitalisation du matériel.

À propos de MOMENTAMOMENTA | Biennale de l’image, anciennement Le Mois de la Photo à Montréal, est une manifestation artistique internationale vouée à l’image. Basée à Montréal, la biennale a lieu tous les deux ans depuis 1989. Ses activités comprennent des expositions, des évènements publics, des programmes éducatifs, des collaborations artistiques et sociales, et plus encore. Au cours des huit dernières éditions, la biennale a présenté au-delà de 450 artistes et a rejoint un public s’élevant à plus de 2 millions de personnes. L’édition 2017 de MOMENTA a compté 171 584 visites d’expositions.momentabiennale.com

La commissaireMaría Wills Londoño est chercheuse et commissaire d’exposition. Ses principaux travaux portent sur le caractère instable de l’image contemporaine et offrent des points de vue novateurs sur le visage urbain de l’Amérique latine. Mentionnons entre autres les expositions Urbes Mutantes: Latin American Photography 1944-2013, Latin Fire. Otras fotografías de un continente et Fernell Franco, Cali clair-obscur, présentées à l’International Center of Photography de New York, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, au Círculo de Bellas Artes de Madrid (PHotoESPAÑA), au Centro de la Imagen de Mexico et au Museo de Arte del Banco de la República à Bogotá, où elle a été responsable des expositions temporaires de 2009 à 2014. En 2018, elle développe un projet de recherche visant à recontextualiser la collection du Musée d’art moderne de Bogotá, interrogeant le concept de modernité, et dont la synthèse a pris la forme de l’exposition The Art of Disobedience. Elle a fondé puis dirigé, jusqu’en 2018, le programme Visionarios de l’Instituto de Visión ayant pour mission de mettre en lumière les figures essentielles de l’art conceptuel colombien.

La publicationMOMENTA 2019 serait incomplète sans son catalogue, offert en français et en anglais, coédité avec la prestigieuse maison d’édition allemande Kerber Verlag. Apport substantiel aux expositions, cette publication fait la promotion des artistes et contribue à approfondir le thème en proposant de multiples pistes de réflexion. Elle rassemble des textes inédits signés par Amanda de la Garza (Mexique), Anne-Marie Dubois (Canada), Maude Johnson (Canada), Dominique Quessada (France) et María Wills Londoño (Colombie). Kapwani Kiwanga (Canada/France) et Maryse Larivière (Canada) y présentent chacune une proposition artistique exclusive. Le catalogue sera lancé à l’ouverture officielle de la biennale, le 4 septembre 2019.

MOMENTA Créatif – Activités autour des artistes présentés à la Galerie de l’UQAMLa programmation complète de MOMENTA 2019 réunit 39 artistes en provenance de 20 pays à travers 13 expositions. Elle inclut le programme MOMENTA Créatif, qui comprend une série d’activités éducatives, d’ateliers créatifs et de visites guidées développés en écho au thème de la biennale, pour les groupes, les familles et les individus. Vous trouverez ci-dessous les activités impliquant des pratiques présentées à la Galerie de l’UQAM.

Visites commentées de l’exposition pour les groupesOffertes sans frais, en tout temps. Il est possible d’organiser une visite combinée avec la partie de l’exposition centrale présentée à VOX.Réservations requisesPhilippe DumaineResponsable de la médiation et des communicationsdumaine_allard.philippe@uqam.ca514 987-3000, poste 1424

Performance de l’artiste Maryse Larivière Lors de l’inauguration de la biennaleMercredi 4 septembre, 17 h 30Galerie de l’UQAMEntrée libre

Les objets comme reflets de soiUne initiation destinée à un jeune public à des notions philosophiques, invitant les enfants à prendre la parole et à développer leur pensée en lien avec les concepts d’identité, de représentation de soi et de sentiment d’appartenance.Samedi 21 septembre, 10 h 30 – 12 hDimanche 29 septembre, 10 h 30 – 12 hGalerie de l’UQAMEntrée libre

Décoloniser le genre et troubler la binaritéInvitation à une discussion sur l’histoire du genre d’un point de vue décolonial avec l’artiste Kama La Mackerel. Un échange basé sur les œuvres d’artistes queers, trans, non binaires ou s’identifiant comme femmes, autochtones ou racisées et racisés.Mercredi 25 septembre, 12 h 45 – 14 hMardi 1er octobre, 17 h 30 – 18 h 45Galerie de l’UQAMEntrée libre

Lancement de la publication Le soulèvement infiniAu terme de la circulation internationale de Soulèvements, une exposition signée Georges Didi-Huberman et produite par le Jeu de Paume à Paris, Le soulèvement infini présente l’adaptation montréalaise de ce vaste projet transdisciplinaire. Mercredi 2 octobre, 17 hGalerie de l’UQAMEntrée libre40 $, 317 pages, texte français

L’heure MOMENTA : visites guidéesJeudi 3 octobre, 17 h – 18 h, en françaisSamedi 12 octobre, 14 – 15 h, en anglaisGalerie de l’UQAMEntrée libre

Conférence de l’artiste Jérôme HavreEn collaboration avec le Programme Intervenants Culturels Internationaux (ICI) de l’UQAM Jeudi 10 octobre, heure à confirmerUniversité du Québec à Montréal, local à confirmerEntrée librePlus d’informations sur la médiationJulia Roberge Van Der DoncktCoordonnatrice de l’éducation et du développement des publics, MOMENTAjulia.robergevanderdonckt@momentabiennale.comPhilippe DumaineResponsable de la médiation et des communications, Galerie de l’UQAMdumaine_allard.philippe@uqam.ca

Partenaires

 

