Combien de temps faut-il à la biodiversité pour se rétablir après des coupes à blanc ? Des professeurs de l’UQAM ont quantifié la résilience des forêts boréales
Le 7 juillet 2026 — Le professeur émérite du Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Yves Bergeron, de même que ses collègues Tanya Handa et Tim Work, figurent parmi les cosignataires d’une étude internationale parue dans le magazine Nature Sustainability qui révèle que le temps qu’il faut pour que la biodiversité se rétablisse dans les forêts après des coupes à blanc varie grandement, notamment selon les différents êtres vivants évoluant dans ces écosystèmes.
Avant la publication de cette étude, on ignorait combien de temps il fallait aux différents groupes biotiques des forêts boréales, qui représentent d’importants réservoirs de biodiversité, pour se rétablir après ce type d’exploitation.
«Nous avons quantifié la résilience de la biodiversité des forêts boréales face à l’exploitation par coupe totale à l’aide de 190 ensembles de données provenant d’Europe, de Russie et d’Amérique du Nord, portant sur les arthropodes, les oiseaux, les petits mammifères, les lichens, les bryophytes et les plantes vasculaires», explique Yves Bergeron.
La similitude de la composition des communautés entre les peuplements exploités et les peuplements de référence non exploités a été modélisée en fonction du nombre d’années écoulées depuis l’exploitation. «Dans environ la moitié des cas modélisés, le retour à l’état d’avant l’exploitation a pris moins de 30 ans, souligne Yves Bergeron. Dans les autres cas, le rétablissement a pris beaucoup plus de temps, ou ne s’est pas produit durant la période pour laquelle nous disposions de données.»
Par exemple, dans les forêts de conifères, il a fallu plus de 100 ans pour que les bryophytes (les mousses) reviennent à l’état d’avant l’exploitation, plus de 55 ans pour les petits mammifères, environ 85 ans pour les plantes vasculaires et 95 ans pour les lichens.
Le rétablissement a généralement été plus long dans les forêts de conifères et les forêts mixtes que dans les forêts de feuillus, révèle l’étude. «Les forêts de feuillus ont toujours fait preuve de résistance, notamment pour les bryophytes et les plantes vasculaires, ou de résilience, avec une récupération en 12 à 25 ans», indique Yves Bergeron.
«La conservation de la biodiversité dans les forêts boréales nécessitera des intervalles prolongés entre les coupes, une gestion visant à préserver les éléments structurels des forêts anciennes et la mise en place de zones protégées de l’exploitation forestière», conclut le professeur émérite.
Cet article a d’abord été publié dans Actualités UQAM le 30 juin 2026.
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Source :
Gaudérique Traub
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