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Communiqués de presse

Commissaire invitée : Bénédicte Ramade
Artistes : Maryse Goudreau, Kelly Jazvac, Clara Lacasse, Jessica Slipp
Commissaire générale : Louise Déry, en collaboration avec Anne Philippon et Philippe Dumaine
Date : Dès le 11 mars 2021
Inauguration en ligne : jeudi 11 mars 2021

Le 18 février 2021 – La Galerie de l’UQAM dévoile Temps longs, le quatrième et dernier chapitre de son projet virtuel QUADrature conçu spécifiquement pour l’écran. Sous le commissariat de Bénédicte Ramade, l’exposition présente le travail des artistes Maryse Goudreau, Kelly Jazvac, Clara Lacasse et Jessica Slipp, et examine les différentes temporalités – de pause, d’accélération, de décélération – auxquelles sont soumis l’humain et son environnement. La Galerie s’associe de nouveau avec le studio de design montréalais LOKI pour le graphisme Web.

L’exposition
Les temps de l’Anthropocène, ère de l’agentivité géologique de l’humanité, sont des temps longs, profonds, paradoxaux aussi, car ils sont autant forgés et canalisés par des siècles d’exploitation qu’ils sont imprévisibles. Leurs effets erratiques déstabilisent toujours plus rapidement le cours des civilisations. Avec la pandémie, le temps des humains s’est ralenti, tandis que celui du système terrestre a continué sa course affolée. Une disjonction qui sous-tend les projets auxquels quatre artistes ont voué une partie de leur existence. Ces temps longs sont ceux de l’ascèse scientifique, de l’imprégnation avec son sujet, de l’éthique de la recherche et du respect environnemental, lesquels s’accordent mal avec la temporalité vive de la crise. Le temps long, c’est celui de la responsabilité vis-à-vis de son objet de création.

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Maryse Goudreau se consacre depuis une décennie au béluga, cette créature fascinante, étrange et presque magique, encore mystérieuse pour beaucoup. Elle est partie sur ses traces, a sondé « l’histoire sociale » qui s’est développée à partir du mammifère marin et a gravité sur des territoires qui ont échappé à leur destin.

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Kelly Jazvac a arpenté les rivages de Kamilo Beach (Hawaï) avec la géologue Patricia Corcoran et l’océanographe Charles Moore pour y collecter des spécimens de « plastiglomérats », cette nouvelle catégorie minérale issue de la l’accumulation de débris marins et de déchets plastiques. Sa collection déjoue ainsi les classifications esthétiques et scientifiques par la fusion du naturel et du culturel.

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Jessica Slipp en est à sa quatorzième performance filmée au cours de laquelle elle se fait modestement pierre, suivant un protocole qu’elle transporte à travers des paysages tantôt industriels, tantôt agricoles, tantôt naturels, brouillant un peu plus les distinctions catégorielles du terrestre.

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Clara Lacasse a photographié les espaces du Biodôme pendant la rénovation des lieux, un temps de pause pour cette zone de conservation, alors que ses habituels pensionnaires sont absents. Gît devant l’objectif de la caméra un espace vivant sous assistance, en cours d’actualisation, qui se scénarise progressivement pour devenir un milieu de vie suivant une vision scientifique et spectatorielle.

Les temps longs de ces quatre artistes composent l’étendue de ce projet, de vidéos en dispositifs visuels, de photographies en spécimens. Ces temporalités se heurtent à celle, fugace et transitoire, de l’exposition. Comment transiger avec le moment de la visite et le temps profond de la Terre et de la responsabilité environnementale ? Comment le temps numérique s’ouvre-t-il sur le temps de l’introspection que convoque l’Anthropocène ? Car, après tout, cette Terre est résolument un bien commun et demande de s’y inscrire personnellement afin d’en faire une œuvre collective et politique. Les temps de notre ère sont aussi lents qu’ils s’emballent, ils conjuguent l’obsolescence et l’infini, exacerbant une temporalité douloureusement sensible pour l’humanité qui veut l’assumer.