Adresse et heures d'ouvertureGalerie de l'UQAMPavillon Judith-Jasmin, salle J-R1201400, rue Berri, angle Sainte-Catherine Est, MontréalMétro Berri-UQAMEntrée libre

Horaire régulier :Mardi - samedi, 12 h - 18 h

Horaire spécial MOMENTA :Mardi - vendredi, 12 h - 18 hSamedi - dimanche, 11 h - 17 h

RenseignementsTél. : 514 987-6150galerie.uqam.ca Facebook / Twitter / Instagram

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Source Julie Meunier, conseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et évènements spéciauxService des communications, UQAMTél. : 514 987-3000, poste 1707meunier.julie@uqam.ca

jeudi 22 août 2019
The Life of Things Galerie de l’UQAM hosts the thematic exhibition of the 2019 edition of MOMENTA | Biennale de l’image

Curator: María Wills Londoño, in collaboration with Audrey Genois and Maude JohnsonDates: September 5 – October 13, 2019Inauguration: Wednesday, September 4, 5 p.m.

August 22, 2019 – At Galerie de l’UQAM and VOX, centre de l’image contemporaine, from September 5 to October 13, 2019, MOMENTA presents The Life of Things, a thematic exhibition in two parts at two locations. The 2019 edition of the biennale proposes a piercing look at the life of things, bringing into dialogue their consumerist and symbolic dimensions. The exhibited works testify to the different ways in which objects are experienced and what they tell us about how we think and live.

Generating a conversation fueled by the works of twenty-two artists, the thematic exhibition meshes four components: at Galerie de l’UQAM, the components “Cultural Objects and Material Culture” and “Thingified Beings or Humanized Objects” are explored; at VOX, centre de l’image contemporaine, the components “The Absurd as Counter-Narrative of the Object” and “Still Life in an Age of Environmental Crisis” are explored.

The artistsGalerie de l’UQAM: Laura Aguilar (United States), Kader Attia (Algeria/France), Patricia Domínguez (Chile), Chun Hua Catherine Dong (China/Canada), Jeneen Frei Njootli (Canada), Gauri Gill (India), Jérôme Havre (France/Canada), Keyezua (Angola), Rafael Ortega (Mexico), Victoria Sin (Canada/United Kingdom), Cauleen Smith (United States), Camille Turner (Canada)

VOX: Elisabeth Belliveau (Canada), Maeve Brennan (United Kingdom), Peter Fischli et David Weiss (Switzerland), Felicity Hammond (United Kingdom), Anouk Kruithof (The Netherlands), Taus Makhacheva (Russia), Bridget Moser (Canada), Meagan Musseau (Canada), Juan Ortiz-Apuy (Costa Rica/Canada)

The exhibitionWith respect to the issues of consumption that characterize the contemporary world, thingified objects are given dizzying visibility even as, ironically, they are rendered invisible by boundless accumulation. For its 2019 edition, the biennale brings out universes that are constructed between individuals and their environment, highlighting transferences that take place between subject and object.

MOMENTA transcends the polarization between the symbolic and the functional in the economies of the object. To this end, the biennale’s four thematic components offer different ways of imagining the relationships between human beings and objects. Encompassing a variety of ideas tied to questions of consumption, these components intersect in various ways to shed light on the works shown. They allow us to envisage the complexity of the connotations and resonances of things in contemporary societies.

Components presented at Galerie de l’UQAMCultural Objects and Material CultureMaterial culture is founded on the relationship that societies have with the objects that surround them, whose complex legacy is revealed in their roles within religious and spiritual belief systems, but also, more broadly, in the belief in consumer products.

Thingified Beings or Humanized ObjectsMany elements in the world of objects serve as extensions of the human body. Following this logic, the body becomes object and the object becomes body: we are witnessing the commercialization of anatomical properties—and of people—as well as the vitalization of the material.

About MOMENTAMOMENTA | Biennale de l’image, formerly Le Mois de la Photo à Montréal, is an international contemporary art biennale devoted to the image. Based in Montréal, the biennale has taken place every two years since 1989. Its activities include exhibitions, public events, educational programs, artistic and social collaborations, and more. Over the last eight editions, the biennale has presented more than 450 artists and attendance has totalled 2 million. There were 171,854 exhibition visits during the 2017 edition of MOMENTA.momentabiennale.com

The curatorMaría Wills Londoño is an art researcher and curator. Her major exhibition projects offer reflections on the unstable condition of the contemporary image and alternative views of urban themes in Latin America. Among the exhibitions she has organized are Urbes Mutantes: Latin American Photography 1944–2013; Latin Fire: Otras fotographías de un continente; and Fernell Franco-Cali Clair-obscur, presented at the International Center of Photography in New York, Fondation Cartier pour l’art contemporain in Paris, Círculo de Bellas Artes in Madrid (PHotoESPAÑA), Centro de la Imagen in Mexico City, Museo la Tertulia in Cali, and the Museo de Arte del Banco de la República in Bogota; she was the temporary exhibition curator at the last institution from 2009 to 2014. In 2018 she developed a research project to recontextualize the collection of the Museo de Arte Moderno de Bogotá to question the concept of modernity, concluding with the exhibition The Art of Disobedience. She founded the Visionarios program of the Instituto de Visión, to highlight important figures in Colombian conceptual art, and was director until 2018.

