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labyrinthe

Le 12 juillet 2017- Le programme d'intervention In vivo, destiné à des adolescents âgés de 12 à 17 ans aux prises avec des problèmes d'anxiété, de dépression ou d'agressivité réactive et impulsive, a le vent dans les voiles. «Mon comité de thèse, composé de spécialistes dans le domaine des traitements, a souligné que le programme était prometteur», explique son concepteur, le psychoéducateur Jonathan Bluteau, professeur au Département d'éducation et formation spécialisées de l'UQAM. Ayant soutenu avec succès sa thèse de doctorat en avril dernier, ce dernier se rendra en France l'automne prochain, notamment dans un institut thérapeutique éducatif pédagogique (ITEP) situé à Angoulême, où le programme suscite un vif intérêt.

L'approche novatrice du programme In vivo repose sur l'entraînement par l'inoculation au stress, à l'aide de situations en gymnases avec un animateur. «On induit du stress de façon progressive et de manière contrôlée, apprenant ainsi au jeune à le reconnaître, puis à développer les stratégies les plus adaptées pour y faire face», explique Jonathan Bluteau. Le programme comporte dix séances de 2 h 30 comportant des enseignements théoriques thématiques sur le stress ainsi que les entraînements par inoculation au stress sur différents modules: mur d'escalade, trampoline ou labyrinthe (photo plus haut) fait de cages de bois.

Le site maître du programme In vivo est situé au Centre jeunesse de Lanaudière, avec lequel le chercheur a réalisé son projet doctoral et qui a édité le programme. Celui-ci y est implanté depuis 2012. «C'est à cet endroit que nous effectuons la formation», précise Jonathan Bluteau

 « C'est un projet emballant que de voir notre programme s'exporter dans un autre pays, un fait rare pour un programme thérapeutique » 
Jonathan Bluteau, professeur au Département d'éducation et formation spécialisées

Depuis son lancement officiel en 2015, le programme In vivo a été implanté dans différents milieux scolaires, en centre jeunesse, dans un hôpital pédopsychiatrique et dans une pratique privée. «Nous avons formé plus de 115 intervenants et vendu 85 copies du programme», souligne fièrement le professeur.

 À Angoulême, les gens ont manifesté le désir de devenir un site maître en France et d'être accrédités comme formateurs. «C'est un projet emballant que de voir notre programme s'exporter dans un autre pays, un fait rare pour un programme thérapeutique», note Jonathan Bluteau.

L'équipe d'In vivo devra créer une formation de formateurs si elle répond au souhait des gens de l'ITEP d'Angoulême. «Nous sommes en discussion avec eux pour trouver la bonne formule», ajoute le chercheur.

Le modèle d'action

Jonathan Bluteau poursuit l'évaluation de son programme d'intervention. «Le modèle d'action d'In vivo, c'est-à-dire son processus d'implantation auprès de la clientèle cible, a été reproduit dans plusieurs contextes et nous connaissons bien les paramètres exigés pour que cela fonctionne. En revanche, nous trouvions intéressante l'idée de le tester avec des élèves pré-pubères ainsi qu'avec d'autres types de clientèles», souligne le professeur, qui supervise actuellement cinq recherches menées par des étudiants de cycles supérieurs. L'une d'elles vise l'implantation du programme dans un CLSC auprès de jeunes de 9 à 12 ans, alors qu'une autre s'intéresse à des jeunes de 12 à 14 ans ayant un trouble de l'autisme de haut niveau.

Catherine Fréchette-Simard, candidate à la maîtrise en éducation, a implanté le programme pour la première fois auprès de quatre élèves de sixième année du primaire présentant une vulnérabilité à l'anxiété. «Il s'agit toujours d'échantillons restreints, car In vivo est un processus thérapeutique en petits groupes», précise Jonathan Bluteau. Ces élèves ont utilisé les murs d'escalade d'un centre d'entraînement situé à proximité de leur école.

 L'objectif de Catherine Fréchette-Simard était de réussir à implanter le programme avec des préadolescents – mission accomplie! – et non d'en mesurer scientifiquement l'efficacité. Elle a tout de même interrogé les enseignants, la psychoéducatrice de l'école, la direction de l'école, les parents et les jeunes eux-mêmes après le processus, question de vérifier la perception de chacun quant aux effets d'In vivo. «Tous les élèves ont affirmé qu'ils étaient mieux outillés pour reconnaître les signaux de stress, note Jonathan Bluteau. Et même si Catherine a observé que les jeunes n'appliquaient pas nécessairement les bonnes techniques de gestion de stress durant les activités, les parents ont rapporté qu'ils les utilisaient à la maison. C'est un signe de transfert important.»

In vivo est basé sur l'enseignement explicite: les animateurs abordent en premier lieu les notions théoriques liées au stress et à sa gestion, puis, en entraînement, amènent les jeunes à utiliser les stratégies enseignées. «En induisant du stress lors des activités physiques, on voit apparaître les stratégies des jeunes, explique le professeur. Ce sont d'abord des malaises – des comportements agressifs ou intériorisés – auxquels ils réagissent par la fuite, l'argumentation, etc. Dès que le malaise est exprimé, les animateurs interviennent et rappellent les stratégies vues en atelier.» D'une rencontre à l'autre, les acquis s'accumulent et les jeunes réinvestissent leurs connaissances sur les plateaux d'activités.

L'animation du programme est complexe et ce ne sont pas tous les milieux qui se sentent à l'aise de le poursuivre une fois que le chercheur ou la chercheuse quitte l'école, souligne Jonathan Bluteau. «Cela dit, moyennant quelques ajustement au niveau du vocabulaire, nous savons désormais que le programme peut fonctionner avec des pré-adolescents.»

Le modèle de changement

La fréquence d'implantation du programme In vivo devrait permettre de générer suffisamment de données pour évaluer au cours des prochaines années sa portée réelle sur les jeunes. «Entre la théorie et ce que le programme produit réellement, il y a parfois un écart, explique Jonathan Bluteau. Par exemple, l'objectif du programme est que le jeune s'approprie et mette en œuvre plus de stratégies d'adaptation au stress. C'est souvent le cas, mais dans les faits, nous observons chez les jeunes des effets touchant d'autres composantes, comme le sentiment d'auto-efficacité et l'affirmation de soi, même si nous ne les abordons pas explicitement dans le programme. Évaluer les effets d'In vivo à grande échelle et ajuster le modèle de changement en conséquence est un défi emballant car cela implique la production de nouvelles connaissances scientifiques.»

 

Cet article de Pierre-Étienne Caza est tiré du magazine Actualités UQAM du 4 juillet 2017.
Photo: Jonathan Bluteau

 

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Source : Claire Bouchard, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications, UQAM
Tél. : 514 987-3000, poste 3268
bouchard.claire@uqam.ca

 

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