À propos de la commissaire
Bénédicte Ramade est historienne de l’art, critique et commissaire indépendante. Elle a consacré son doctorat à une réhabilitation critique de l’art écologique américain et, depuis 2016, ses recherches sont axées sur l’anthropocénisation des savoirs et des œuvres. En 2016, elle dirige The Edge of the Earth. Climate Change in Photography and Video, catalogue de l’exposition éponyme produite avec le Ryerson Image Centre à Toronto. En 2019, elle inaugure la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement avec l’exposition thématique Apparaître-Disparaître. Elle rédige actuellement Vers un art anthropocène. L’art écologique américain pour prototype, refonte actualisée de sa thèse pour Les presses du réel. Elle est chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université de Montréal, après avoir enseigné pendant une décennie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

À propos des artistes
Maryse Goudreau est une artiste multidisciplinaire née à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, qui vit à Escuminac, en Gaspésie. Elle a toujours évolué en Mi'kma'ki, le territoire ancestral Lnu’k (Mi’kmaq). Elle réalise des œuvres où se croisent images, documents, gestes participatifs. Hybride, sa création traverse la photographie mais aussi l’essai interactif, les dispositifs immersifs, l’art actif et sonore. Elle investit le champ de l’art à portée sociale avec plusieurs projets participatifs dans la péninsule gaspésienne, comme Manifestation pour la mémoire des quais et Festival du tank d’Escuminac – première et dernière édition. Au cours des dernières années, elle a exposé à la Biennale de Venise (Pavillon du Centre PHI de Montréal, 2019), au centre d’art Dazibao (Montréal), à la Galerie Leonard & Bina Ellen (Montréal), au Museo de la Cancillería / Instituto Matías Romero (Mexico), à VU – Centre de production et de diffusion de la photographie (Québec), à l’Annenberg Space for Photography (Los Angeles, É.-U.), au Centre Bang (Chicoutimi) et au Centro de Arte Contemporáneo Wifredo Lam (La Havane, Cuba). Maryse Goudreau a remporté plusieurs prix, dont le prix Lynne-Cohen (2017), décerné en partenariat avec le Musée national des beaux-arts du Québec. Ses œuvres font partie de plusieurs collections, notamment celle du Musée des beaux-arts de Montréal.
marysegoudreau.com

Kelly Jazvac est une artiste canadienne établie à Montréal. Elle fait également partie d’une équipe de recherche sur la pollution plastique appelée The Synthetic Collective, qui comprend des scientifiques, des artistes, des historiennes et historiens de l’art, des philosophes ainsi que des autrices et auteurs. Les travaux de ce groupe de recherche ont une grande influence sur la pratique artistique de Jazvac. Elle expose actuellement au Musée d’art contemporain de Montréal, au Museum of Modern Art de New York et au Centre d’art de l’Université de Toronto. Elle a exposé récemment à l’Eli and Edythe Broad Art Museum (East Lansing, Michigan), au Centre d’art contemporain du château Ujazdowski (Varsovie) et à la galerie Fierman (New York). Son travail a été commenté dans le National Geographic, le e-flux Journal, Hyperallergic, Art Forum, The New Yorker, Canadian Art Magazine et The Brooklyn Rail. Ses recherches collaboratives associant l’art et la science ont été publiées dans des revues scientifiques telles que Nature Reviews, GSA Today et Science of the Total Environment.

Clara Lacasse est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts avec une majeure en photographie de l’Université Concordia. Elle s’inspire de la construction des récits liés à l’Histoire, à la nature, aux sciences et à l’imaginaire collectif. Au travers d’un travail axé sur l’image photographique, elle soutient une réflexion critique sur les représentations engendrées par la culture visuelle et sur l’image comme instrument de connaissance et de pouvoir. Ses projets sont souvent le fruit de collaborations avec des organismes scientifiques, médicaux, juridiques ou culturels. Par ces partenariats, elle témoigne du dialogue complexe entre science et culture en remettant en question les vérités qui leur sont propres. En 2019, Clara Lacasse participe à une résidence de recherche-création à Fermont dans le cadre de la programmation du centre d’artistes autogéré PANACHE art actuel (Sept-Îles) et est récipiendaire d’une bourse de soutien au développement octroyée par VU Photo. En 2021, la Galerie d’art Desjardins (Drummondville) présente la première exposition solo de l’artiste.