The publicationMOMENTA 2019 would not be complete without its catalogue, offered in French and English, co-published with the prestigious German publishing house Kerber Verlag. Providing a substantial complement to the exhibitions, this publication promotes the artists and helps to give a deeper look at the theme by offering multiple paths for reflection. It includes previously unpublished essays by Amanda de la Garza (Mexico), Anne-Marie Dubois (Canada), Maude Johnson (Canada), Dominique Quessada (France), and María Wills Londoño (Colombia). In addition, Kapwani Kiwanga (Canada/France) and Maryse Larivière (Canada) each present an exclusive artwork in its pages. The catalogue will be launched at the official opening of the biennale on September 4, 2019.$46, 168 pages, available in French and English

MOMENTA Creative – Activities relating to artists exhibited at Galerie de l’UQAMThe full program of MOMENTA 2019 brings together 39 artists from 20 countries in 13 exhibitions. It includes the MOMENTA Creative program, which offers a host of educational activities, creative workshops, and guided visits, developed in relation to the biennale’s theme, for groups, families, and individuals. You will find below the activities involving practices presented at the Galerie de l’UQAM.

Guided tours of the exhibition for groupsAvailable any time. Can be combined with a visit of the part of the central exhibition presented at VOX.Reservations requiredPhilippe DumaineCultural Mediation and Communications Coordinatordumaine_allard.philippe@uqam.ca514 987-3000, ext. 1424

Performance by artist Maryse Larivière During the biennale’s inaugurationWednesday, September 4, 5:30 p.m.Galerie de l’UQAMFree admission

Objects as Reflections of SelfAn introduction to philosophical notions for young people, encouraging children to speak out and develop their thinking in relation to the concepts of identity, self-representation, and sense of belonging.Saturday, September 21, 10:30 a.m. – noonSunday, September 29, 10:30 a.m. – noonGalerie de l’UQAMBilingualFree admissionReservations requiredDecolonizing Gender Histories & Dismantling the Gender BinaryTake part in a conversation on gender histories through a decolonial lens with artist and educator Kama La Mackerel. The dialogue will draw upon works by queer, trans, non-binary, or self-identifying women artists who are Indigenous or racialized.Wednesday, September 25, 12:45 – 2 p.m.Tuesday, October 1, 5:30 – 6:45 p.m.Galerie de l’UQAMBilingualFree admission

Launch of the publication Le soulèvement infiniLe soulèvement infini marks the end of the international tour of Uprisings, an exhibition organized by Georges Didi-Huberman and produced by Jeu de Paume in Paris, presenting the Montréal adaptation of this vast transdisciplinary project. Wednesday, October 2, 5 p.m.Galerie de l’UQAMFree admission$40, 317 pages, French text

MOMENTA Time: guided toursThursday, October 3, 5 – 6 p.m., in FrenchSaturday, October 12, 2 – 3 p.m., in EnglishFree admission

Talk by artist Jérôme HavreIn collaboration with UQAM’s Programme Intervenants Culturels Internationaux (ICI)Thursday, October 10, time to be confirmedUniversité du Québec à Montréal, room to be confirmedFree admission

More information on the educational program and registrationJulia Roberge Van Der DoncktEducation Programs and Audience Development Coordinator, MOMENTAjulia.robergevanderdonckt@momentabiennale.comPhilippe DumaineCultural Mediation and Communications Coordinator, Galerie de l’UQAMdumaine_allard.philippe@uqam.ca

 Support provided by

 

Address and opening hoursGalerie de l’UQAMJudith-Jasmin Pavilion, Room J-R1201400 Berri, corner of Sainte-Catherine East, MontrealBerri-UQAM MetroFree admission

Regular schedule:Tuesday - Saturday, noon - 6 p.m.

Special MOMENTA schedule:Tuesday - Friday, noon - 6 p.m. Saturday - Sunday, 11 a.m. - 5 p.m.

InformationPhone: 514 987-6150galerie.uqam.ca Facebook / Twitter / Instagram

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Source Julie Meunier, Press Relations OfficerPress Relations and Special Events DivisionUQAM Communications ServicePhone: 514 987-3000, ext. 1707meunier.julie@uqam.ca

 

 

 

jeudi 22 août 2019
Élections fédérales 2019
jeudi 22 août 2019
Les appareils mobiles bousculent les frontières entre travail et vie familiale conclut une professeure de l'UQAM

Le 15 août 2019  ̶  Répondra, répondra pas? C'est l'heure du souper en famille. Même si chacun fait un effort pour être présent, on finit inévitablement par entendre l'alerte annonçant l'entrée d'un texto, d'un courriel ou d'un appel. Qui flanchera le premier: vous ou votre conjoint(e)? «Les comportements que nous adoptons lorsqu'il est question de nos appareils mobiles influencent grandement la satisfaction à l'égard de la relation de couple», observe Ariane Ollier-Malaterre. La professeure du Département d'organisation et ressources humaines de l'ESG UQAM a signé un article à ce sujet dans Frontiers in Psychology.

Ariane Ollier-Malaterre travaille depuis une dizaine d'années sur la notion d'équilibre de vie. «La gestion des frontières entre le travail et la vie familiale est cruciale à cet égard, et se trouve de plus en plus bousculée par les appareils mobiles», souligne-t-elle.

En collaboration avec son collègue Marcello Russo, de l'Université de Bologne, en Italie, la chercheuse s'est intéressée à 104 couples dont les deux individus travaillent et utilisent un téléphone intelligent. «Puisque l'étude a été réalisée en Italie, un pays plutôt traditionnel sur le plan des rôles familiaux, nous nous attendions à ce que l'homme soit très investi au travail et que la femme, même si elle travaille aussi, prenne davantage soin de la famille et s'occupe des tâches domestiques», précise-t-elle. Les réponses obtenues allaient effectivement en ce sens, 79 % des participants ayant désigné la femme comme étant principalement responsable des soins familiaux (à un enfant, à un parent âgé ou à un autre membre de la famille).

