Dévoilement à l’UQAM d’un rapport de recherche sur le gaz naturel renouvelable : enjeux climatiques et écologiques et potentiel de production au Québec

Le 27 février 2024 – Une nouvelle recherche, réalisée sous la supervision d’Éric Pineault, professeur au Département de sociologie et président du comité scientifique de l’Institut des sciences de l’environnement (ISE) de l’UQAM, met en doute l’image « verte » du gaz naturel renouvelable (GNR). Le rapport de recherche « Gaz naturel renouvelable : enjeux climatiques et écologiques et potentiel de production au Québec » est fondé sur une revue de littérature scientifique, des entretiens avec des spécialistes et une analyse des études de potentiel publiées à ce jour. Il a été réalisé à la demande de la Table énergie du Front commun pour la transition énergétique et financé par la Fondation familiale Trottier. Il vise à outiller la population et les regroupements de citoyens afin de connaître l’état de la science sur la filière et pouvoir intervenir de manière éclairée dans le débat public entourant le GNR.

Constats de la recherche

En plus de révéler que les volumes de biomasse disponibles au Québec pour produire ce combustible de façon durable sont beaucoup plus faibles que les chiffres ayant circulé jusqu’ici, l’étude indique que le développement de cette filière et ses conséquences climatiques et écologiques n’ont fait l’objet ni d’une évaluation environnementale stratégique ni d’un débat public large.

  • Une grande partie de la biomasse considérée pour produire d’importants volumes de GNR au Québec est, en fait, déjà utilisée de manière plus rentable ou plus écologique, ou ne devrait jamais être extraite afin de préserver l’intégrité des écosystèmes.
  • Toutes les sources possibles de biomasse pour produire du GNR présentent des enjeux environnementaux qui n’ont pas été examinés avec rigueur et qui pourraient, lorsque pris en compte, diminuer encore davantage les volumes de GNR qu’il sera possible de produire de manière durable. Notamment :

    • En ce qui concerne la biomasse forestière, qui représente 80 % du potentiel techno-économique estimé à l’horizon 2030, la revue de littérature conclut qu’elle implique des risques majeurs dont une perte de zones à haute valeur écologique; une potentielle réduction du carbone dans les sols forestiers; une fausse carboneutralité à cause des forts volumes d’émissions de GES à court terme et de la dette carbone à long terme, contribuant à l’effet domino et provoquant une accélération du réchauffement climatique.
    • La production de GNR à partir de biomasse issue de l’agriculture, principalement des déjections animales et des résidus de culture dans les champs, présente des risques pour la santé à long terme des sols agricoles et implique des méga-usines de biométhanisation qui soulèvent des enjeux d’acceptabilité sociale en milieu rural. Les auteurs de l’étude observent que la construction de ces usines pourrait avoir un effet de verrou sur les élevages industriels alors que l’impact matériel de cette filière sur le bilan de GES de ces élevages n’a pas été démontré.

« Quelle que soit la source de biomasse analysée (forestière, agricole ou déchets), nous constatons que les volumes réellement disponibles pour la production de GNR n’ont pas été évalués et sont beaucoup plus faibles quand on tient compte de critères économiques et environnementaux plus complets », précise le professeur de l’UQAM Éric Pineault. Dans ce contexte, et en attendant une évaluation rigoureuse et complète de la filière du GNR au Québec, il ajoute « qu’il vaut mieux réserver ce gaz aux usages sans regrets et critiques. À première vue, les usages industriels devraient être priorisés, car les possibilités de substitution sont faibles en ce domaine. »

Selon Marc Dionne, étudiant à l’ISE et co-auteur de l’étude, « il est impératif que le gouvernement du Québec se dote d’un plan d’acquisition des connaissances manquantes concernant la filière GNR, à défaut de quoi nous risquons de développer à grande échelle une industrie qui, au lieu de contribuer à la transition énergétique, nous en éloignera. »


Le rapport de recherche « Gaz naturel renouvelable : enjeux climatiques et écologiques et potentiel de production au Québec »
est disponible ici: https://archipel.uqam.ca/17295/

Le professeur de l’UQAM et président du comité scientifique de l’Institut des sciences de l’environnement (ISE) de l’UQAM, Éric Pineault, est disponible pour des entrevues.

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Source :
Évelyne Dubourg
Conseillère en communication
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Tél.: 514 987-3000, poste 20157
dubourg.evelyne@uqam.ca


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