Jessica Slipp est titulaire d’une maîtrise et d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia. Son travail explore la relation complexe entre le corps et la transformation de la terre. Elle s’intéresse dans ce que l’on voit, ce que l’on remarque et comment nous percevons les choses : les manières dont le lieu et l’identité sont ancrés dans le territoire et la connexion entrecroisée et intrinsèque que l’on partage avec le monde, des particules qui le composent aléatoirement à la nature que nous incarnons. À travers sa pratique, elle propose de nouvelles perspectives vers un engagement plus bienveillant et compatissant avec le monde, et cherche de nouvelles façons de raviver la relation fondamentale entre corps et terre. À l’occasion de diverses expositions de groupe, ses œuvres ont été montrées à travers le Canada et en Suède. Elle présentera prochainement des expositions solos à la Neutral Ground Artist Run Centre (Régina, Sk, 2021) et à la FOFA Gallery (Montréal, Qc, 2022).
jessicaslipp.com

Activité publique
Inauguration virtuelle du volet IV
Jeudi 11 mars 2021, heure à déterminer
En ligne
En français et en anglais
Entrée libre

Le public est invité à se joindre à la commissaire Bénédicte Ramade, aux artistes et à l’équipe de la Galerie de l’UQAM pour souligner la mise en ligne de Temps longs et en apprendre plus sur l’initiative QUADrature.

Le projet QUADrature
QUADrature est inspiré de l’œuvre Quad (1980), de Samuel Beckett, une pièce écrite pour la télévision et mettant en présence quatre interprètes qui parcourent une scène quadrangulaire en effectuant différents trajets latéraux et diagonaux rigoureusement déterminés. Présentée pour la première fois en 1981 sous la direction de l’auteur, la pièce se caractérise par une facture sobre, dépouillée, voire abstraite; toutes les combinaisons possibles de déplacement sont exécutées par les quatre silhouettes anonymes qui évoluent d’abord seules, et qui finissent par se trouver réunies, se croisant sans se toucher, laissant le centre de la scène vide à tout instant. Le scénario original déployé lors de la première itération transmise par la télévision allemande a ensuite connu quelques variables, établies par Beckett lui-même.

Il faut noter l’impressionnante résonnance qu’offre cette œuvre de Beckett avec la situation de pandémie mondiale que nous connaissons en ce moment. Du côté de Quad : l’écran télévisuel, le confinement à une surface précise, l’anonymat, les visages dissimulés, la répétition des parcours; du côté du contexte ayant motivé le projet QUADrature : l’écran numérique, le port du couvre-visage, les promenades routinières restreintes à des secteurs précis, la distanciation et l’absence de contacts physiques. Entre deux personnes, le centre est toujours vide. Beckett l’a qualifié de « zone de danger ».

Avec l’aide d’Anne Philippon et de Philippe Dumaine de la Galerie de l’UQAM, la directrice Louise Déry a imaginé QUADrature pour quatre commissaires invité·e·s à développer un volet du projet impliquant chacun quatre artistes. Ces expositions virtuelles seront déployées successivement au fil des mois, suivant les principes de la scénographie de Quad, pour être finalement réunies en une cinquième présentation anticipée comme une conversation globale qui mettra en présence le travail des quatre commissaires et des 16 artistes. Si QUADrature est conceptualisé pour l’espace virtuel, et si l’idée même de rature est mise de l’avant dans des formules commissariales qui laissent place au doute, à la forme de l’essai, à la possibilité de recommencer, nous nourrissons tout de même le désir d’adapter le projet aux espaces de la Galerie de l’UQAM dans le meilleur avenir possible afin de donner aux œuvres leur pleine existence matérielle et expérientielle.

En savoir plus
La première itération de Quad :
Samuel Beckett, Quad I+II, 1981, Betacam SP, PAL, couleur, son, Collection Centre Georges Pompidou, France

Dirigée par Samuel Beckett et transmise par la Süddeutscher Rundfunk d’Allemagne le 8 octobre 1981 sous le titre Quadrat I+II (2 scénographies différentes), avec une intermission devant durer 100 000 ans selon un commentaire de l’auteur pendant les répétitions.

Le texte
Samuel Beckett, Quad et autres pièces pour la télévision, suivi de L’Épuisé par Gilles Deleuze, Paris, Éditions de Minuit, 106 p., 1992

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Adresse
Galerie de l'UQAM
Pavillon Judith-Jasmin, salle J-R120
1400, rue Berri, angle Sainte-Catherine Est, Montréal
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Renseignements
Tél. : 514 987-6150
galerie.uqam.ca / Facebook / Twitter / Instagram

VERSION EN ANGLAIS

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Source : Julie Meunier, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et évènements spéciaux
Service des communications, UQAM
Cell. : 514 895-0134
meunier.julie@uqam.ca

 

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