Différences entre les genresPour les besoins de l'étude, les chercheurs ont concentré leur analyse sur deux cas de figure: lorsqu'une demande familiale nécessite d'interrompre le travail durant la journée ou, à l'inverse, lorsqu'une activité familiale est interrompue par des impératifs professionnels. «On peut penser à de nombreuses déclinaisons, mais cela peut être aussi simple que de prendre un appel de son conjoint lorsqu'on est au travail ou de vérifier ses courriels professionnels pendant un repas en famille», illustre Ariane Ollier-Malaterre.

De manière générale, les résultats indiquent que la satisfaction à l'égard de la relation diminue si le partenaire interrompt les activités familiales à cause du travail. «Pas de surprise ici, car ce comportement est perçu par le partenaire comme un désintérêt à l'égard de la relation. Inversement, la satisfaction augmente quand le partenaire interrompt son travail pour la famille.»

Les chercheurs ont également noté que les femmes tirent une plus grande satisfaction (quant à leur relation de couple) de voir leur conjoint interrompre son travail pour répondre à une demande familiale. «Les attentes n'étant pas les mêmes selon le genre, les femmes remarquent davantage lorsque les hommes prennent du temps pour le couple ou la famille, explique Ariane Ollier-Malaterre. C'est aussi ce qu'on observe encore dans les parcs en Europe: les papas seuls avec leurs enfants font sensation, alors qu'au Québec, c'est tout à fait normal.»

Une femme italienne qui interrompt son travail pour la famille n'est pas perçue de la même façon, poursuit la chercheuse. «C'est ce qu'on attend d'elle, alors ce n'est pas considéré comme un acte de générosité.» En revanche une femme qui interrompt les activités à la maison pour régler quelque chose concernant son travail fera davantage sourciller. «Si les deux partenaires ont convenu qu'ils partageaient les responsabilités familiales, cela n'affectera pas la satisfaction de l'homme à l'égard du couple, mais autrement c'est un comportement hors norme qui contrevient aux attentes.»

Et au Québec ?Plusieurs personnes sont conscientes de leur gestion des frontières entre le travail et la famille lorsqu'il est question d'appareils mobiles, mais pas nécessairement de son impact sur leur conjoint(e).«On en revient toujours à la communication: il faut clarifier et expliquer nos attentes, autrement cela peut devenir un sujet de discorde», observe Ariane Ollier-Malaterre.

Si la même étude avait été réalisée au Québec, les différences de genre auraient été moins marquées, mais quand même présentes, estime la chercheuse. Ce sont encore les mamans qui se font appeler en premier par l'école ou le service de garde lorsqu'un enfant est malade, et il y a toujours plus de mamans qui attendent leurs enfants à la sortie des écoles, illustre-t-elle. «Même ici, il y a encore du chemin à parcourir en matière d'égalité de genre par rapport aux responsabilités familiales. Cela dit, le Québec a une longueur d'avance. En France, la sortie des classes a longtemps été désignée comme étant "l'heure des mamans". Heureusement, on dit désormais "l'heure des parents"!»

L'article a d'abord été publié dans Actualités UQAM, le 7 janvier 2019.La professeure Ariane Ollier-Malaterre est disponible pour accorder des entrevues dès le 19 août. Vous pouvez la joindre directement par courriel: ollier.ariane@uqam.ca

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SourceJulie MeunierConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et événements spéciauxmeunier.julie@uqam.ca514 987-3000, poste 1707

 

jeudi 15 août 2019
Spécialiste du français acadien le professeur Philip Comeau de l’UQAM a contribué à une capsule des Minutes du patrimoine sur le Grand Dérangement de 1755

Le 15 août 2019 - Le professeur Philip Comeau du Département de linguistique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a participé à titre d'expert à une capsule de la série des Minutes du patrimoine portant sur le Grand Dérangement et les Acadiens. La capsule a été dévoilée à l'occasion de la fête nationale de l'Acadie, le 15 août. «Les concepteurs voulaient recréer la langue parlée autour de 1755 et ils m’ont demandé de les aider», précise le chercheur, dont les travaux portent sur la diversité et l'évolution du français acadien.

La série des Minutes du patrimoine est composée de courts métrages de 60 secondes chacun qui dressent le portrait d'une personnalité canadienne d'importance ou racontent un événement significatif de l'histoire canadienne. Présentées pour la première fois en 1991, ces capsules sont diffusées à la télévision, au cinéma et sur le Web.

Philip Comeau s'est joint au projet en octobre dernier par l'entremise de Melissa O'Neil, qui travaille pour l'organisme Historica Canada, réalisateur des Minutes du patrimoine. «Melissa est une locutrice native d'une variété de français acadien de la Baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, et je l'embauche ponctuellement depuis quelques années pour faire de la transcription d'entrevues dans le cadre de mes recherches», raconte le professeur.

Historica Canada a fourni à Philip Comeau le scénario de la capsule. «Une Acadienne y raconte que ses ancêtres sont venus de France pour se bâtir une meilleure vie. On y voit des bateaux britanniques lors de la prise de possession des colonies françaises et la narratrice explique que les officiers ont séparé les hommes des femmes et des enfants. Ce sont des images dures qui évoquent les tragédies vécues par ces familles brisées. À la fin, une femme plus âgée offre une mise en contexte du Grand Dérangement. Elle conclut en soulignant que malgré ces événements, la culture acadienne persiste dans le Canada atlantique.»

Recréer la langue acadienne parlée il y a plus de 250 ans constituait un défi intéressant, souligne le professeur, qui a d'abord dû sélectionner la variété de français acadien actuelle la plus semblable à celle de l'époque. «Personne ne parle aujourd'hui comme au 18e siècle, précise-t-il. En nous basant sur des travaux antérieurs menés sur le sujet, nous avons retenu les variétés de deux régions acadiennes de la Nouvelle-Écosse reconnues par plusieurs chercheurs comme étant les plus conservatrices.»

