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Le 6 janvier 2022 − Plusieurs musiciens qui enseignent à l'Université du Québec à Montréal (UQAM)  font partie d'un ensemble, d'un orchestre ou d'un groupe en parallèle avec leur carrière universitaire. « Mon orchestre, c'est Vibe Avenue », affirme le professeur du Département de musique Mathieu Lavoie à propos du studio de musique et de conception sonore pour jeux vidéo qu'il a cofondé en 2013 avec François-Xavier Dupas.

Depuis sa création, Vibe Avenue a contribué à une centaine de projets de jeux vidéo en collaboration avec une vingtaine de studios à Montréal et à Québec, mais aussi à l'international, notamment aux États-Unis, en France, en Irlande, en Chine, en Turquie, en Pologne et au Pakistan.

Les débuts de l'aventure
Mathieu Lavoie n'est pas un nouveau venu dans l'univers du jeu vidéo: à 18 ans, il a cofondé le studio Beenox, à Québec. « J'ai vendu mes parts trois ans après la création de l'entreprise, car je voulais poursuivre mes études en musique à Montréal », raconte-t-il.

Alors qu'il est doctorant et chargé de cours à l'Université de Montréal, en 2009, on lui offre de monter le premier cours sur la musique de jeux vidéo au Canada. Un défi se pose, toutefois: il n'existe pas, à l'époque, de captures d'écran de jeux vidéo pour illustrer son propos. « J'ai embauché François-Xavier Dupas comme auxiliaire d'enseignement. Il était payé pour jouer à des jeux vidéo chez moi en faisant des captures d'écran pour alimenter une banque d'exemples pour mon cours. »

Les deux chercheurs s'entendent bien et décident de tenter leur chance dans l'univers de la musique pour jeux vidéo en créant Vibe Avenue au début de l'année 2013. Le succès ne se fait pas attendre. « Notre premier contrat pour le jeu Big Action Mega Fight (Double Stallion Games) nous a valu un prix Best Audio dans le cadre de Casual Connect USA, en 2014, à San Francisco », raconte Mathieu Lavoie.

Chargé de cours au DESS en musique de film, Mathieu Lavoie obtient un poste de professeur au Département de musique de l'UQAM à la fin de l'année 2013, pendant que Vibe Avenue prend son envol. Presque neuf ans après sa création, l'entreprise installée à Verdun compte une quinzaine d'employés et plusieurs pigistes.

Cinéma vs jeux vidéo
Avant de s'investir dans l'aventure Vibe Avenue, Mathieu Lavoie, qui compte quelques œuvres de concert à son actif, a composé la musique de plusieurs films et publicités. Il a même fait paraître Le petit guide pour les nouveaux musiciens du cinéma (SPACQ, 2008). Il est donc bien placé pour comparer la composition pour le 7e et le 10e art. « Dans un film, tout est prévisible et on compose de façon linéaire à partir de ce que l'on voit, note-t-il. Pour faire la musique d’un jeu vidéo, on doit tenir compte de l'interactivité et de l'imprévisibilité. C'est comme faire un casse-tête qui se réassemble au fur et à mesure selon différents paramètres! »

L'autre grande différence, c'est la durée: un film est circonscrit dans le temps, tandis qu'une séance de jeu vidéo peut durer 2, 6, 8, voire 20 heures, selon le joueur. « La trame sonore doit être suffisamment variée pour que l'expérience du joueur demeure intéressante », précise le compositeur.

« Pour faire la musique d’un jeu vidéo, on doit tenir compte de l'interactivité et de l'imprévisibilité. C'est comme faire un casse-tête qui se réassemble au fur et à mesure selon différents paramètres! »

L'investissement en temps n’est pas le même. « Le compositeur de musique de film travaille en postproduction pendant quelques semaines une fois le film monté, tandis qu'en jeu vidéo, nous accompagnons parfois les créateurs du jeu pendant deux ou trois ans. Il y a plusieurs moments, en cours de route, où les développeurs partagent l'évolution de leur jeu, mais au début, on travaille souvent à l'aveugle, à partir d'images conceptuelles du jeu. »

Contrairement au film, le scénario du jeu vidéo s'écrit souvent pendant la production, précise Mathieu Lavoie. « Composer la musique quand on ne connaît pas la trame narrative est un défi. Nous posons beaucoup de questions aux développeurs, et parfois notre rôle sert de catalyseur pour propulser certaines ressources ou même influencer le jeu. »

« Nous posons beaucoup de questions aux développeurs, et parfois notre rôle sert de catalyseur pour propulser certaines ressources ou même influencer le jeu. »

Ce fut notamment le cas pour le jeu Omensight (Spearhead Games). « Les créateurs souhaitaient que l'un des personnages ait un instrument de musique, illustre-t-il. Or, dans mon cours d'histoire de musique de film, j'analyse le rôle narratif de la balalaïka dans Docteur Jivago. J'ai proposé aux créateurs du jeu d'utiliser cet instrument et ils ont modelé la balalaïka de leur personnage sur celle que j'avais fait venir directement d'Ukraine. »

Travailler avec de véritables musiciens
Multi-instrumentiste formé en chant classique, en guitare, en piano et en flûte, Mathieu Lavoie préfère travailler le plus souvent possible avec de véritables musiciens plutôt qu'utiliser des sons synthétiques. « J'adore faire des séances d'improvisation dirigée avec un instrumentiste, en lui soumettant une idée de base qu'il ou elle peut pousser plus loin afin que cela débouche sur un motif musical qui fonctionne avec l'effet recherché dans le jeu », explique-t-il.

La curiosité du professeur pour les sonorités et les instruments de musique de toutes sortes est manifeste. « J'ai une collection de flûtes de tous genres et même si je n'ai aucune formation en instrument à cordes frottées, j'ai acheté un violoncelle, un alto, un morin khuur, qui est un violoncelle mongol, et un erhu, qui est une espèce de violon chinois. Je ne sais pas trop comment on joue de tous ces instruments, mais je les utilise pour expérimenter d'autres sonorités. »

La formation au DESS en musique de film
Même si Montréal est considérée comme une plaque tournante en matière de création de jeux vidéo, rares sont les étudiantes et les étudiants du DESS en musique de film qui manifestent un intérêt marqué pour la composition musicale pour jeux vidéo lors de leur inscription au programme. « Nous enseignons la création de musique de jeu vidéo en fin de parcours au DESS, une fois que les bases sont maîtrisées pour la musique de film, et c'est à ce moment que l'on peut voir poindre un intérêt pour ce domaine », précise Mathieu Lavoie, qui est responsable du programme et de l'École préparatoire de musique de l'UQAM.

Plusieurs de ses étudiants et diplômés travaillent ou ont travaillé chez Vibe Avenue depuis la création du studio. « Un compositeur vivant à Los Angeles ne se pose pas la question: il tente sa chance dans le milieu du cinéma. Le réflexe devrait être le même pour les jeux vidéo à
Montréal! »

Cet article a d'abord été publié dans Actualités UQAM le 9 décembre 2021.

Le professeur du Département de musique, Mathieu Lavoie, est disponible pour accorder des entrevues et peut être contacté directement par courriel: lavoie.mathieu@uqam.ca.

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Source
Julie Meunier, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications, UQAM
Cell. : 514 895-0134
meunier.julie@uqam.ca

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