Philip Comeau a consulté des études sur le français acadien, mais aussi sur le français européen du 18e siècle. «Certaines formes acadiennes utilisées aujourd'hui existaient en France à cette époque, souligne-t-il. On en retrouve notamment dans des grammaires ou des pièces de théâtre.» À partir de cette littérature, il a travaillé à peaufiner les formes linguistiques du scénario. «J'ai participé à plusieurs échanges pour décider de la prononciation de certaines consonnes et de voyelles, mais aussi pour valider le choix des mots, les structures syntaxiques et les accords verbaux.»

Il a, par exemple, suggéré la prononciation du son «è» en «a», typique du français acadien. Le mot «terres» se prononce ainsi «tarres». On en entend également dans la capsule le «r» apical, dit «roulé», ainsi que le mot «homme» prononcé «houmme» - «un phénomène nommé l'ouisme», précise le chercheur.

La conjugaison au passé simple présente aussi des particularités. «Au lieu de prononcer "les Anglais se décidèrent", la narratrice dit "les Anglais se décidirent", illustre Philip Comeau. Il s'agit d'une forme non standard que l'on ne retrouve pas dans le Bescherelle, mais qui est attestée dans d'autres ouvrages plus anciens en France.» On retrouve également dans la bouche de cette Acadienne de 1755 une ancienne forme de la première personne du pluriel: le «je... -ons», comme dans «J'étions» et «Je vivions».

Philip Comeau est fier du résultat obtenu. «Cet exercice m'a donné l'occasion de rassembler les connaissances que j'ai accumulées au fil de mes recherches afin de recréer, dans la mesure du possible, le français du 18e siècle de la façon la plus authentique qui soit», conclut-il.

Cet article, intitulé Le français acadien de 1755 a été publié dans le journal Web Actualités UQAM, le 15 août 2019.

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Source : Rose-Aline LeBlanc, conseillère en relations de presse Division des relations avec la presse et événements spéciaux Service des communications Tél. : 514 987-3000, poste 2248 leblanc.rose-aline@uqam.ca twitter.com/RoseAlineLeBlan

 

jeudi 15 août 2019
La Journée internationale des gauchers du 13 août sous la loupe d’un expert de l’UQAM

Le 5 août 2019 - Événement annuel et mondial, la Journée internationale des gauchers a lieu depuis 1976 le 13 août, dans l'optique de sensibiliser aux droits des gauchers contre la stigmatisation et la discrimination.

Bertrand Gervais, professeur au Département d'études littéraires de l'UQAM, est l'auteur du livre Un défaut de fabrication: élégie pour la main gauche, publié chez Boréal.

Disponible afin d'aborder différents thèmes en lien avec les gauchers, ses champs d'expertise incluent:

Les gauchers et l'éducation Les gauchers et la création artistique Le travail et les gauchers Les avantages d'être gaucher L'écriture et les gauchers Monsieur Gervais peut être joint directement ou par l'intermédiaire du soussigné.   Bertrand Gervais 514 987 3000, poste 4017 gervais.bertrand@uqam.ca bgervais@me.com  

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Source : Cyrille Batalla, conseiller en relations de presseDivision des relations avec la presse et événements spéciauxService des communications, UQAMTél. : 514 987-3000, poste 7975batalla.cyrille@uqam.ca

lundi 5 août 2019
L'humour et les femmes: une chargée de cours de l'UQAM questionne leur exclusion

Le 24 juillet 2019  ̶  Pas drôles, les femmes? La série «En classe!» s’invite dans le cours Féminismes et culture populaire de Sandrine Galand à l'UQAM. L’humour, souligne Sandrine Galand, est l'une des industries culturelles les plus florissantes, et les femmes en sont, à toutes fins pratiques, exclues. 

Le cours commence par un jeu. «J’aimerais que vous nommiez des femmes qui occupent des rôles principaux au cinéma ou à la télévision», demande la chargée de cours Sandrine Galand (M.A. études littéraires, 2012). Les étudiantes et étudiants (il y en a au moins trois) lèvent la main et suggèrent des noms : Emma Stone, Lupita Nyong’o, Kerry Washington, Keira Knightley, Brie Larson, Anne-Élisabeth Bossé, Florence Longpré, Sarah-Maude Beauchesne, Élise Guilbault, Gina Rodriguez, Laverne Cox… L’enseignante inscrit les noms au tableau et demande à la classe d’indiquer lesquelles, parmi les actrices mentionnées, sont considérées comiques, puis lesquelles font rire plutôt qu’être celles dont on rit…

À chaque étape, Sandrine Galand efface des noms du tableau. À la fin, il n’en reste plus beaucoup, surtout quand elle demande quelles actrices brisent les stéréotypes, de genre ou d’apparence… «Ce petit jeu l’illustre bien, les grands noms de l’humour sont des hommes!», dit l’enseignante.

L’humour, souligne-t-elle, est l'une des industries culturelles les plus florissantes, et les femmes en sont, à toutes fins pratiques, exclues. À preuve, la minime proportion de spectacles féminins au Festival Juste pour rire. À l’opposé, «les humoristes masculins se clonent à une vitesse effarante, au point qu’il devient difficile de les distinguer», note Sandrine Galand en affichant sur sa présentation Powerpoint des photos où Martin Matte et Maxim Martin se ressemblent au point de les méprendre, ce qui déclenche les rires de son auditoire.

Finissante au doctorat en études littéraires (sous la direction de la professeure Martine Delvaux), Sandrine Galand est la première à offrir Féminismes et culture populaire, un nouveau cours mis sur pied par l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF). Récemment interviewée dans La Presse sur Ariana Grande et la nouvelle génération de reines de la pop, cette spécialiste de la culture populaire (collaboratrice de revues telles que Pop en Stock et Liberté) baigne dans son sujet comme un poisson dans l’eau.

La séance d’aujourd’hui, l’une des dernières de la session, porte sur l’humour et le genre. Pourquoi les femmes sont-elles écartées du lucratif marché de l’humour? Pourquoi considère-t-on que les femmes ne sont pas drôles? Le sujet n’a pas été surexploité dans la littérature scientifique («Si ça vous intéresse, il y a de la place!», lance la chargée de cours), mais Sandrine Galand a retenu deux auteures qui se sont penchées sur la question : la classe a été invitée à lire des extraits de L’humour du sexe (2012), de la chercheuse de l’Université de Montréal Lucie Joubert, et de Commando Culotte (2016), de la bédéiste et blogueuse Mirion Malle.

Pourquoi considère-t-on que les femmes ne sont pas drôles?

Le sujet n’a pas été surexploité dans la littérature scientifique («Si ça vous intéresse, il y a de la place!», lance la chargée de cours). 

«Tout ce que l’on associe au féminin n’est pas drôle et le rire est forcément tributaire de choses que l’on attribue au masculin, observe la chargée de cours. En gros, c’est ce qui ressort de l’analyse.» Un article paru en 2007 dans la revue Vanity Fair sous la plume du polémiste Christopher Hitchens soutient exactement cette thèse. Cet article, intitulé Why women aren’t funny («sans point d’interrogation...»), avance trois arguments pour justifier l’absence relative des femmes de la scène humoristique.

Premier argument : les femmes ne sont pas drôles parce qu’elles sont belles. «Comme elles sont déjà convoitées par la gent masculine, les femmes n’ont pas besoin d’être drôles, contrairement aux hommes, qui sont drôles parce qu’ils doivent séduire…»

Deuxième argument : quand les femmes sont drôles, c’est parce qu’elles empruntent les codes masculins de l’humour. Dans les mots de l’auteur, elles sont «hefty, dykey or Jewish» (costaudes, lesbiennes ou juives) ou une combinaison des trois… «Autrement dit, elles se comportent comme des hommes et font rire pour les mêmes raisons (conquérir des femmes) ou alors elles sont juives, mais l’humour juif, prétend-il, est presque masculin par définition.»

Troisième argument : les femmes ne sont pas drôles parce qu’elles sont occupées par un destin plus noble. «Porter et élever des enfants est une chose sérieuse, qui exclut évidemment tout humour…»

Une question de culture

Sur les images du Powerpoint qui défilent, exposant les arguments de Hitchens, Sandrine Galand a ajouté en mortaise des GIFs de femmes humoristes prouvant, au contraire, que «l’humour n’est pas une question de genre, mais bien une question de culture». Dès l’enfance, on encourage les filles à développer des qualités incompatibles avec celles d’un stand-up, fait valoir la chargée de cours. Sur une planche de Commando Culotte, Miron Malle compare les injonctions que reçoivent la jeune femme et le jeune homme en devenir. D’un côté, «sois belle», «sois sensible» et «ne sois pas trop confiante, ça effraie». De l’autre, «sois un gros dur», «sois fort, ça plaît aux meufs», «et si ça marche pas, tu peux toujours être marrant».

«L’humour, ce n’est pas quelque chose que l’on a, c’est quelque chose que l’on apprend», dit Sandrine Galand, citant Lucie Joubert : «Les femmes sont censées être douces et aimables, et le stand-up, on le sait, nécessite une certaine forme d’agressivité, un cran ou une audace qui ont peu à voir avec la gentillesse.L’humour, ce n’est pas quelque chose que l’on a, c’est quelque chose que l’on apprend», dit Sandrine Galand.

«Les femmes sont rarement les sujets qui font rire, elles sont les objets dont on rit», rappelle la chargée de cours. Même Freud l’a démontré («N’allez pas me citer Freud dans vos travaux!», prévient-elle en riant). Dans Le mot d’esprit, le père de la psychanalyse explique que l’humour sert d’exutoire à la frustration sexuelle quand deux hommes s’échangent des grivoiseries sur le dos d’une femme. «En résumé, Freud dit qu’il faut deux hommes pour rire d’une femme», souligne l’enseignante.

Et si une femme s’aventure sur le terrain de l’humour, il lui est difficile d’échapper à certains stéréotypes : celui de la grande gueule, d’une certaine vulgarité… Elle ne doit pas être trop belle, mais pas trop moche non plus. «Pour qu’on la trouve drôle, une femme doit tomber dans l’autodérision, dit Sandrine Galand. Elle doit rire d’elle-même, ou des autres femmes.»

Un gala juste féminin

En 2016, le Festival Juste pour rire propose, à côté de galas consacrés à l’humour absurde ou engagé, un gala «Juste féminin». Dans les communications du festival, on précise que les «filles» (Sandrine Galand souligne l’utilisation du mot «filles» pour désigner les femmes humoristes, alors que l’on parle, bien sûr, des «hommes» quand il s’agit de leurs collègues masculins) ne sont pas tenues de parler de menstruations, mais on leur suggère des thématiques entièrement «féminines».

L’affaire provoque un tollé, au point que l’organisation doit annuler le gala «Juste féminin». «Des femmes humoristes, comme Cathy Gauthier, ont dénoncé ce qu’elles percevaient comme une forme de ghettoïsation de l’humour féminin», rapporte la chargée de cours.

Humour féministe

Pour Sandrine Galand, l’humour qui se veut féministe échappe à la binarité sur laquelle repose l’humour traditionnel. «Après la pause, nous allons visionner des extraits de spectacles de deux humoristes féministes qui déconstruisent les codes de l’humour dont on a discuté jusqu’à maintenant», annonce-t-elle.

La première, l’Américaine Tig Notaro, est reconnue pour son humour pince-sans-rire. Dans son spectacle Boyish Girl Interrupted, elle raconte une série de malheurs qui l’ont frappée, dont un cancer bilatéral qui a forcé l’ablation de ses deux seins (non suivie par une reconstruction). Cette humoriste à l’apparence androgyne n’hésite pas à faire de l’humour avec ses attributs féminins, particulièrement dans un passage où elle raconte la réaction d’une douanière qui doit la fouiller et qui ne sait plus si elle a affaire à un homme ou à une femme. Un peu plus loin, elle va jusqu’à se dénuder dans un striptease déroutant, enlevant sa veste et sa chemise pendant que le public, jouant le jeu, la siffle pour l’encourager.

«Le fait qu’elle continue ensuite à donner son spectacle pendant 30 minutes, torse nu, sans que sa nudité ne soit le sujet de la performance, opère un renversement par rapport à la représentation traditionnelle de la nudité féminine, observe Sandrine Galand. Sans seins, avec ses cicatrices, elle devient une représentation d’une féminité imparfaite, hors norme, qui déconstruit la vision codifiée, sexualisée, binaire que nous avons du féminin.»

Quand, à la toute fin du spectacle, l’humoriste invite le public à la toucher – «Touch me, I’m just a person!» –, elle déconstruit encore davantage cette binarité, poursuit la chargée de cours. «En répétant plusieurs fois "I’m just a person", ellle montre qu’elle n’a pas à être "le" féminin ou "le" masculin, et se donne le droit d’être un féminin autre.»

Un humour douloureux

Le cours se termine avec un extrait de Nanette, un spectacle de l’Australienne Hannah Gadsby, qui remet en cause la mécanique de l’humour traditionnel. «Ce spectacle illustre comment cet humour peut devenir douloureux», dit Sandrine Galand.

L’humour est constitué de deux moments: la tension créée par l’humoriste et le punch line. Or, l’expression le dit, il y a de la violence dans le punch line. Dans son spectacle, Hannah Gadsby, qui est lesbienne, confie qu’elle a fondé toute sa carrière sur l’autodérision et qu’elle n’a plus envie de se faire violence. Pour faire rire, raconte-t-elle, elle a changé son histoire, gardant pour elle la souffrance liée à l’homophobie, aux stéréotypes, aux insultes. Après le punch line, il y a dans la vie réelle un troisième moment qui n’est pas forcément drôle, explique-t-elle, et c’est ce dont elle va parler dans ce spectacle.

«Nanette, c’est plus qu’un spectacle, c’est une lettre ouverte», dit une étudiante. «Tout à fait, renchérit Sandrine Galand. C’est un essai qu’elle propose. L’humour sert ici à amener autre chose, à questionner ce qu’est l’humour et ce que peut être l’humour féministe.»

«C’est parce que cette réflexion métatextuelle prend la forme d’un spectacle d’humour, avec son point de bascule où le propos devient politique et presque tragique, que cela vient autant nous chercher», souligne un étudiant. «L’humour met les gens en confiance : si cela avait été présenté comme un discours politique, il n’y aurait certainement pas eu autant de visionnements sur Netflix», ajoute une autre.

Dans la classe, suit une discussion sur le risque qu’un tel spectacle produise un ressac par rapport au féminisme. «Il y aura toujours des spectacles plus consensuels, dit Sandrine Galand. Mais, il y a 10 ans, un spectacle comme celui d’Hannah Gadsby ou de Tig Notaro n’aurait pas été possible. Comme on l’a dit souvent dans ce cours, je pense qu’il faut une pluralité des discours dans l’espace public, comme il y a une pluralité des féminismes, pour que les choses continuent à bouger.»

L'article a d'abord été publié dans Actualités UQAM le 16 avril 2019.

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SourceJulie MeunierConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et évènements spéciauxmeunier.julie@uqam.caTél. : 514 987-3000, poste 1707

 

mercredi 24 juillet 2019
Architecture et design graphique : le Centre de design de l’UQAM présente sa programmation 2019-2020

Le 23 juillet 2019 ─ L’architecture, le design urbain et le design graphique seront mis de l’avant pour la programmation 2019-2020 du Centre de design de l’UQAM.Le Centre ouvrira sa saison culturelle avec l’exposition Entre-deux : Ferrier Marchetti Studio ‒ une architecture de la résonance. Les commissaires Pauline Marchetti de l’agence FMS et Philippe Lupien, professeur à l’École de design de l’UQAM, veulent faire connaître une pratique exploratoire contemporaine.En novembre, le Centre de design fait place à l’exposition Le design graphique, ça bouge! Montée dans le contexte du 50e anniversaire de l’UQAM par les commissaires Marc H. Choko, en collaboration avec Louis-Charles Lasnier, l’exposition présente plusieurs projets phare des quelques dernières années en plus d’offrir une une mise en perspective des développements les plus significatifs dans le domaine à partir d’une sélection des productions ayant marqué l’histoire du graphisme au Québec durant les cinq dernières décennies.Au programmeEntre-deux : Ferrier Marchetti Studio ‒ une architecture de la résonanceDates : 19 septembre au 27 octobre 2019Vernissage : 18 septembre à 18 h Commissaires : Pauline Marchetti et Philippe Lupien

Le Centre de design de l’UQAM présente le travail des agences Jacques Ferrier architecture et Sensual City Studio regroupées désormais sous le nom de Ferrier Marchetti studio dans l’exposition Entre-deux : Ferrier Marchetti Studio – une architecture de la résonance. Conçue par Pauline Marchetti avec la collaboration de Philippe Lupien, l’exposition est ancrée dans une volonté de reconsidérer les infrastructures urbaines et l’architecture sous l’angle du développement durable et l’importance des sens dans la ville. Ferrier Marchetti Studio insiste sur l’urgence de placer l’homme au cœur de tout nouveau projet. « Nous prenons au sérieux la question des sens en architecture et nous mettons au premier plan la place du corps dans la ville. L'expérience quotidienne des citadins est au centre de notre façon de penser. Le plaisir du vécu des villes et des bâtiments est une valeur essentielle de notre expérience urbaine ».

Cette exposition propose les multiples formes que peut prendre l’expérience de l’urbain lorsque le sens s’appuie sur les sens. Comme le dit le philosophe Harmut Rosa dans son livre Résonance : « Tout dans la vie dépend de la qualité de notre relation au monde, c’est-à-dire de la manière dont les sujets que nous sommes font l’expérience du monde et prennent position par rapport à lui, bref de la qualité de notre appropriation du monde ».Or, la ville fonctionnelle, par son désir de contrôle absolu des atmosphères et des ambiances, produit des espaces aseptisés et décontextualisés. La ville sans qualité est partout et la capacité des habitants à s’approprier la ville est menacée. Ainsi, FMS propose de repenser radicalement le rôle de l’architecture et de la technique comme un moyen d’alléger la pression, de redonner à chacun la possibilité d’avoir une expérience unique, riche et sensible de la ville. « L'urbanisme géométrique doit céder la place à la ville sensuelle ».Comme l’indiquent les architectes et urbanistes Jacques Ferrier et Pauline Marchetti : « Nous ne voulons pas nous limiter à la conception d’objets, mais mettre en place les multiples relations que ces objets sont susceptibles de créer. Il s’agit de susciter des entre-deux à toutes les échelles, d’inventer une architecture de la résonance ».Le travail des étudiants résultant de l’atelier de design international qui s’est tenu en mai 2019 à l’École de design sous la direction de Jacques Ferrier, sera également exposé. Dans le contexte de cet atelier, les étudiants ont abordé la notion de seuil, un espace d’articulation, un entre-deux qui ne se laisse déterminer ni par un côté ni par l’autre. L’architecture internationale s’est débarrassée des seuils devenus obstacles à une logique entièrement fonctionnelle et vouée à la mobilité continue. Pourtant les seuils nous sont nécessaires. Ils permettent de créer des séquences d’ambiances variées qui sont autant de possibilités d’expériences individuelles, de vie collective et d’appropriation.Le design graphique, ça bouge!Dates : 14 novembre 2019 au 2 février 2020Vernissage : 13 novembre 2019 à 18 hCommissaires : Marc H. Choko, en collaboration avec Louis-Charles Lasnier

Artistes et designers Aatoaa, Akufen, Atelier Chinotto, Atelier Louis-Charles Lasnier, Atelier Presse-Citron, Bang-Bang, Benoit Giguère, Benoit Tardif, By Haus, Bye Bye Bambi, Caserne, Champagne Club Sandwich, Cindy Boyce, Compagnie et Cie, Conifère, Cossette, Criterium, Denis Dulude, Deux Huit Huit, Elizabeth Laferrière, Featuring, Feed, Folklore, Georges Labrecque, GSM project, Isabelle Arsenault, Janice Nadeau, Julien Hébert, Karim Charlebois-Zariffa, Kuizin Studio, Lacava Design, Laurent Pinadel, lg2, Lino, Mélanie Crespin, Nicolas Ménard, Nouvelle administration, Olivier Charland, Panache, Paprika, Pierre Léonard, Ping Pong Ping, Polygraphe, Principal, Salamander Hill Design, Sébastien Lépine, Sid Lee, Stéphane Huot Design, STM, Urbania, Vallée Duhamel et Wolfgang Animation.Le Centre de design propose un panorama exceptionnel du design graphique québécois à travers les réalisations d’une cinquantaine de ses meilleures agences, dont une majorité compte des diplômés de l’UQAM. Art appliqué, art de commande, le design graphique n’en demeure pas moins un art à part entière, dont les manifestations multiformes se déploient au cœur de notre quotidien. Les projets retenus pour cette exposition le démontrent avec éclat.Domaine de création en pleine ébullition, le design graphique a vu ses possibilités exploser avec l’évolution des moyens technologiques mis à sa disposition. C’est un secteur qui évolue et se transforme à grande vitesse, tout en intégrant de plus en plus d’images en mouvement. Au 21e siècle, le design graphique, ça bouge!L’exposition illustre les divers aspects de cette évolution à travers les nombreuses déclinaisons du design graphique appliqué au multimédia : sites web, jeux vidéo, génériques de films et d’émissions de télévision, animations publicitaires. Le design graphique comme élément d’architecture urbaine est également représenté : signalétique, parcours multimédias, projections murales, etc. Finalement, on y trouve une sélection des meilleurs projets imprimés des dernières décennies : livres, journaux, brochures, affiches, emballages et autres images de marque. Un livre du même titre, Le design graphique, ça bouge! publié aux éditions Somme toute, accompagne l’exposition.Adresse et heures d’ouverture1440, rue SanguinetMétro Berri-UQAMEntrée libre Mercredi au dimanche entre midi et 18 h

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SourceJulie MeunierConseillère en relations de presseDivision des relations avec la presse et évènements spéciauxmeunier.julie@uqam.caTél. : 514 987-3000, poste 1707

 

 

 

 

mardi 23 juillet 2019
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